Avec près de 13 500 îles recensées, l’Indonésie est le plus grand archipel au monde. Nous avons jeté notre dévolu sur Java, Bali, Flores et Lembongan. En quatre semaines pour quatre îles (seulement), nous avons été soufflés par la diversité des paysages et des activités. Il faut dire que l’Indonésie cumule les atouts : une activité volcanique unique au monde, des plages de rêve, des fonds marins à couper le souffle, des temples majestueux… Nous ne nous sommes pas ennuyés une seule seconde pendant nos 30 jours en Indonésie, l’archipel aux mille visages !

Arrivée à Java, plongée dans le grand bain indonésien

Après deux tours de cadran, nous reposons les pieds sur la terre ferme à Jakarta. Nous avons choisi de zapper la capitale, tristement renommée pour sa pollution, son taux de délinquance élevé et son insupportable cacophonie urbaine.

On embarque donc pour un énième et dernier vol vers Yogyakarta à 500 km au sud-ouest (les transports, c’est le nerf de à guerre en voyage, il faut apprendre à se conditionner mentalement pour affronter les longues heures d’attente). Nous découvrons immédiatement les joies de la « ponctualité » locale. Notre avion a une heure de retard, information que nous traduisons tant bien que mal d’après une annonce en indonésien et les huées de la foule. Vous l’aurez compris, personne ne parle anglais ici, même pas le personnel de l’aéroport… La place manque et la climatisation est absente. Nous voilà au parfum (c’est là que votre conditionnent est mis à l’épreuve), ici il ne faudra pas être pressé.

Coup de théâtre, notre avion décolle finalement au bout de 30 minutes. Pas de manières, on embarque directement depuis le tarmac sans être tout à fait certains que nous sommes dans le bon avion. Il faut vivre dangereusement !

Comment se rendre de Jakarta à Yogyakarta ?

  • Vol aller Jakarta-Yogyakarta : 35 € par personne avec Wings Air (une navette gratuite assure la liaison entre les différents terminaux de l’aéroport de Jakarta).

Yogyakarta, centre de l’art classique javanais

Arrivée à Yogyakarta de nuit, nous sautons dans le premier taxi direction le Westlake resort. Le lieu est assez magique, un chemin bordé de bananiers et frangipaniers vous amène jusqu’aux chambres. Celles-ci sont articulées autour d’un grand lac parsemé de petits îlots où vivent des lapins et surplombé par une piscine à débordement (c’est un peu la norme en Indonésie, ils les appellent poétiquement les infinite pools).

La piscine du Westlake resort

La ville de Yogyakarta ne présente pas un intérêt immense en soi, mais on y apprend beaucoup. Au détour d’une rue bordant le Palais Royal, nous suivons une odeur de viande grillée qui nous met l’eau à la bouche. Elle nous mène droit à une vieille dame avec un minuscule stand sur lequel est suspendu un barbecue plus modeste encore. Un local nous signale que le seul et unique mets à la carte est une valeur sûre. Et nous ne sommes pas déçus quand elle nous remet une feuille de bananier en guise de bol avec de succulentes brochettes de poulet sauce satay accompagnées de lempers (un encas traditionnel à base de riz gluant en boudin dans une feuille de bananier et généralement découpé en rondelles. On en trouve aussi garnies au poulet, au bœuf, ou bien banane coco pour le dessert). Bref, c’est un régal pour 20 000 roupilles par personne soit environ 1,30 euro.

C’est décidément une bonne adresse, car en continuant notre discussion avec notre « critique culinaire », il nous oriente vers une école de batik, art traditionnel très ancré localement qui consiste à peindre des motifs colorés sur tissu. À l’origine réservée aux parures royales, la tradition perdure grâce à ces artistes locaux qui proposent toutes sortes de toiles et sarongs. Comment reconnaître un véritable batik fait main ? Il suffit de regarder l’envers un tissu, s’il est aussi coloré que l’endroit, alors il est authentique.

L’Indonésie dans sa forme urbaine est vite épuisante. Les villes sont empoisonnées par le trafic, la pollution le bruit et on ne peut pas dire qu’elles se rattrapent par leur architecture. Après cette journée, nous décidons d’organiser notre lever de soleil sur Borobudur.

Où dormir à Yogyakarta ?

  • Westlake resort : hôtel à l’écart de la ville et chic à 850 000 roupilles/nuit soit environ 55 €
 Où manger à Yogyakarta ?

  •  Jejamuran : restaurant qui célèbre le champignon sous toutes ses formes. Notre chauffeur de taxi nous a dit : « Si tu n’as pas mangé à Jejamuran, tu n’as pas visité Yogyakarta ». Voilà, c’est dit !
 Le bon plan de Yogyakarta :

  • Via via guesthouse : restaurant, hotel, agence de voyage. Via via, c’est le rendez-vous branché des backpackers dans le centre Yogyakarta.

Borobudur, temple majestueux… et surpeuplé

Borobudur est l’une des plus grandes constructions bouddhistes au monde, connue pour ses stûpas et classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO. L’édifice est effectivement remarquable par son architecture et sa taille monumentale.

Lever de soleil derrière le mont Merapi depuis Borobudur

Le départ de l’hôtel à Yogyakarta se fait à l’aube vers 4 h du matin afin de terminer l’ascension avant le lever du soleil (vous apprendrez bien assez tôt que beaucoup d’activités se font au lever du jour en Indonésie). Un guide à l’air honnête se présente à nous avant même que nous atteignions l’enceinte du parc. Étant très courts niveau temps, nous acceptons son aide.

Autant vous dire que nous ne sommes pas seuls à ce moment-là, ce qui comme souvent, casse un peu la magie du lieu. Malgré cela, je dois concéder que la scène qui se déroule devant nous est assez spectaculaire. Depuis les sommets du temple, nous observons le soleil s’élever lentement au-dessus de la brume et derrière le mont Merapi, un volcan toujours actif à l’est.

Un bouddha de Borobudur au-dessus de la brume

Après le rush, notre guide nous explique le rôle des cinq étages du temple. Sur chaque mur, des fresques retracent la vie de Buddha, une sorte de chemin vers la foi. Le premier étage n’est découvert qu’en partie et pour nos beaux yeux. Autrefois, celui-ci a en effet été entièrement recouvert d’une muraille de pierres. Certains historiens penchent pour la nécessité de solidifier le bâtiment, d’autres au contraire estiment que cet étage représentant les turpitudes de la vie sur terre a été volontairement dissimulé afin d’occulter la dure réalité de notre bas monde.

Comment visiter Borobudur ?

  • Borobudur sunrise : le ticket d’entrée pour le parc au lever du soleil est plus cher. Comptez 450 000 roupilles/pers.
  • Chauffeur privé : vous pouvez réserver un chauffeur privé pour la journée jusqu’à 3 personnes, c’est le plus simple. Il faut compter 450 000 roupilles en tout pour qu’ils vous récupèrent à hôtel à 4 h du matin, puis Borobudur, Prambanan et Merapi et enfin le retour à l’hôtel en fin d’après-midi.

Ramayana ballet au temple Prambanan

Pour le soir suivant, c’est un ballet traditionnel que nous avons réservé. La scène est installée face à un théâtre en plein air au pied du temple. Prambanan est magnifiquement mis en lumière, le décor en jette ! Nous avions choisi de ne pas visiter Prambanan la journée, car c’est une des attractions « phare » de la ville, synonyme de « bondée » en haute saison. Et très franchement, l’image que nous avons sous les yeux ce soir-là nous a suffi.

Ballet de Ramayana

Le spectacle est inédit et haut en couleur, mais il faut le reconnaître un peu répétitif. L’orchestre est notamment composé de kulintangs, un instrument typique composé de douze gongs à l’apparence d’un xylophone géant. L’effet oriental est assuré, mais la mélodie plutôt jolie les premières minutes a vite fait de lasser nos petites oreilles. Les costumes sont en revanche assez beaux et il y a eu monde sur scène. Pour l’histoire, il faudra lire le fascicule, mais pour résumer, tous les bonshommes se battent pour le cœur de la princesse. Universel. Ça vaut tout le même le coup d’être vu, car vous n’en verrez pas ailleurs ou en tous cas pas dans le même cadre.

Où sortir à Yogyakarta ?

  • Ramayana ballet at Prambanan : 350 000 roupilles/pers en catégorie gold (pour être devant au milieu).

Trekking des cimes du mont Bromo aux eaux acides d’Iljen

Nous avons rendez-vous à Probolingo avec notre guide pour les trois prochains jours. Huit heures de train surclimatisé plus tard (le nerf de la guerre je vous dis), nous rejoignons Pierrick, Français installé depuis 25 ans en Indonésie avec son agence Indotravel. Pas une minute à perdre, nous embarquons dans un van avec Rémi, Chloé, Greg et Julia, quatre autres Français vous l’aurez deviné. Direction le village aux portes de Bromo pour dîner et passer la nuit. Le lieu est modeste, mais on se régale. La nuit sera de toute façon courte puisque nous nous levons une fois de plus à l’aube pour… le lever du soleil !

3 h 45 — Nous grimpons dans la jeep qui démarre en trombe et traverse le désert qui entoure le volcan en quelques minutes. Il fait encore sombre, mais le paysage semble lunaire. Des monts et des cratères recouverts de sable à perte de vue. Le ciel est constellé d’étoiles et l’on distingue parfaitement des pans entiers de la Voie lactée. Au pied du mastodonte, nos pattes prennent la relève. L’ascension n’est pas longue, mais les deux cents marches et l’altitude finissent de nous achever. Au fur et à mesure que nous montons, Bromo exprime sa rage de plus en plus intensément. Cela me fait penser au son d’un chalumeau géant. On aperçoit d’ailleurs une petite flamme incandescente au fond de sa gueule, preuve s’il en fallait une de plus de son activité.

Lever de soleil en carré or VIP

Pierrick a un « secret spot » que nous ne dévoilerons pas afin que d’autres après nous puissent profiter de la magie de ce lieu sans la foule. Non loin de nous, près de 1500 personnes sont entassées sur le point de vue officiel, ça fait moins rêver. Seuls dans le noir, nous prenons place pour un spectacle majestueux, avec les grondements de Bromo en fond sonore. Le soleil révèle lentement les couleurs de notre décor. Les flancs du volcan et les alentours sont gravés par le ruissellement des eaux. Nous sommes les seules âmes à portée de vue. J’ai le sentiment de vivre un instant unique, je crois que je ne l’oublierai jamais.

Au moment de descendre, la magie s’est déjà estompée. Le soleil est déjà haut et la foule a envahi les abords du cratère. Il est temps pour nous de petit déjeuner avant de reprendre la route direction Iljen.

Les horaires sont pires cette fois-ci. Nous arriverons vers 15 h à notre hôtel et repartirons à 23 h. Pierrick nous conseille de dormir un maximum entre temps et de dîner dans la foulée, car la suite est intense. Deux heures de route sont nécessaires pour arriver à l’entrée du parc. Le trajet est l’occasion de rappeler les nombreuses règles de sécurité à respecter sur place. Et pour cause, il faut gérer les émanations toxiques de soufre, les éventuels mouvements de panique en cas d’éveil du volcan, l’immense lac d’acide…

2 h 30 du matin — Il faut environ deux heures d’ascension pour atteindre le cratère et une bonne demi-heure pour s’y engouffrer. La cavité est colossale. Iljen est réputé pour son soufre d’une rare pureté et son lac d’acide qui s’étend à perte de vue. Le premier est exploité par les industries pharmaceutiques et cosmétiques pour sa qualité.

Tentative de cliché devant les bluefires

Les travailleurs qui ont la lourde et pénible tâche de le récolter sont grassement payés (environ 120 $ par mois) selon les standards du pays (80 $ pour le salaire moyen mensuel). Pour ce faire, ils enflamment les émanations de gaz sulfurique de 1 h à 5 h du matin et utilisent des tubes pour condenser et distiller la vapeur qui en résulte. On appelle ces flammes les « bluefire ». Le liquide qui s’écoule plus bas se solidifie à la sortie en une masse jaune vif ensuite taillée en morceaux transportables à dos d’homme. Eh oui, aucune machine ne passe ici.

Un des courageux porteurs de soufre à Iljen

Les gaz s’échappent en permanence et sont dirigés par le vent. Ils sont évidemment toxiques en cas d’exposition prolongée, difficiles à respirer et extrêmement irritables pour les yeux et la gorge. Malgré nos masques à gaz, nous prions pour que le vent ne soit pas défavorable trop longtemps chaque fois qu’une rafale nous empoisonne. En cas d’enfumage intense, nous avons pour consigne de nous assoir au sol, fermer les yeux et attendre calmement que ça passe. Ça n’arrivera heureusement qu’une fois. Prochain arrêt : l’île de Flores !

Comment visiter les volcans de Java ?

  • Indotravel team : comptez 260 $/personne pour 3 jours et 2 nuits, incluant l’hébergement, la restauration, le guide français et les entrées des parcs.

L’Indonésie en chiffres et astuces

Comment se rendre en Indonésie ?

Quelle assurance voyage choisir pour l’Indonésie ?

  • Une fois de plus, nous avons fait confiance à Chapka pour assurer notre voyage et avons souscrit leur contrat Cap Aventure (56 €/personne pour un mois).
  • C’est un contrat complet qui prend notamment en charge les frais de santé, d’hospitalisation, de rapatriement ou encore de perte et vol de bagages. La liste et les détails de toutes les garanties Cap aventure sont à consulter sur leur site.
Comment se déplacer en Indonésie ?

  • Coût moyen location scooter : à partir de 50 000 roupilles/jour soit environ 4,35 € (ne laissez jamais votre passeport, la plupart se contente d’une copie)
  • Coût moyen taxi : 5000 roupilles/km soit environ 35 centimes.
Quel est le coût moyen d’un repas en Indonésie ?

  • Vous pouvez manger à partir de 20 000 roupilles/personne dans la rue ou dans un warung soit 1,35 € et jusqu’à 450 000 roupilles/personne soit 30 €. Évidemment il n’y a de limite que votre appétit et votre soif. L’écart se creuse en général si vous optez pour un menu occidental avec alcool.
 Quel est le coût moyen d’un hébergement en Indonésie ?

  • Vous pouvez vous loger à partir de 150 000 roupilles/nuit soit 10 € pour les entrées de gamme et dortoirs, aux alentours de 600 000 roupilles/nuit soit 40 € pour des gammes moyennes à chic avec piscines, et à partir de 1 200 000 roupilles/nuit soit 80 € pour les grands resorts et hôtels de luxe.
Nos conseils pour négocier les tarifs en Indonésie :

  • Prétendez que vous êtes en Indonésie depuis déjà quelque temps (vous serez toujours un touriste à leurs yeux, mais un touriste aguerri).
  • N’hésitez pas à partir quitte à revenir plus tard si une offre vous semble complètement exagérée.
  • Gardez en tête qu’il y a pléthore d’offres et qu’il ne sert à rien de se précipiter même si on essayera parfois de vous le faire croire…

Pour avoir visité plusieurs pays d’Asie, nous avons trouvé les Indonésiens particulièrement honnêtes dans l’ensemble. Leur principal défaut : ils répondent « oui » à tout, même quand ils n’ont rien compris ou pire quand c’est impossible…

Notre film sur Bromo et Iljen

Nous avons eu la chance d’assister à des scènes époustouflantes pendant notre séjour et l’occasion de tout enregistrer grâce à notre drone et notre super caméra. Attention les yeux, instant magique ! Nous avons également réalisé un film sur l’Indonésie incluant la visite de Bali et Flores.

Indonésie épisode 1 : Java, terres traditionnelles et volcaniques
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Article mis à jour le 12 novembre 2018