Vous comptez acheter ou louer une voiture à l’étranger ? Encore faut-il avoir le droit de la conduire… Dans la plupart des pays, vous devrez accompagner votre permis français d’un permis international : c’est une traduction de votre permis en plusieurs langues, qui prouve à l’autochtone que vous lui présentez bien un permis de conduire… Et pas une carte de bibliothèque.

Il se demande assez facilement, et doit toujours être accompagné de votre permis français. Par contre, il peut être utilisé différemment selon les pays dans lesquels vous souhaitez conduire… On vous explique tout ça en détail !

Qu’est-ce que le permis international ?

Le permis international (affectueusement surnommé PCI, pour Permis de Conduire International) est un papier blanc au look vintage qui vous permet de prouver dans plusieurs langues que vous savez conduire dans un pays étranger. En gros, c’est une traduction officielle de votre permis national, faite dans un format uniformisé à l’international.

Le permis international est délivré gratuitement par courrier (voir plus bas les démarches à effectuer), et est valable trois ans : au-delà de ce délai, il peut être renouvelé, toujours gratuitement.

Attention ! Le permis international n’a pas de valeur en soi. Il doit toujours être accompagné de votre permis national (la carte ou le papier rose, selon votre génération). Lorsque vous voyagez, vous devez donc aussi avoir sur vous votre permis français, qui doit lui aussi être en cours de validité.

Avez-vous besoin du permis international pour conduire pendant votre PVT ?

Tout dépend du pays dans lequel vous êtes en PVT. Selon votre visa, votre statut, la durée de votre séjour, etc., on pourra vous demander différents documents pour avoir le droit de conduire. Il existe 4 situations principales :

  1. Le pays reconnait votre permis français, seul. C’est le cas notamment de l’Union européenne : vous pouvez longer la côte italienne dans votre Fiat 500 sans problème, tant que vous disposez de votre permis français. C’est aussi le cas du Canada pour notre plus grand bonheur !
  2. Le pays exige que vous ayez votre permis français + le permis international. C’est le cas dans la plupart des pays du monde (avec des exceptions, bien entendu, sinon c’est pas drôle !)
  3. Le pays exige que vous ayez votre permis français + une traduction assermentée. En gros, c’est une traduction de votre permis faite par un traducteur certifié (en général, les sites des Consulats publient une liste officielle des traducteurs acceptés). Dans certains pays comme la Russie ou l’Australie, vous avez le choix entre le permis international (gratuit, mais lent) ou la traduction assermentée (plus rapide, mais payante, et qui ne marche pas partout).
  4. Oubliez le permis national, le permis international et tutti quanti : le pays dans lequel vous voyagez ne reconnait aucun de ces papiers, et vous devrez faire une autorisation de conduire sur place. C’est le cas du Japon et de la Chine, entre autres. Ce qui ne vous dispense pas d’avoir besoin d’un permis français pour l’obtenir…
Nouveau permis français = permis international superflu ?

Gare aux rumeurs et autres « fake news » qui peuvent très rapidement se rependre sur les forums et groupes de voyageurs. On a récemment vu passer l’information comme quoi le nouveau permis français (en format carte donc et non plus livret rose) permettait de se passer du permis international ou d’une traduction, entre autres en Australie ou en Nouvelle-Zélande. Cette information ne figure sur aucun site officiel, et vient probablement de personnes auxquelles on n’a pas demandé le permis international lors d’un contrôle ou d’une location. Ceci peut en effet arriver, mais légalement parlant, vous êtes bien tenu de posséder un permis international (ou une traduction) pour rouler là-bas, nouveau permis ou pas.

Pourquoi conseillons-nous de toujours faire le permis international avant de partir en PVT ?

Chaque pays publie des instructions plus ou moins précises sur les documents exigés pour conduire. Mais le problème, c’est qu’à l’imprécision des autorités, s’ajoutent :

  • Le statut étrange du PVT. A priori, avec un PVT, vous êtes un résident temporaire ; mais selon les pays, les administrations vous situent pile-poil dans une faille juridique entre résidence permanente (expat’) et touriste. Du coup, il est parfois difficile pour les autorités de vous faire rentrer dans une case… Et donc de définir quelle règle s’applique à votre cas !
  • Des règles complexes et diverses, pas toujours bien exprimées. Et le plus rigolo, c’est que dans les états fédéraux comme l’Australie, le Canada ou les États-Unis, ces règles varient selon les provinces et les états…
  • L’interprétation aléatoire des règles par les loueurs et les autorités. Même quand la règle est précise, vous pouvez parfois avoir des difficultés à expliquer à un policier du fin fond du Mexique que vous avez le droit de conduire avec ce petit papier rose. Et du côté de la location de voiture, les loueurs sont libres : aux États-Unis par exemple, de plus en plus de loueurs exigent un permis international alors même qu’il n’est pas obligatoire.

Pour toutes ces raisons, demander un permis international même quand il n’est pas obligatoire dans le pays où vous allez permet de vous parer à toutes situations. Comme il est gratuit, l’obtenir vous demande seulement un peu de temps et d’anticipation !

vehicule de location en Australie

Pour louer un véhicule en Australie, il est obligatoire de posséder le permis international. Après on ne vous le demandera peut-être pas…

Les règles du permis de conduire dans les pays du PVT

Les règles pour pouvoir conduire à l’étranger sont souvent complexes. Voici un résumé concernant les pays du PVT ; je me suis inspirée d’un tableau (très utile) publié par le site securite-routiere.gouv.fr, que j’ai complété par les infos disponibles sur le site des ambassades, consulats et autres organes officiels. Attention : ces infos sont théoriques, et la réalité est parfois plus souple ou, au contraire, plus stricte…

PaysLégislation
Pour conduire en Argentine
  • Le permis français suffit mais le permis international es t« recommandé ».
  • Attention ! D’après le Consulat, « le pays connaît un des niveaux de mortalité routière les plus élevés au monde ». Il est notamment déconseillé de conduire en ville.
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Pour conduire en Australie
  • En tant que résident temporaire, obligation de détenir le permis français + permis de conduire international
  • à défaut, une traduction officielle de votre permis français est nécessaire (le Consulat publie une liste de traducteurs assermentés).
  • Attention : la législation change d’un État à l’autre…
  • Plus d’informations
Pour conduire au Brésil
  • Vous êtes au Brésil depuis moins de 180 jours (6 mois) : vous pouvez conduire avec votre permis français + une traduction assermentée en portugais. Le permis international n’est pas obligatoire, mais reste conseillé.
  • Vous êtes au Brésil depuis plus de 180 jours : vous devez échanger votre permis français contre un permis brésilien.
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Pour conduire au Canada
  • En arrivant au Canada : le permis français est valable entre 3 et 6 mois, selon les provinces.
  • Au-delà : vous devez faire un échange de permis français pour le permis canadien, ou disposer du permis international (selon les provinces).
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Pour conduire au Chili
  • Le permis français n’est pas reconnu.
  • Le permis international est valable pendant 1 an à compter de sa date d’émission, accompagné du permis français.
  • Au-delà de 1 an, vous devrez échanger votre permis français contre un permis chilien auprès de votre municipalité de résidence.
  • Attention : la conduite chilienne est assez sportive et dangereuse… Soyez prudents !
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Pour conduire en Colombie
  • Le permis international (+ permis français) est obligatoire, mais n’est valable que 3 mois.
  • Au-delà de 3 mois : l’échange de permis est possible, mais il semble qu’il ne soit par la suite plus échangeable contre un permis français.
  • Plus d’informations
Pour conduire en Corée du Sud
  • Séjour de moins de 1 an : permis international + permis français obligatoire.
  • Séjour de plus de 1 an : il faut échanger son permis de conduire français contre un permis sud-coréen.
  • Plus d’informations
Pour conduire à Hong-Kong
  • Le permis international n’est pas reconnu.
  • Vous devrez donc faire une demande de permis hongkongais, en fournissant (entre autres) une traduction certifiée de votre permis français.
  • Plus d’informations
Pour conduire au Japon
  • Le permis international n’est pas reconnu.
  • Il vous faudra donc obtenir une traduction certifiée de votre permis via la JAF. Cette traduction sera valable pendant un an à partir de votre date d’entrée au Japon (année renouvelable si vous sortez et entrez à nouveau au Japon). Si vous restez plus d’un an, il faudra obtenir un permis japonais.
  • Plus d’informations
Pour conduire au Mexique
  • Le permis français est reconnu, mais il est fortement conseillé de l’accompagner d’un permis international pour éviter de se retrouver bloqué à un contrôle…
  • Plus d’informations
Pour conduire en Nouvelle-Zélande
  • Le permis français est reconnu s’il est accompagné du permis international ou d’une traduction certifiée conforme, faite par un traducteur agréé.
  • Plus d’informations
Pour conduire en Russie
  • Pour un séjour « court » : permis français + permis international ou permis français + traduction assermentée en russe. Techniquement, le permis français tout seul est reconnu, mais ce sont les autorités russes elles-mêmes qui conseillent « vivement » de se procurer un permis international…
  • Pour un séjour « long » : vous devrez échanger votre permis français contre un permis russe.
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Pour conduire à Taïwan
  • Séjour de moins de 30 jours : un permis français + permis international suffisent.
  • Séjour de plus de 30 jours : une autorisation de conduire doit être demandée au « Motor Vehicles Office » (délivrée immédiatement), ou vous devrez échanger votre permis français pour un permis taïwanais.
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Pour conduire en Uruguay
  • Le permis français est généralement reconnu, pour les étrangers « de passage », mais il est fortement conseillé de faire un permis international.
  • D’après le livret d’accueil français en Uruguay, vous aurez besoin d’un permis uruguayen si vous restez plus de 3 mois dans le pays.
  • Plus d’informations

 

Pour ceux qui planifient plutôt un tour du monde, vous devrez vous renseigner sur chaque pays traversé sur les pages pays du consulat, rubrique « infos utiles ». Vous verrez que de manière générale, le permis français + permis international suffisent. En Union européenne, vous pouvez même conduire uniquement avec le permis français.

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Un PVT Nouvelle-Zélande sans roadtrip ? C’est comme un bon vin sans fromage ! ©Robin FAVIER

Comment obtenir le permis international ?

La bonne nouvelle, c’est que le permis international est gratuit et facile à obtenir. La mauvaise, c’est que les délais d’obtention sont parfois délirants — à l’heure où j’écris ces lignes, il faut 11 semaines pour l’obtenir ! Vous pouvez le demander avant même de faire votre demande de PVT…

La demande se fait désormais intégralement à distance, il n’est plus possible de se rendre en préfecture. Elle se déroule en deux étapes : la prédemande en ligne, puis l’envoi des documents par courrier.

La prédemande en ligne

Munissez-vous des documents suivants, scannés :

  • Justificatif d’identité (carte d’identité, passeport…)
  • Justificatif de domicile, sauf dans certains départements (plus d’infos)
  • Permis de conduire

Ensuite, rendez-vous sur le site de l’ANTS. Vous devrez vous créer un compte, ou vous identifier avec FranceConnect. Suivez les étapes pour faire votre demande. À la fin de la procédure, notez l’adresse à laquelle on vous demande d’envoyer vos documents.

L’envoi des documents par courrier

2 mois maximum après votre prédemande, vous devrez envoyer des documents par courrier à l’adresse stipulée à la fin de votre démarche en ligne :

  • Attestation de dépôt de demande en ligne
  • Photo d’identité
  • Enveloppe préaffranchie : lettre suivie 50 g, format « prêt à poster », libellée à vos nom, prénom et à l’adresse d’envoi souhaitée. Les recommandés ne sont pas acceptés.

Vous recevrez votre permis international sous le délai indiqué !

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Si vous roulez au Japon, vous découvrirez probablement la conduite de pot de yoghourt ;)

Mon départ approche et toujours pas de permis international

Étant donné les délais de plus en plus importants pour obtenir le permis international, vous êtes de plus en plus nombreux à voir le départ approcher sans avoir reçu le fameux papier. Si vous êtes dans ce cas, ne paniquez pas, la plupart des pays offrent des alternatives au permis international (souvent payantes cependant). Si votre demande de permis international est en cours, voici ce que nous vous conseillons :

  1. Tenter une relance auprès de votre préfecture (qui vous renverra vers le service centralisé, mais une relance fait parfois avancer les choses)
  2. Voir si une personne peut récupérer votre courrier une fois parti(e) et lui demander de renvoyer le permis international dans le pays où vous partez.
  3. Voir les alternatives disponibles selon votre destination (traduction, échange de permis ou obtention du permis à l’étranger) et réunir les documents nécessaires au cas où.
  4. Si vous ne voulez prendre aucun risque, et si le pays l’autorise, demandez une traduction officielle de votre permis une semaine avant votre départ.

Les alternatives classiques au permis international

La traduction officielle

À réaliser avant le départ ou sur place. La traduction, payante, est faite par des traducteurs agréés. Elle est entre autres admise en Australie et en Nouvelle-Zélande. Pour l’Australie par exemple, nous vons conseillons de contacter la chambre de commerce australienne en France pour obtenir (normalement en moins de 72 h) une traduction valable dans tous les états d’Australie. Le tarif est de 100 $ la traduction (60 € environ). Leur contact : [email protected]. Vous pouvez leur écrire un mail en français. Il existe également toute une liste de traducteurs agréés sur le site de l’ambassade que vous pouvez joindre avant de partir ou une fois sur place.

Consultez aussi : Pays acceptant une traduction officielle du permis de conduire

L’échange de permis de conduire

Il vous est aussi possible dans certains pays d’échanger votre permis français contre un permis local. Si des accords de réciprocité ont été signés, cet échange ne nécessitera généralement pas le passage de nouveaux tests. Mais le dossier comportera souvent à minima une traduction certifiée et/ou le permis international. Une démarche intéressante que si vous pensez vous installez à long terme dans le pays visité donc. Une démarche aussi utile pour la réciprocité sur le permis moto. Attention toutefois, certains pays ou états ne fournissent un échange que pour le permis B. Pensez aussi à vérifier la réciprocité inverse, à savoir l’échange du permis étranger contre un permis français !

Consultez aussi : Liste officielle des pays et états ayant signé des accords de réciprocité pour leurs permis de conduire

L’obtention du permis de conduire étranger

Dernière option, certes plus intéressante pour ceux qui n’ont pas de permis du tout : passer le permis directement dans votre pays d’accueil. Dans certains pays, comme l’Australie, la démarche vous coutera d’ailleurs bien moins cher qu’en France (moins de 300 $ sans leçons, 500 $ avec cours de conduite (non obligatoires là-bas)). En revanche il faudra s’adapter à la conduite à gauche et aux leçons en anglais (rien d’insurmontable). Cerise sur le gâteau, vous pourrez transformer ce permis en permis français à votre retour, si retour il y a bien sûr ! Une expérience de plus à vivre lors de votre PVT !

Obtenir le permis de conduire international avant son PVT / WHV et tour du monde
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Article mis à jour le 26 octobre 2018