L’hiver est le premier sujet de conversation des Québécois. « Ah tu es française, c’est ton premier hiver au Québec ! Ah bin tu vas voir hein, c’est autre chose l’hiver là, il fait biiiin frette ». Un discours assez typique de la part d’un Québécois à un Français. C’est un peu le « winter is coming » de Games of Thrones à la québécoise en fait.

Finalement, j’ai appris que l’hiver au Québec, c’est tout une histoire. Le plaisir du nez qui coule, de la peau brûlée par le froid, des pieds et mains congelés, tout cela sous des couches de vêtements qui ne suffisent jamais. Parfois, je repense à mes journées sur le sable chaud à 30 degrés, une époque qui me paraît bien lointaine… Je pensais déjà avoir gouté au froid pendant mon PVT en Nouvelle-Zélande. Erreur fatale, ce n’était que la division amateur par rapport à l’hiver québécois ! Mais au final, c’est une expérience à vivre, car on finit toujours par trouver un certain charme à cet hiver si particulier, et les activités ne manquent pas. Voici le top 8 de ce que j’ai appris lors de mon hiver au Québec.

1 – En hiver, un vrai gosse tu redeviendras

Vivre son enfance au Québec doit tout simplement être la plus géniale des expériences : promenade en luge, bataille de boules de neige, roulade dans la neige… J’ai retrouvé mon âme d’enfant dès les premiers flocons de neige tombés ici. Parmi les plus originales, j’ai pu expérimenter le plongeon dans plusieurs centimètres de poudreuse toute fraîche!  Ici, on s’y donne à cœur joie et pour les plus courageux, c’est en maillot de bain que l’on fait le grand saut !

Les promenades en luge dans les rues de Montréal

2 – Des fêtes et événements tu profiteras

Une fois l’hiver bien installé, on ne s’arrête pas de vivre au Québec, bien au contraire même !  Igloofest, Nuit blanche, Carnaval de Québec, Montréal en lumière… Les festivals et événements ne manquent pas, même pendant les mois les plus froids. Toutes les occasions sont bonnes pour sortir de chez soi.

Petit aperçu des nuits blanches à Montréal, ambiance givrée garantie !

3 – Jamais en intérieur tu ne t’enfermeras

Un des plus grands plaisirs de l’hiver québécois : le nombre inconsidérable d’activités hivernales à faire en ville. Les pistes cyclables sont remplacées par les pistes de ski de fond, les randonnées pédestres par les raquettes, les lacs par les patinoires… Et la plupart du temps, c’est gratuit ! À Montréal, il suffit par exemple de se rendre au parc du Mont Royal qui, quand la neige est là, devient un véritable parcours pour ski de fond et raquettes. Aux abords du lac aux castors, vous pourrez ensuite profiter des glissades à dévaler en luge ou en grosse chambre à air. Sur le lac (et s’il vous reste des forces), vous pourrez enfin peaufiner votre technique de patineur sur glace. Pour de superbes panoramas sur la ville avec ski aux pieds, vous pouvez aussi vous rendre directement à l’ile de la Visitation ou l’ile sainte Helene !

Ski de fond sur l’île de la Visitation

Patinoire à Québec

4 – Un véritable expert météo tu seras

Le soleil tape à la fenêtre, pas un nuage à l’horizon, tu envisages « peut être » de sortir en petite veste aujourd’hui. Erreur fatale ! Il est vital de toujours regarder la météo avant de mettre un pied dehors. Les journées ensoleillées au Québec sont le plus souvent sournoises, car ce sont les plus glaciales !

Journées ensoleillées, journées glacées !

Dans la même lignée, on apprend rapidement à réinitialiser ses références : au Québec, tu apprends à dire « il fait chaud » quand il fait 0 degré. C’est peut-être une question d’habitude ou juste pour rester positive, mais quand le thermostat affiche un peu plus de 0 degré, c’est comme si le printemps était de sortie.

5 – Tempêtes de neige et pluies verglaçantes tu respecteras

J’ai toujours aimé la neige, mais les tempêtes de neige, je n’avais jamais vraiment connu avant mon arrivée au Québec. L’impression de fin du monde où le temps semble s’arrêter, voilà ce que représente une tempête de neige ici et c’est vraiment incroyable.

Après une tempête de neige

Après une tempête de neige, trouver et se servir de sa voiture devient un véritable calvaire. « Tabernacle », c’est l’insulte qui fuse après une heure de déblaiement de son char.

Une voiture qui joue à cache-cache

La plupart du temps, la neige n’arrive pas seule, elle s’accompagne toujours d’un peu de verglas voir d’une pluie verglaçante. Dans ces circonstances, on comprend vite l’utilité de crampons. J’ai eu du mal à les mettre aux pieds dans les premiers temps, mais finalement, c’est devenu mon meilleur investissement pour l’hiver québécois ! Et du coup, tu peux rire plus facilement des gens qui n’arrivent pas à mettre un pied devant l’autre :D

6 – Ton téléphone tu oublieras

En hiver, tout est gelé, et le téléphone comme tes écouteurs n’y echaperont pas. Le premier aura une durée de vie d’environ 15 minutes, quand les seconds deviendront tout raides en passant sous les -10 °C. Un conseil, si vous avez une soirée et que vous comptez sur votre téléphone pour vous guider : oubliez ! J’ai repris la bonne méthode du papier pour écrire l’endroit où je devais aller.

Le froid tue la batterie des téléphones mobiles

Téléphone + froid = bouge-toi t’as 5 minutes d’utilisation

7 – Manger Québécois tu adoreras

Poutine, plats en sauce, pudding chômeur, queue de castor, pâté chinois… les spécialités québécoises sont idéales pour faire de bonnes réserves pendant l’hiver. Ce n’est pas de la nourriture de trappeur pour rien ! Mon coup de cœur : les tires à l’érable, de délicieuses sucettes au sirop d’érable qui durcissent au contact de la neige. Attention aux cheveux longs, c’est très collant, mais tellement bon.

Les fameuses tires à l’érable

8 – Le ridicule tu ne craindras pas

Grosses boots d’après-ski, pull de Noël, legging sur pantalon, écharpes et tour de cou sur manteau d’hiver… Au Québec on apprend très vite que le ridicule ne tue pas et on ne se soucie plus de notre tenue vestimentaire pour sortir. L’essentiel c’est d’avoir chaud !

Prête pour aller en soirée !

Et de l’arrivée du printemps tu ne désespéreras pas

Arrivé en mars, tu crois toujours que tu vis ta dernière tombée des neiges, mais tu te trompes. Après 5 mois d’hiver alimenté par plusieurs tempêtes de neige, vagues de grands froids, l’hiver semble se prolonger indéfiniment et ne cède pas facilement sa place au printemps.

L’entrée de la maison en mars

En résumé, un hiver au Québec, il faut le vivre pour vraiment le comprendre. Il n’y a pas un endroit comme celui-ci ailleurs dans le monde. 5 mois de l’année sont consacrés à un hiver froid (si on ne dit pas glacial) qui en fait râler plus d’un. Et pourtant, on y trouve son compte avec toutes les activités hivernales, les gens chaleureux, les expériences uniques qui ne se vivent qu’ici… Aujourd’hui, je peux dire que j’ai survécu à l’hiver québécois et finalement je suis vraiment contente d’avoir pu découvrir tout ce qu’il avait à m’offrir… Maintenant, place au printemps et j’ai vraiment hâte !