Oubliez tout ce que vous savez sur les forfaits de téléphonie mobile. Au Canada, tout se paye sur votre smartphone, et au prix fort. À l’image du pays, la liste des opérateurs est large et l’on se perd facilement parmi les offres. Comment éviter les pièges et choisir la bonne formule pour votre PVT ?

Puis-je utiliser mon téléphone français au Canada ?

C’est loin d’être évident. Même si à notre époque, les chances pour que votre téléphone soit compatible sont grandes, quelques vérifications et précautions s’imposent avant le départ.

Avoir un téléphone compatible

  • Les réseaux de téléphonie mobile utilisent des fréquences, dites bandes, différentes selon les opérateurs et les continents. Pour faire court, l’Europe a initialement utilisé des normes (GSM/EDGE) et des bandes (exprimées en MHz) différentes de ses voisins nord-américains (norme CDMA). Si vous êtes déjà perdu, passez directement au dernier point de cette partie. Mais certains opérateurs canadiens ont tout de même développé la norme GSM au Québec et en Ontario (Rogers, Fido, Videotron). Avec l’apparition des fréquences data haute vitesse UMTS, HSPA et LTE (dites 3G, 3G+ et 4G), la famille s’est élargie, avec toujours plus de différences entre nos pays.
  • Votre téléphone, selon sa marque, son modèle et son année peut gérer plus ou moins de bandes. La plupart des smartphones sont par exemple quadri-bandes à minima, mais la plupart du temps limités à une norme (si vous l’avez acheté en France ou en Belgique, il gérera la norme européenne GSM/EDGE, mais pas la norme nord-américaine CDMA). Pour vérifier si votre téléphone est compatible, une petite recherche sur Google pour trouver les caractéristiques de votre terminal vous permettra de les comparer aux fréquences utilisées par les opérateurs canadiens. La valeur sûre, c’est le Google Nexus. Loin de nous l’idée de lui faire de la publicité gratuite, mais c’est un des rares téléphones qui gèrent à la fois les normes GSM et CDMA et donc, qui fonctionne dans le monde entier, chez n’importe quel opérateur. En plus, il est débloqué d’origine, une exigence du constructeur…
  • Emmener son téléphone français au Canada semble être un peu casse-tête, mais c’est tout à fait possible. Si certains diront qu’un smartphone de dernière génération a de grandes chances de fonctionner, en particulier chez Rogers ou Fido qui utilisent les normes européennes dans certaines provinces, le plus simple pour d’autres restera peut-être d’investir directement sur place.

Débloquer son téléphone

  • Si vous avez acheté votre téléphone chez un opérateur, il est sûrement bloqué pour n’accepter que les cartes SIM de ce dernier. La bonne nouvelle, c’est que ce cher opérateur est tenu de vous fournir un code de déverrouillage (ou la procédure de déverrouillage pour les iPhone) gratuitement dès lors que vous possédez le téléphone depuis plus de trois mois (peu importe la durée de votre engagement, ça, c’est une autre histoire que vous devrez régler pour résilier votre forfait. À savoir que grâce à la loi Chatel, vous pouvez résilier votre forfait à partir d’un an d’ancienneté en vous acquittant d’un quart des mensualités restantes seulement. C’est automatique). Une fois déverrouillé, vous pourrez utiliser votre appareil avec n’importe quelle carte SIM.
  • Voici des liens utiles pour débloquer votre téléphone chez : Orange / Bouygues / SFR

Comment fonctionnent les forfaits mobiles canadiens ?

On ne pas vous mentir, c’est compliqué. D’autant plus quand on lit les forums et blogs qui commencent à dater. Car les forfaits canadiens ont beaucoup évolué ces dernières années, et beaucoup de services qui étaient autrefois des options sont désormais inclus dans la majorité des forfaits. Alors, qu’est-ce qui change vraiment ?

 Canada versus France

  • Les appels entrants sont également décomptés de votre forfait. Prenons par exemple un forfait de 200 minutes voix (oui, on parle en minutes ici) : chaque appel, qu’il soit entrant ou sortant, sera décompté de cette cagnotte. Cependant, les illimités se démocratisent enfin sur de nombreux forfaits.
  • Les appels le soir et le weekend sont souvent gratuits (eh oui, retour 10 ans en arrière avec les forfaits SFR tant prisés à l’époque). Évidemment, on s’en fiche dans le cas d’un forfait illimité.
  • Les forfaits sont environ trois fois plus chers qu’en France, surtout pour la data.
  • Les tarifs varient en fonction de la province. À titre d’exemple, appeler du Québec vers l’Ontario avec son mobile, c’est un peu comme appeler de la France vers la Belgique. Mais là encore, les forfaits se sont simplifiés, et vous n’aurez plus à vous poser la question, car la plupart sont désormais « Canada-wide ».

Les pièges et les idées reçues

  • La messagerie vocale est une option, mais elle est désormais incluse dans la plupart des forfaits. En revanche, le nombre de messages vocaux est limité. Il faut en effet souscrire une option pour en avoir plus de trois en attente chez la plupart des opérateurs.
  • L’affichage du numéro est une option, mais elle est désormais incluse dans la plupart des forfaits.
  • Les appels internationaux ne sont pas compris dans les forfaits, et vous coûteront un œil si vous utilisez votre mobile. Même si c’est moins pratique, vous pouvez acheter des cartes indépendantes de votre forfait, avec un crédit pour les appels internationaux. Sinon, Skype reste votre meilleur ami et propose aussi des forfaits qui vous permettent d’appeler en illimités vers les fixes.

L’entente ou l’engagement

Si vous souscrivez à un abonnement associé à un téléphone, l’opérateur vous vous proposera sûrement un rabais sur l’appareil. C’est ce qu’on appelle « l’entente » (« agreement » en anglais, « balance » ou « tap » en langage opérateur). Il n’y a pas d’engagement de durée proprement dit, mais c’est tout comme. Car de votre ancienneté dépendra le montant à acquitter en cas de résiliation.

Vous n’avez rien compris ? C’est normal ! En fait, la réduction qui vous a été accordée est une sorte de crédit dont le montant à rembourser diminue chaque mois. Comme il existe différentes formules, voici deux cas pratiques :

Fido

de 200 $. L’opérateur vous propose un rabais de 200 $ avec une entente de 24 mois. Votre appareil vous coûte donc 0 $ au moment de la souscription. Chaque mois d’abonnement, l’opérateur soustrait à votre entente ½4ème de son montant initial (200 $ – 8,33 $ pour le premier mois dans ce cas, et ainsi de suite). Au bout de deux ans, votre entente est donc entièrement « remboursée » et vous êtes libre de quitter cet opérateur sans frais. En revanche si vous résiliez, par exemple au bout de 8 mois, vous serez redevable du solde de votre entente soit : 200 – (200 x 8 / 24) = 134 $.

Koodoo

Chez Koodoo, le montant de votre forfait a aussi de l’importance. Vous prenez un forfait à 45 $/mois avec un téléphone HTC Desire d’une valeur de 200 $. L’opérateur vous propose un rabais de 150 $. Votre appareil vous coûte donc 50 $ au moment de la souscription. Chaque mois d’abonnement, l’opérateur soustrait à votre entente 15 % du montant de votre facture. (200 $ – 6,75 $ pour le premier mois dans ce cas, et ainsi de suite). Votre entente est donc complètement remboursée au bout de 22 mois. En revanche si vous résiliez au bout de 8 mois, vous serez redevable du solde de votre entente soit : 150 – (8 x 6,75) = 96 $.

Au final, l’entente est une forme d’engagement, qui permet néanmoins une résiliation plus souple, avec des frais éventuels connus d’avance. À noter que ces exemples restent évidemment assez simplistes, car il faut prendre en compte ce que contient le forfait, les options incluses, le prix initial du téléphone que vous convoitez, etc.

Quel forfait mobile choisir au Canada ?

Il n’y a pas de forfait idéal, car cette appréciation dépend de plusieurs facteurs très personnels : votre usage, le temps de votre séjour, votre budget… En revanche, on vous donne quelques tuyaux pour bien choisir.

Le comparateur

L’offre en téléphonie mobile est tellement vaste au Canada qu’en faire l’état des lieux est assez décourageant. Heureusement, un comparateur de forfaits canadiens très complet et assez bien pensé, existe déjà. Vous pouvez explorer les formules par opérateur, ou tout simplement celles susceptibles de correspondre à vos besoins (données, illimités, prépayés, spécial smartphones, etc.).

Les opérateurs canadiens

Il faut croire que le schéma français se répète, car là-bas aussi, trois opérateurs historiques se disputent le podium : Bell, Rogers, Telus (l’équivalent de nos Orange, SFR, Bouygues).

bell
rogers
telus

                       

Autour, des dizaines d’opérateurs alternatifs, moins chers, dont trois sont devenus les petits favoris des backpackers : Fido, Virgin, Koodoo. À noter, une large préférence des pvtistes pour Fido (d’après le sondage mené par Pvtistes.net).

fido
virgin-mobile
koodo-mobile

                      

Quelle différence me direz-vous ? Le prix et les services principalement, puisque les forfaits ont tendance à s’uniformiser à quelques subtilités près. Les opérateurs historiques se démarquent par une couverture réseau souvent plus performante, en particulier dans les régions isolées et éventuellement un service client plus pointu. Bref, comme en France.

Les astuces

Pour appeler vers l’étranger depuis le Canada

  • Si vous appelez (depuis, un fixe, un mobile ou par le biais d’une carte d’appel internationale) du Canada vers une destination étrangère, il vous faut composer dans l’ordre :
    • L’indicatif d’appel international au Canada : 011
    • Le code du pays du destinataire, soit pour la France : 33
    • Le numéro local incluant l’indicatif ou non selon les cas : (0) 1 32 46 33 31
  • Soit, le numéro complet : 011 33 1 32 46 33 31
  • Skype reste l’application gratuite la plus pratique. Mais si vos proches ne sont pas adeptes, sachez que Skype propose aussi des forfaits illimités vers les fixes du pays de votre choix, à des tarifs très avantageux.
Forfait téléphone mobile au Canada : que choisir en PVT ?
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Article mis à jour le 19 novembre 2018