Nous voilà donc réunis à Chiang Khong, au nord de la Thaïlande, près de dix jours après notre départ d’Australie. Une nuit sur place suffit, c’est une ville de transit vers le Laos et il n’y a pas grand-chose à voir. Nous disons donc au revoir à notre modeste hôtel sur les rives du Mékong pour une traversée du fleuve sur deux jours direction Luang Prabang, ancienne capitale du Laos.

Départ à 10 heures du matin pour la frontière naturelle tracée par le Mékong. Un petit tampon sur le passeport pour sortir du pays et nous embarquons sur une pirogue en priant pour ne pas couler. Cinq minutes suffisent pour poser le pied au Laos, et 25 dollars US pour obtenir le visa. Là, nous sommes assaillis par un tas de « passeurs » malhonnêtes qui tentent de nous vendre un billet de slow boat avec la promesse d’avoir les meilleurs sièges. Que nenni, nous prenons un tuk-tuk qui nous dépose au port une dizaine de minutes plus tard où nous pouvons prendre nos billets au prix normal de 210 000 kips soit 21 euros. 11 h 30, c’est parti pour 6 heures de bateau jusqu’à Pak Beng, notre première étape.

Slow boat sur le Mékong
 Slow boat sur le Mékong

Contrairement à nos appréhensions, le temps passe vite et le panorama vaut le détour malgré l’ambiance « collée serré« . Les reliefs recouverts d’une végétation dense et tropicale contrastent avec l’eau boueuse du grand Mékong. Au gré de nos escales, nous pouvons apercevoir des petits villages, des familles qui vivent très modestement le long des rives, des enfants qui pêchent au bambou, les vieilles dames qui vendent du poisson à la volée. On a changé d’ambiance. La nuit à Pak Beng n’a aucun intérêt si ce n’est celui de dormir. Le lendemain, rebelote pour six heures.

Course de pirogues, Luang Prabang
Course de pirogues, Luang Prabang

Luang Prabang nous ouvre enfin ses portes en plein festival de courses de pirogues, un événement majeur en Asie. La fête bat son plein dans les rues de la vieille ville, les rives du fleuve débordent de spectateurs qu’il pleuve ou qu’il vente. Et il faut dire que le spectacle vaut bien de se mouiller un peu. Une quarantaine d’hommes en habits fluo rament et crient à l’unisson sur chaque pirogue pour être les premiers à franchir la ligne sous les encouragements du commentateur sportif. On n’y comprend pas un mot, mais on sent que le cœur y est. C’est aussi l’occasion de visiter la ville, parsemée de temples et de vestiges coloniaux. Les Français ont laissé quelques traces, surtout culinaires, on se reconnaît bien là !

Cascades de Huang Si, Laos
Cascades de Huang Si, Laos

Les jours suivants il pleut, beaucoup… Heureusement nous faisons équipe avec un couple de Hollandais et une Canadienne pour faire le tour des restos et bars de la ville. Il faut bien s’occuper ! Nous profitons d’un jour meilleur que les autres pour visiter les cascades de Kuang Si. L’entrée se fait par le refuge des ours noirs à col blanc qui ont une posture très particulière lorsqu’ils se tiennent debout. De grosses peluches attendrissantes qu’on ne se risquera quand même pas à caresser. Après un bain frais dans le premier bassin blanc naturel, nous remontons le long des chutes jusqu’à la cascade la plus haute qu’il est possible de remonter par le côté par un sentier assez raide. Au sommet, un arc-en-ciel gigantesque surplombe la vallée et c’est les pieds dans l’eau, à quelques centimètres du vide, que nos efforts sont récompensés. Entre temps, il commence à pleuvoir, encore, et la descente est encore plus rude. Quelques glissades plus tard, il est déjà temps de rentrer.

La météo ne nous a pas permis d’apprécier pleinement les alentours de la ville, mais notre temps en Asie est compté, et la vallée de Vang Vieng nous attend un peu plus au sud…

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Article mis à jour le 11 novembre 2018