On ne va pas se mentir, Bali n’a pas été le point d’orgue de notre « petite » découverte de l’Indonésie. Pour relativiser cette impression, il faut avouer qu’il est dur de s’insérer entre les volcans de Java qui vous envoient droit sur la lune, et la région de Komodo qui vous transporte tel un robinson en pleine préhistoire. Il faut aussi admettre que Bali, en joyau indonésien, a déjà pas mal souffert du tourisme de masse. Tous ceux qui l’ont connu il y a quelques dizaines d’années nous avaient prévenus. Faut-il pourtant l’éviter ? Je ne pense pas ! Bali a l’avantage de pouvoir satisfaire tout le monde, les plus fêtards, les gourmands, les amateurs de temples et d’histoire et même les voyageurs aspirant à un peu de tranquillité. Et si cette ile a été littéralement prise d’assaut par le tourisme, c’est bien parce qu’elle regorge de merveilles. Il faut juste maintenant accepter qu’elle soit visible et « visitable » par le plus grand nombre, pour le meilleur comme pour le pire.

Bali nous a offert 4 visages, 4 facettes n’ayant rien à voir les unes avec les autres. Petit tour d’horizon de ces découvertes.

Seminyak, 4 jours dans le Bali occidentale

Avec l’aéroport principal de l’ile tout proche (à Denpasar exactement), Seminyak est un passage obligé à Bali. En revanche c’est loin d’être un incontournable, du moins de notre point de vue. La principale découverte qu’on ait faite sur place est que même en scooter, on peut être coincé dans des bouchons interminables en plein milieu de journées. La zone est saturée en circulation, en boutiques, en hôtels, en spas et autres restaurants. Vous voulez voir comment le tourisme transforme une région, c’est l’endroit où il faut aller !

Bon j’en fait un tableau peut être un peu trop horrible, Seminyak et sa région ne sont tout de même pas dénués de charme. Nous n’avons pas non plus tenté d’explorer les recoins de la ville pour dénicher les lieux où il fait bon vivre. Disons simplement qu’après 4 jours sur place, on a le sentiment que cette ville conviendra parfaitement à ceux qui veulent se dorer la pilule en journée pour mieux festoyer le soir. De notre côté, plusieurs bonnes tables et un hôtel ultra paisible nous ont tout de même réconciliés avec la ville.

Si vous cherchez un poil plus de calme ou d’authenticité, ou simplement à vous éloigner des foules et de la circulation, on vous conseille de vous contenter d’une escale pour mieux profiter des régions est ou nord qui elles regorgent de merveilles.

Uma Karan : petit hôtel un peu à l’écart du bouillonnement de Seminyak, avec piscine. Environ 35 €/nuit la chambre double

Eat Well Express : le nom ne donne pas vraiment envie, la déco n’est pas incroyable, mais leurs viandes sont un vrai délice, tout comme leur gratin dauphinois (peut être pas le plus authentique, mais c’est juste trop bon)

Amlapura, vestiges d’un Bali authentique

Nous ne nous sommes pas éternisés à Seminyak et avons poursuivi notre route vers Amlapura, 70 km à l’est de l’ile de Bali. Nous avons rendez-vous chez David, un Canadien expatrié depuis 5 ans. Et c’est parti pour durer puisqu’il a épousé une Indonésienne avec qui il attend un troisième enfant. Pour le rejoindre, nous avons opté pour l’expédition en scooter, mais version luxueuse, un scooter chacun. Le terme expédition n’est pas volé, nous débutons en effet la difficile sortie de Seminyak par un énorme barrage policier arrêtant tout ce qui a des roues et encore mieux, des têtes un peu blanches. Nous sommes vite séparés, pour tenter de doubler la mise. Possédant un permis de conduire international sur deux, nous avons droit à une amende sur deux. Celle-ci passe tout de même de 1,5 million de roupies à quelque 300 000 (ce qui est déjà beaucoup). Une leçon de plus apprise en territoire balinais (on vous fera une anthologie dans un prochain article).

La suite du trajet, ce sont des paysages magnifiques, des forets qui semblent millénaires, mais aussi l’impossibilité de trop regarder autour du guidon au risque de percuter un des nombreux camion ou scooter qui déboitent sans prévenir. Arrivés en milieu d’après-midi et ne disposant que de 2 jours sur place, nous n’avons pas le temps de trainer chez David. En ré-enfourchant nos montures, notre hôte nous a fait découvrir les affres d’un Bali bien plus plaisant, du moins plus à notre gout.

Majestueuses rizières de Bebandem, le temps s’arrête

Au détour des villages de Tenganan, nous avons découvert un Bali aux allures humaines, les habitants semblant surpris et amusés de nous voir passer par là. Ici tout le monde se lave dans les bains publics (seul moment où la nudité est acceptable), les gens s’affairent toute la journée dans les rizières (et pas pour les clichés des touristes) ou s’occupent de leurs animaux ou de leurs nombreux temples. Une vraie ambiance se dégage de ces lieux, une sérénité doublée d’une activité continue.

David nous guide aussi vers quelques lieux plus touristiques de la région, mais qui valent largement le coup d’œil. Lors des 2 jours sur place, nous visitons d’abord le palais Tirtagangga. Ce n’est pas un lieu de culte, mais il émerveillera vos yeux ainsi que votre objectif. Pour sauter de pierre en pierre au-dessus d’un lac où les poissons sont plus gros que votre bras, c’est l’endroit qu’il faut voir !

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Le temple mère Besakih

Après une descente de rafting magnifique et riche en rigolade (grâce à la technique très originale du guide) sur la rivière patata, nous terminons notre séjour local par la visite du temple mère de Besakih. C’est un des plus anciens temples de Bali consacré aux trois grandes divinités hindoues que sont Brahma, Shiva et Vishnou. Au pied du mont Agung (le volcan venant d’entrer en éruption), Besakih est autant réputé pour ses ensembles de temples (86 au total), que sa vue sur le volcan ou la mer. Pas de chance pour nous (c’est souvent le cas en fin de journée), la brume couvrait tous les alentours. Le temple mère est aussi tristement célèbre pour ses nombreuses arnaques à touristes. Sur les conseils de David, nous avons pris un guide pour 100 000 Rp la visite. Il faut ajouter à cela les 60.000RP/personne pour le droit de visite. Le guide s’avère aussi utile pour expliquer l’histoire et les traditions du temple, que pour éloigner les enfants et autres malins qui tentent d’extirper des dons à tout va.

Chez David : Notre hôte pour les 3 jours à Amlapura, qui peut aussi faire guide touristique francophone si vous le désirez

Activités :

  • Rizières de Bebandem
  • Palais Taman Tirta Gangga
  • White water rafting : 350 000 Rp/pers la descente d’environ 2 h (repas inclus)

Nusa Lembongan, le calme à 30 min de Bali

De retour à Bali après une incroyable, mais éprouvante étape sur l’ile de Flores (à venir dans le prochain article), on décide de se retirer vers un lieu moins bondé que Denpasar et sa région. Réputées pour sa globale tranquillité, nous visons Nusa Lembongan, l’ile la plus proche au sud est de Bali. Elle avoisine Nusa Ceningan, plus petite et accessible via un pont sur Lembongan, et surtout Nusa Penida, sa grande sœur réputée pour ses plages et sa tranquillité. Ayant principalement en tête la relaxation, Lembongan et ses 8 km de long nous a parfaitement convenu.

Pour s’y rendre, il faut passer pas une demi-heure de speed boat « à fond les ballons », on prie pour ne croiser aucun obstacle sur le trajet. Il faut aussi prévoir des tongs, car l’entrée comme la sortie du bateau se fait directement dans l’eau (pour le plus grand plaisir de certains touristes chinois qui semblent avoir vécu l’expérience de leur vie).

Embarquement pour Nusa Lembongan

L’ile est un cadre parfait pour la détente. On en fait le tour en scooter en une petite heure, on vous conseille de le faire. Sur les terres, les attractions principales sont le devil’s tear (un récif ou les vagues se fracassent créant un souffle impressionnant et des arcs-en-ciel pour photographe), la forêt de mangrove et le pont jaune auprès duquel se trouvent les parcs à algues (utilisées dans les cosmétiques ou l’alimentaire). Sur les mers, vous pourrez vous initier au paddle, au surf ou même tenter quelques sorties snorkeling ou plongée pour admirer les raies mantas qui séjournent dans ce coin. En bref, cette petite ile nous rappelé au bon souvenir des iles thaïlandaises où il fait bon vivre et se prélasser.

Pour se rendre à Nusa Lembongan, les speed boat partent pour leur grande majorité de Sanur Beach à Bali. Il y a en moyenne 3 départs par jour effectué par de nombreuses compagnies. Compter 300 à 350 000 RP/pers pour l’aller-retour en fast boat et environ 100 000 RP avec le public boat. Détails et horaires (en anglais) sur Wikitravel. Certains hôtels offrent ce trajet, renseignez-vous lors de votre réservation !

Nous avons séjourné au Mahigiri qui offrait une super promotion sur Agoda. L’hôtel est immense et dispose de 2 piscines donnant sur la plage (rien que ça). Autant je recommanderai la plage, autant les chambres n’ont rien d’incroyable pour le prix. Préférez quelque chose avec moins de chambres comme le Pemedal Beach Resort sur la même plage (et moins cher) et venez juste un soir pour profiter de leur barbecue sur plage ouvert à tous. On nous a aussi conseillé The Jingga Villas qui était tout complet à notre passage.

Nous avons dégusté notre meilleur repas au Sandy Bay Beach Club. Leurs cordons bleus étaient une vraie petite tuerie.

Activités :

  • Visite du Devil’s tear, des parcs à algues et du Yellow bridge menant à Nusa Ceningan
  • Plages de Sandy Bay (pour le coucher), Dream Beach et Paradise Beach
  • plongée ou snorkeling pour observer les Raies Mantas et d’énormes poissons-lunes (le mola-mola) présents sur place. Nous avons eu d’excellents retours concernant Dive Concept Lembongansi vous voulez effectuer une ou plusieurs plongées. Plusieurs moniteurs parlent français, et si vous souhaitez passer votre PADI avec eux, le tarif est un des meilleurs qu’on ait vu à Bali.

Ubud : luxe, tourisme et volupté

Dernière étape de notre circuit balinais, la fameuse Ubud au centre de l’ile. Un grand classique, et qui dit classique dit masses touristiques bien présentes. Peu importe, l’objectif de cette étape est de profiter d’un des resorts incroyables qu’offre l’ile et qu’on ne pourrait jamais s’offrir en France. Ce resort, c’est le Padma Hotel, à environ 45 min au nord d’Ubud. Rien que l’entrée dans le bâtiment est impressionnante, avec service de sécurité dédié (qui rigolent eux-mêmes de leur boulot) et passage par des jardins grandioses. Grandioses, c’est aussi le bon adjectif pour décrire les chambres qui appellent juste à s’étaler dans le lit king size ou à multiplier les bains. Mais le clou du spectacle reste l’immense piscine à débordement donnant directement sur la jungle. Le genre d’installation qu’on aimerait bien avoir chez soi pour son petit crawl du matin. En bref, le lieu était assez fantastique, et nous en avons largement profité, en visitant régulièrement le spa pour un petit massage aux pierres chaudes histoire de nous remettre d’une dure matinée sur les transats, vous imaginez le rythme de vie difficile ! Blagues à part, même si vous êtes des adeptes de petits coins perdus ou des séjours chez l’habitant authentique et bon marché, nous vous conseillons si vous avez l’occasion et les finances, de vous offrir pour une nuit ou deux ce genre de lieu exceptionnel. Tout ne vous plaira pas forcément (comme les manières de certains clients), mais vous ne pourrez pas rester indifférents au charme ou au confort de ces lieux.

Padma resor ubud bali

La piscine à débordement du Padma Resort Ubud, on valide !

Le problème dès qu’il y a une belle piscine, c’est que tout le monde se prend soudain pour une star d’Hollywood. Je peux vous assurer qu’on a vu passer une quantité phénoménale de « petits copains Instagram », un accessoire qu’il faudra qu’on ajoute dans notre liste des accessoires indispensables en voyage !

Entre 2 baignades, nous avons tout de même pris le temps de visiter les environs, à commencer par Ubud. Nous étions prévenus, la visite nous l’a confirmé, Ubud est elle aussi totalement dédiée au tourisme et chaque rue est flanquée de magasins à souvenirs, salon de massage, restaurants, bars et cafés. En plein dans la ville, le site le plus célèbre d’Ubud est la Sacred Monkey Forest Sanctuary (ou sanctuaire sacré de la foret de singes, oui je sais, notre anglais est excellent). Nous n’avons pas échappé à sa visite, sous une pluie fine qui a eu le mérite de filtrer les touristes les moins courageux. Les singes sont bien là, et par dizaines, ils sont même clairement les maitres des lieux. Il est inscrit partout qu’il ne faut pas les nourrir ou trop les approcher, la moitié des touristes fait naturellement l’inverse. Pour l’approche, on ne peut pas non plus faire de miracle, car les singes vous sautent quasiment immédiatement dessus pour voir dérober ce qu’ils peuvent. Attention, les ouvertures de sac n’ont aucun secret pour eux. Mieux vaut donc pénétrer dans les lieux en ayant bien sécurisé vos affaires auparavant. Une fois habitué aux propriétaires des lieux (qui vous oublieront vite si vous n’avez rien à leur offrir), vous pourrez profiter du sanctuaire qui, il faut l’avouer, a un certain charme, et vous amusez des occupations de nos chers cousins perchés.

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Les propriétaires de la Monkey Forest. Au regard tu sais qu’il ne faut pas les embêter !

Le reste de la découverte de la région d’Ubud, nous l’avons faite à vélo grâce à la toute jeune agence Love Bali Bike qu’on nous a conseillée sur le retour de Lembongan. Nous n’avons pas été déçus avec une journée presque trop chargée en découvertes en tous genres sur la culture, le patrimoine local, les croyances, les modes de vie, le travail dans les rizières et j’en passe. Le tour débute avec la visite d’une production de café qui produit entre autres le café le plus cher du monde : le fameux Kopi Luwak. Il se vend parfois à plus de 1000 $ le kilo. Pourquoi si cher ? Parce qu’il est, tenez-vous bien, récolté dans les excréments d’une civette, le passage dans le canal digestif de l’animal transformant le grain de café en nectar (à priori les Australiens en raffolent). Nous l’avons testé (à 50 000 Rp la tasse tout de même), ainsi qu’une grande diversité de thés, et bien il vaut mieux se rabattre sur les thés selon nous (sauf si vous aimez les cafés bien coupés à l’américaine).

Dégustation de thés et cafés, dont le fameux Kopi Luwak

Passées ces découvertes « gustatives », nos guides nous embarquent enfin en VTT à travers villages, forets et rizières des environs. C’est vraiment le moyen de transport le plus agréable qu’on ait utilisé pour découvrir Bali, c’est bon de ne plus avoir un ronronnement de moteur sous les fesses ! Plusieurs étapes nous font découvrir les maisons typiques balinaises, leur agencement, les traditions et prières qui s’y déroulent chaque jour. Nous avons même droit à un « jeu » de confection des offrandes traditionnelles, un panier floral aussi magnifique que plein de signification qu’il réalise pas moins de 3 fois par jour.

Tout en humour, nos guides nous racontent aussi pourquoi presque tout le monde porte le même prénom à Bali, ou les logiques d’héritages (mais on vous laisse découvrir toutes ces choses par vous-mêmes). En bref, ce tour est un concentré d’informations et de découvertes que nous conseillons chaudement à tous ceux qui veulent plonger dans la culture balinaise.

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Balade en VTT dans les incroyables rizières autour d’Ubud

Le trajet Denpasar-Ubud peut être sacrement embouteillé aux heures de pointe (de 16 h à 20 h en gros), surtout en haute saison. Ne vous fiez pas aux quelques 30 km qui séparent les deux points, il faut parfois jusqu’à 3 h pour les parcourir. Pour éviter les multiples sollicitations des taxis à l’aéroport de Denpasar, essayez de réserver un transport directement avec votre hôtel. Le trajet jusqu’à Ubud coute en moyenne 300 000 RP, il est parfois inclus avec votre hôtel ! (c’est le cas avec le Padma Resort)

Padma Resort Ubud : une piscine que vous n’auriez même pas imaginée en rêve. Pour ceux qui veulent gouter au luxe et se prélasser quelques jours.

Activités :

  • Monkey forest
  • Visite à vélo du centre de Bali : on vous conseille la super équipe de Love Bali Bike

Cartes des points d’intérêts de Bali et Lembongan

Article mis à jour le 18 décembre 2017