Les premiers pas d’un voyage au Japon, c’est d’abord et avant tout un sacré choc culturel. Avant d’arriver, on a tous imaginé une certaine ambiance, un certain art de vivre. Nos références ? Des films, des reportages, ou bien l’ami(e) qu’on a tous : complètement fan de la culture nippone qui nous parle avec des étoiles dans les yeux sur tous les sujets liés de près ou de loin au Japon. Bref, en arrivant, on se dit qu’on va vivre un truc pas mal intéressant. Et en fait le mot est faible, le Japon c’est vraiment une autre dimension : les gens, l’environnement, les codes ; toutes les règles changent et nous déboussolent complètement. Ces découvertes, on s’en émerveille parfois, et on s’imagine 15 secondes comment pourrait être notre ville ou bled français avec le même genre de règles (avant de vite redescendre sur terre, c’est juste impossible !). Pour d’autres, c’est vraiment dur de ne pas rigoler, le japonais est quand même capable de trucs étranges, disons-le ! Certains traits de la société nippone sont aussi et enfin un peu flippants, le tableau n’est pas aussi rose que certains veulent le prétendre !

Si notre point de vue a pu évoluer au fur et à mesure de notre périple japonais, voici les 20 découvertes ou « traditions » qui nous ont vraiment marqués lors de nos premiers jours au Japon, et plus précisément à Tokyo (car le Japon est loin de se résumer à sa capitale !)

1 – Le japonais dort partout

Une des premières traditions qui nous a bien fait rire au Japon, c’est la capacité des gens à se payer une petite sieste à la première occasion. À Tokyo, le lieu de prédilection, c’est clairement le métro. Et si votre épaule traine par hasard pas trop loin d’un(e) japonais(e) somnolant (e), il y a de bonnes chances qu’elle se transforme en parfait oreiller de fortune. Tout à coup, la timidité nippone s’envole !

 japonais dort partout metro

Y’a pas d’heure pour s’en payer une petite…

2 – Le Ja-ponctuel

Que cela concerne les métros ou encore plus les trains, on a été complètement effaré par la ponctualité de tous les transports japonais. C’est tellement précis que lorsqu’on prenait le train (à de nombreuses reprises grâce au JR Pass), on ne s’enquiquinait même plus à essayer de déchiffrer si on était dans notre gare d’arrivée. Non, notre seul repère c’était la montre ! En 3 semaines d’utilisation du train, celui-ci est toujours arrivé à destination… à la minute près !! Un truc qui te semble impossible quand tu viens de France en fait ! :)

Consultez aussi :  Japon : pourquoi les trains japonais sont-ils toujours à l’heure ? (Reportage FranceTV)

3 – Ordre et respect

Que ce soit dans les escalators, dans les transports, ou en attendant une place pour manger, on ne peut qu’être admiratif devant tant d’ordre, d’organisation et de respect. Certes, on peut penser que c’est parfois trop, mais il faut avouer que ça fait du bien de ne pas avoir à se battre pour monter dans un bus ou un métro (hors heure de pointe peut-être), ou pour descendre un escalator. Un autre choc, le silence dans les rues. Le klaxon semble être un accessoire bien inutile ici, la plupart des véhicules sont des hybrides, et on ne réfléchit jamais avant de traverser un passage piéton (avec bonhomme vert bien sûr). Bref, on est en ville, mais on n’a pas l’impression d’y être. Pour une ville d’environ 14 millions d’habitants, on ne peut que saluer la performance !

queue devant restaurant Tokyo

En attendant de pouvoir manger…

4 – La petite musique qui t’accompagne partout

Celle-là, une fois que vous l’aurez remarquée, vous vous rendrez compte qu’elle est partout ! Que ce soit au petit déjeuner dans votre hôtel, dans les Konbini (supérette japonaise type 7 -Eleven, Family Mart, etc.), parfois dans les rues, et même jusque dans les toilettes, il y a en permanence une petite musique qui couvre le silence. D’ailleurs, on félicite le groupe qui a remixé tous les grands classiques (avec comme favoris les Beatles, Aba ou wonderful world) au synthé ou à la flute. Son album est probablement le plus vendu du Japon :) Alors en entrant dans votre prochain 7 -Eleven, tendez l’oreille !

5 – Au trône tu traineras

Ah les toilettes japonaises. Au début on les observe d’un regard inquiet : « qu’est ce que cette machine va me faire ? » Une fois qu’on l’a testé, et à condition de ne pas s’être trompé de bouton, on vénère cet objet. Imaginez plutôt, chauffage de cuvette intégré, la musique ou les petits oiseaux (dont on parlait plus haut) disponibles pour couvrir un gros besoin, le rabattage de cuvette sans contact (ça, c’est dans les trains) et un finish en fontaine de Versailles avec le choix du jet et du tempo. L’essayer, c’est l’adopter !

toilette japon

Une version assez old school du toilette japonais, intimidante la bête non ?!

6 – Pas de poubelles

Quand on arrive au Japon, et qu’on se balade dans les rues de Tokyo, on se rend vite compte qu’il y a un truc qui a disparu, et qu’on est pas mal embêté sans elle ! Je parle de…. de… non, pas de votre copine, mais des poubelles ! Vous pouvez toujours chercher, elles ont purement et simplement était radiées de la surface tokyoïte ! Pour l’histoire, cette suppression date de 1995 et l’attentat au gaz sarin perpétré dans le métro de la capitale. Sans poubelles, on est bien embêté dès qu’on s’est acheté un café ou une friandise pour la route : il faudra souvent rapporter tous ses déchets jusqu’à l’hôtel. Mais cette absence a aussi une grande vertu : on se rend vite compte de tous les déchets qu’on accumule sur une journée, et surtout au Japon (voir point 8), ça fait peur !

Jeter ses déchets au Japon

Après un mois ici, on peut vous dire le secret pour ne pas vous trimballer vos déchets pendant tout une journée. Il suffit de se rendre au lieu à tout faire par excellence : n'importe quel Konbini de la ville (7-eleven, Family Mart et autres, disposant toujours de poubelles et toilettes nickels). Autre option, à côté des distributeurs pour vos bouteilles et canettes, sur le quai des métros (parfois bien planquées) ou de toutes les gares du Japon.

7 – Propreté immaculée  

Pas de poubelles ok, mais surtout aucun déchet qui traine ! Les rues tokyoïtes et par extension les villes et campagnes japonaises (du moins là où passe le touriste) sont d’une propreté immaculée. Quand on vient de France, on est choqué, et on se dit que c’est une bonne idée d’enlever les poubelles finalement. Cette propreté, on la doit bien sûr à une vraie rigueur des Japonais, mais aussi et surtout à de nombreuses brigades de nettoyage qui ramassent quotidiennement le moindre mégot ou chewigum qui se serait perdu dans la rue. À priori, il faut tout de même relativiser cette propreté « parfaite et totale » ; quelques endroits moins visibles du Japon (certains littoraux, rivières ou abords du Mont Fuji semble-t-il) connaissent le mal moderne de « ma nature est ma poubelle ». Mais dans l’ensemble, on ne peut être qu’ébloui par l’état de leurs villes, campagnes et autres trottoirs !

propreté au japon

Rue tokyoïte, on cherche encore la saleté

8 – Paradis de l’emballage

Propre oui, mais loin d’être écolo pour autant ! S’ils sont experts en tri, les Japonais semblent un demi-siècle en retard concernant l’utilisation du plastique. Sachets individuels pour tout, emballages à gogo, accessoire plastique pour toute la nourriture… Comme je vous disais plus haut, on accumule les déchets en un rien de temps au Japon, et il est vraiment compliqué d’y échapper. À l’heure où tous les voyants sont au rouge écarlate concernant la plastification du monde et ses impacts catastrophiques sur notre environnement (docu Arte disponible ici), il est un peu déconcertant de constater qu’un pays si « avancé » produise aujourd’hui autant de déchets plastiques.

9 – Tout se distribue

S’il n’ya plus de poubelles, le japon semble en revanche comporter plus de distributeurs que d’habitant. C’est juste dingue, chaque coin de rue, magasin, temple, métro, départ de rando et j’en passe dispose de son distributeur. Principalement dédié à toutes sortes de boissons plus originales les unes que les autres, mais aussi pour les cigarettes ou gadgets en tout genre. Au début on pense que c’est une spécificité de Tokyo, mais on découvre après que tout le Japon est en fait un distributeur géant, c’est dingue ! ;)

distributeur de boisson a Tokyo Volvic

Vous reprendrez bien une petite Volvic « de France » ?!

10 – Micro voiture – micro scooter – micro chambre

Vous avez peut-être vu le film « Downsizing » (qui de mon point de vue part d’une excellente idée, et fini malheureusement en énorme nanar incompréhensible). Et bien les Japonais, en attendant de pouvoir nous rapetisser, ont déjà inventé le mini et le micro pour tout. Leurs voitures sont de vrais karts, leur camping-car (la preuve ci-dessous) pas plus gros qu’un Scenic. Et c’est pareil pour leurs deux roues qui sont vraiment tous compacts. Ultra-compact, c’est aussi le bon adjectif pour la plupart des chambres d’hôtel japonaises ou des Airbnb nippons. À anticiper d’ailleurs si vous avez l’habitude de voyager avec toute votre garde-robe : entre ouvrir votre valise ou circuler dans la chambre, il faudra souvent choisir ! ;)

11 – L’amour du mignon et du décalé

Le Japonais voue une véritable adoration à tout ce qui est petit, mignon ou décalé. En tout cas, c’est le ressenti qu’on a où qu’on se balade à Tokyo. Il n’y a pas de limite au « pimpable » : les boites aux lettres se transforment en panda, les bornes de travaux en petits nounours. Les chiens sont aussi en général bien gâtés, la garde-robe pour toutou nippon est d’une incroyable diversité. Là où ça dérive un peu, c’est sur les photomatons transformant les filles en vrais personnages de manga hyper-sexualisés. Après ça doit bien plaire à certains !

12 – Jardins et parcs magnifiques

Le japonais aime la nature, et ça se voit ! Leurs parcs et jardins sont de pures merveilles. Et si vous avez la chance d’arriver en plain Sakura (période de floraison des cerisiers), vous passerez de l’émerveillement à l’éblouissement. Nous sommes vraiment tombés sous le charme de leurs parcs, du choix des variétés, de leur maitrise de la taille des arbres…

jardin Gyoen cerisiers tokyo

Oui oui, c’est bien le centre-ville de Tokyo (jardin Gyoen, Shinjuku)

13 – Pas de pigeons, mais des corbeaux

Au Japon, pas (ou peu) de pigeon. Son remplaçant, on ne l’avait pas vu venir : le corbeau. À tel point qu’on a parfois l’impression d’être dans le film d’Hitchcock. Enfin même s’ils sont impressionnants, ils ne nous ont jamais attaqués. Apparemment il faut plus se méfier des milans (ou buses) qui, eux, squattent les alentours de la rivière principale de Kyoto !

corbeau tokyo

À Tokyo, le corbeau est roi !

14 – Tout est bon et pas cher

Ah rien que d’y repenser, j’en ai l’eau à la bouche. La cuisine japonaise est vraiment excellente, fraiche, raffinée. On s’y attend en général avant d’y aller. Ce auquel on s’attend moins, c’est que tout, vraiment tout est bon (hormis peut être certains desserts et autres trucs bizarres a la crème de thé vert fluorescent;), et ceci qu’on aille dans un petit restaurant, un bar, à la supérette pour un Bento ou même au Konbini (qui sera moins bon, mais pas dégueu !). La deuxième bonne surprise qu’on découvre souvent sur place, c’est que les restaurants et la cuisine en général sont vraiment abordables ! Pour notre voyage nous avons dépensé en moyenne 30 $ par personne et par jour en mangeant dehors matin, midi et soir, le tout avec boissons et sans se priver ! Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que tout le monde semble manger au resto.

15 – Y’a pas de Sushis

Alors si je vous rassure, il est possible de manger des sushis au Japon, et ils sont d’ailleurs excellents ! Sachez d’ailleurs que tout retour dans un sushi shop ou autre chaine internationale ne sera plus possible après ça ! Non ce qu’on découvre en arrivant au Japon c’est que leur cuisine est très loin de se cantonner (sans mauvais jeu de mots) au sushi et au bol de riz. Les spécialités plus communément rencontrées sont les Ramens (nouilles servies dans un bouillon accompagné de viande et autre garniture), les currys, les yakitoris (brochettes grillées de viandes et de légumes), les udon (nouilles épaisses) et soba (nouilles de sarrasin), le Tonkatsu (porc pané en tranche), etc.  Chaque région possède en fait une ou plusieurs spécialité culinaire. Il faut par exemple absolument gouter à l’okonomiyaki d’Hiroshima, ou au bœuf Hida des Alpes japonaises. Le point commun de tous ces plats : un régal assuré à chaque découverte !

16 – Pooolitesse

S’il n’y avait qu’un mot à apprendre au Japon, ça serait bien « merci ». Un mot que vous allez d’ailleurs entendre à tort et à travers au Japon : un « arigato » par ci (à prononcer aligato), un gozaimasu par là. Ah oui parce qu’il y a aussi plusieurs méthodes pour dire merci, on s’y perd parfois. En tout cas le japonais est vraiment très (trop ?) poli. Il ne faut d’ailleurs pas s’inquiéter si tout le monde se met à parler (crier ?) lorsque vous entrez dans un restaurant ou un magasin. Ce n’est qu’un « bienvenu » insistant qui devrait sonner sous la forme d’un long « Irashaimasééééééééé ».

17 – Les genres se mélangent peu

Est-ce lié à une certaine timidité des Japonais ? Est-ce culturel ? En tout cas nous avons trouvé que les Japonaises et Japonais se mélangeaient pas ou peu. Je lisais d’ailleurs récemment sur ce post instructif que le traitement (du moins l’égalité de traitement) de la femme au Japon n’était pas non plus leur plus grand fort… Non, pas à la pointe sur tout les Japonais !

melange genre japon

Même sur l’escalator pas le droit au mélange ?

18 – La vieillesse active

Le Japon est connu pour son très faible taux de chômage (inférieur à 4 %). Ce qu’on découvre en arrivant dans le pays, c’est qu’une bonne partie de cette population active est constituée de seniors, chose à laquelle on n’est pas habitué avec un regard français. C’est d’autant plus marquant que les emplois occupés par les anciens (du moins ceux qu’on voit) ne sont pas forcément les plus « valorisants » : surveillance des chantiers, garde parking, circulation ou nettoyage des rues. Ne voyons pas le mal partout : il est vrai que ces petits boulots permettent à la plus vieille génération de rester « connectée » avec la population. Au Japon où le travail est sacré, certains refusent aussi de prendre leur retraite. Mais certains le font aussi par nécessité, la population vieillissante du Japon étant aussi de plus en plus pauvre, ou parfois de plus en plus isolée. Un phénomène des plus perturbants est d’ailleurs apparu ces dernières années : le petit banditisme des plus vieux dans le seul but d’aller en prison, ceci afin de profiter de l’environnement « confortable et social » qu’elle offre. Oui, flippant !

19 – Le Japon et ses contrastes

Après quelques jours au Japon, c’est peut-être ce qui marque le plus : ce pays a parfois de vrais airs de docteur Jekyll et M. Hyde. Du jour à la nuit, du public au privé, d’une rue à l’autre, le Japon et ses habitants peuvent offrir de belles scènes schizophréniques (mais toujours dans le respect !). La ville d’abord : en bifurquant d’un boulevard à une petite rue transversale, vous pourrez passer d’un champ de gratte-ciels aux mille écrans connectés à un temple des plus traditionnel ou une rue jonchée de petits restaurants aux lampions multicolores. Ordonné et à carreau dans son smoking le jour, le japonais est aussi capable de déambuler cravate sur la tête et à moitié ivre dans les rues le soir venu. Un autre paradoxe : la cigarette si intolérable en ville ou dans les lieux publics devient une banalité une fois à l’abri dans certaines salles de jeu, bars et autres restaurants. Vous voulez expérimenter un dernier contraste saisissant ? Faites l’expérience du Pachinko : une salle pleine de machines à sous, ou à billes pour être précis, qu’on échange contre des lots, puis éventuellement contre de l’argent, tordu oui ! De la rue, géneralement si calme, à ces salles où des dizaines de machines participent à la cacophonie ambiante, la transition est juste effrayante. On a tenu 30 secondes dedans… En bref, le Japon vous déboussolera toujours.  Vous pensez parfois l’avoir compris, c’est en général à ce moment-là qu’il vous surprend encore !

rue Tokyo ancien moderne contraste

L’ancien et le moderne se côtoient en permanence à Tokyo

20 – Le français est classe même si ça ne veut rien dire

Petite note marrante pour terminer : la langue française semble être de bon gout au Japon. Le vocabulaire français amène probablement une touche de classe, comme dans pas mal de pays. Le seul problème, c’est que ça ne veut souvent strictement rien dire. Donc pour un français, ça sera soudainement moins classe, mais fichtrement drôle. Ne soyez donc pas surpris si vous croisez des enseignes du type « melon-melon ; « bijou croire », « mariage frères », et j’en passe… Honnêtement, on ne s’en lasse pas !

enseigne francais a Tokyo

Marie-toi mon frère ? Mariage entre frères ? Non, je ne pige pas…

Vous l’aurez compris, qu’on parte au Japon pour un court séjour ou pour un PVT, l’expérience restera vraiment à part. Ce pays et ses habitants n’ont de cesse de vous surprendre. Essayer de les comprendre ou de s’adapter devient un vrai voyage dans le voyage. On espère que vous pourrez l’expérimenter, et y prendre autant de plaisir que nous !

Et pour ceux qui ont déjà foulé les terres nippones, d’autres découvertes vous ont marqué ?

Article mis à jour le 15 mai 2018