Quand on s’est sédentarisé pendant plus d’un mois, le retour à la vie mobile n’est pas évident ! Il y a les choses du quotidien qu’on quitte avec regrets : la douche chaude du matin, un grand lit douillet, un canapé pour se poser après une dure journée, un lave-vaisselle ! Mais il y a heureusement aussi les bons côtés : un nouveau paysage chaque matin pour le petit-déjeuner, une rencontre imprévue à chaque nouvelle étape, et des paysages de dingue pour s’en mettre plein les yeux. À y réfléchir, c’est quand même cool de reprendre la route !

À nous le bitume !

Après la tournée d’adieux jamais agréable à nos deux familles hôtes et à la cherry picking team, nous voilà repartis sur les routes le 7 janvier avec en point de mire le Victoria et trois étapes phares : Les Grampians, la Great Ocean Road et Melbourne. Avant de faire vrombir notre moteur, nous avons tout de même bichonné notre Van. À l’aide de Peter, notre ingénieur mécanique qui était là au bon moment, nous avons commencé par faire la vidange de la bête et à changer tous les filtres. L’ingénieur n’a pas bougé un pouce, c’est un bon ingé ! Et nous, nous sommes contents d’avoir tout appris à faire par nous même, ça pourra servir en cas de galère. Nous avons ensuite offert un lifting intégral au toit de notre maison roulante. Une fois déguisés en tagueurs du dimanche soir, trois bombes blanches et antirouille nous ont suffi à refaire une beauté au Kowagon.

peinture van
Gang de peintres de van

Direction les Grampians

Après 2 journées de route, un arrêt nocturne au photogénique Cockatoo Lake Reserve, et la rencontre avec le ô combien horrible… koala géant, nous arrivons sur les terres des Grampians. Cette chaîne de montagnes de l’ouest du Victoria semble sortie de nulle part, plantée au milieu de plaines interminables. C’est d’ailleurs avec plaisir que nous retouchons enfin au volant pour arpenter les petites routes de montagne au départ de Halls Gap. La chaîne des Grampians est réputée pour être l’un des terrains de jeu préféré des Melbourniens en vacances. Les terres sont chargées d’histoire, des tribus aborigènes s’y étant installées depuis longtemps, mais sont aussi un petit paradis pour la randonnée et l’escalade. Nous profitons des quelques journées sur place pour gravir le Pinnacle et profiter des « lookout » de Boroka et de Reed. Même si les paysages sont au rendez-vous, nous regrettons un peu les ballades ultras aménagées qui nous y amènent. C’est un vrai festival de rampes, barrières et barbelés à chaque fois que l’on surplombe un sommet de plus de 1 mètre….

J’exagère peut-être un peu, mais ces effets secondaires du tourisme de masse (auquel nous participons héhé) dénaturent un peu l’endroit et nous laissent comme un goût amer. Les McKenzie Falls valent également le détour, même si là encore il est interdit de se baigner.

McKenzie Falls
McKenzie Falls

En sortant des chemins tous tracés, nous arrivons quand même à trouver de beaux coins et à nous amuser avec le reflex. La deuxième journée sur place annonçant des températures records, elle donne l’occasion à une journée bronzette à la piscine de Halls Gap. Nous y rencontrons deux jeunes frenchy, en WHV comme nous. Ils nous accompagnent pour l’apéro et quelques parties de belote (les fondamentaux refont vite surface !). En parlant de nos parcours respectifs, nous apprenons que pour 200 $ la semaine, ils avaient à bosser entre 7 et 9 heures de jour ou de nuit, avec entre autres du ramassage de bois dans les forêts infestées de serpents venimeux. Sympa ! Nous n’étions vraiment pas mal lotis aux cerises. Après quelques balades le lendemain, nous reprenons la route vers le sud, direction la Great Ocean Road !

Pinnacle, The Grampians, Victoria, Australia
Pinnacle —The Grampians, Victoria, Australia

Premières brasses sur la mythique Great Ocean Road

Nous atteignons enfin l’océan dans la petite ville de pêcheurs de Port Fairy. C’est l’occasion d’une balade iodée sur la Grififths Island qui jouxte le port. Le décor est sympa entre roche volcanique, plage de sable fin et phare blanc. Au retour de la balade, une femme réveille notre curiosité à coups de « oh my god! oh my god! »stridents. Il n’y a pas de noyé, mais seulement un phoque qui navigue entre les lignes des pêcheurs. Ça devait être une citadine ! Plus à l’est, nous faisons étape à Warrnambool qui ressemble à une énorme station balnéaire du Victoria avec tous ses campings et jeux pour enfants en tout genre. La plage toute proche nous offre la vue des premiers petits rouleaux de l’océan, enfin ! La ville accueille également un rendez-vous de collectionneurs de vieilles voitures. La passion semble assez largement partagée dans le coin. Nous rigolons bien en nous promenant dans ce folklore local où le mélange des styles de voitures est aussi surprenant que le mélange des styles des propriétaires et autres curieux. Après quelques kilomètres supplémentaires à l’est, nous entrons dans le vif du sujet de la fameuse Great Ocean Road. Nous enchainons les premiers stops sur la route plein d’enthousiasme : The Grotto, Le London Bridge, The Arch… Des piliers et autres ponts naturels formés par l’érosion des vagues, vents et marées.

Loch Ard, Great Ocean Road, Australia
Loch Ard, Great Ocean Road, Australia

C’est beau sauf qu’on finit par faire une overdose des arrêts de bord de route tous les 3 km, pour se retrouver sur des plateformes blindées de nos congénères touristes. Nous sommes aussi au beau milieu des grandes vacances d’été ici, ce qui n’arrange rien. Ces terres sont également célèbres pour les multiples naufrages qui ont eu lieu sur cette côte, une soixantaine environ. Les Australiens en ont profité pour romancer un petit peu la visite. Au Loch Arch par exemple, le fameux naufrage en 1878 du navire du même nom ne fait que deux survivants : un jeune officier et une passagère irlandaise. La légende veut qu’ils finirent ensemble, mais la réalité semble plutôt être qu’ils ne se croisèrent plus jamais après ce fameux naufrage. L’histoire tombe à l’eau.

Le Loch Arch reste néanmoins l’une des formations que nous avons préférées, avec sa plage de sable fin et l’océan qui semble encastré entre deux hautes falaises. Mais le spectacle n’est pas complet sans un passage aux « Twelve Apostles », ou douze apôtres. Là encore, c’est une apothéose du tourisme de masse avec parking géant, plateformes d’observation interminables et hélicoptères qui bourdonnent de partout. Mais ces grands piliers qui défient les vagues restent envoutants. Nous y sommes d’ailleurs allés en journée et au coucher du soleil pour profiter pleinement du spectacle. Aux amoureux des merveilles naturelles, ne tardez tout de même pas trop à réserver votre billet, ces apôtres-là n’étant pas éternels. Le dernier s’est écroulé en 2005 et ils ne sont plus que 6 aujourd’hui visibles.

Twelve Apostles, Great Ocean Road, Australia
Twelve Apostles, Great Ocean Road, Australia

Entre forêt tropicale et lieu mythique du surf

La deuxième partie de la route de l’océan est plus surprenante. Elle nous a conduits dans le Great Otway National Park au milieu d’une grande forêt humide. C’est aussi un des grands lieux de prédilection de nos amis koalas. Non rassasiés de nos sorties pour touristes, nous avons commencé par aller au l’Otway Fly Walk au nord du parc.

Great Otway National Park, Victoria, Australia
Great Otway National Park, Victoria, Australia

C’est une ballade qui nous rapproche de la canopée grâce à des passerelles suspendues jusqu’à 47 m de haut. De là, les arbres nous dépassent encore largement, ils atteignent pour certains quasiment les 100 mètres. Redescendus sur terre, nous trouvons à nouveau des terrains de camping sauvage bien plus accueillants que les parkings de bord de plage. Pour ceux qui atterriraient dans ce coin, nous conseillons les petits coins paisibles de l’Aire River East and West campgrounds pour dormir. La route vers le phare au sud est aussi à faire pour observer les koalas. Après quelques randos supplémentaires dans la forêt humide, nous arrivons à Apollo Bay. On entre dans le territoire des surfeurs, ou au moins du business du surf. Il n’y a qu’à voir tous les surfshops qui se déploient sur le bord de mer pour s’en assurer. Et pourtant, côté vague, ce n’est pas la folie ! Bref, nous fuyons cet endroit un peu trop marketing pour nous. La route vers l’est à partir d’Apollo est un petit régal : sinueuse, à flanc de falaise avec vue sur un océan bleu azur et dont les vagues, cette fois, peuvent vraiment tenir en respect. C’est là qu’on a les boules de pas avoir acheté un van avec les surfs inclus. On se console en arrivant à Kennett River, un vrai royaume sauvage pour Koala. La bête n’est pas facilement repérable, et comme elle dort la quasi-totalité de la journée, elle ne bouge pas beaucoup non plus. Mais le chemin menant vers le cœur des montagnes en est tellement peuplé que nous avons pu en observer quelques dizaines, dont un tout bébé, le temps de devenir gâteux…

Koala @ Kennett River, Great Ocean Road, Victoria, Australia
Koala @ Kennett River, Great Ocean Road, Victoria, Australia

Le soir, nous nous offrons un petit festin de grillades au feu de bois accompagnées de ses patates braisées et coulis de fromage fondu. Un truc que même dans masterchef ils ne seraient pas capable de faire ! Et en guise de dessert, nous avons droit au spectacle des vers luisants tout le long des falaises humides. Bref, une soirée réussie. Nous avons ensuite passé quelques journées dans le coin de Lorne, Torquay et Anglesea. Ce sont aussi des bastions de surfeurs et nous avons d’ailleurs fait notre première sortie surf à Anglesea. Une journée dans l’eau pour 4 ou 5 petites vagues de prises, la journée ne restera pas dans les anales… (À ma décharge, les vagues étaient pourries, et ok, j’étais peut-être un peu rouillé) Le lendemain, nous tentons la sortie Kayak de mer biplace. Après quelques gamelles, on arrive à rider les vagues et à faire râler les surfeurs à proximité. Pendant que je m’amuse comme un grand gamin, Kevin finit par avoir la gerbe et en avoir marre de mon pilotage incertain. Bref, je finis tout seul, mais avec plus de 5 vagues sous les dents cette fois ! Nous faisons une étape à Bells Beach, LA Mecque du surf où se déroule chaque année le Championnat du monde. Là encore, ni Kelly Slater, ni grosse vague. On s’est fait rouler ! Les semaines ont passé et nous approchons de fin janvier. Il est temps pour nous de filer vers Melbourne pour la fin de l’Open d’Australie puis pour le ferry, direction la Tasmanie !

Des Grampians aux falaises de la Great Ocean Road
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Article mis à jour le 19 novembre 2018