Kangaroo Island, c’est un peu comme si on avait pressé l’Australie et versé son nectar sur une petite île de 150 km de long.

Que ce soit pour les paysages, le temps ou les animaux, on a rencontré de tout sur ce bout de terre. Pour la petite touche historico-corico, précisons que l’île a été en grande partie découverte et cartographiée par l’explorateur français Nicolas Baudin au tout début du 19e siècle ; en même temps qu’un certain Matthew Flinders, un Anglais, bref sans importance…

Traversée couteuse pour une ile en or

Revenons 200 ans plus tard, à notre découverte de cette belle île. Pour l’atteindre, il faut d’abord se rendre au Cape Jervis à 100 km au sud d’Adélaïde puis s’offrir une petite croisière de 45 min en ferry (Sealink) pour atteindre les côtes et la première « ville », Penneshaw. Leur monopole leur permet d’afficher des tarifs plutôt effrayants au premier abord (300 $ l’A/R pour 2 personnes avec un van), mais une fois qu’on a posé pied sur ce bout de terre, on ne regrette pas.

Cette île, c’est d’abord un régal de plages au sable fin et aux eaux turquoises et limpides qui nous rappelleraient presque les Caraïbes. Seuls les pélicans géants et les cygnes noirs nous rappellent qu’on est bien en Australie. Quand la nuit arrive, c’est au tour des manchots pygmés de prendre possession des lieux. Nous avons tenté un soir d’observer leur débarquement, mais au bout d’ 1 h 30 d’attente, le froid a eu raison de notre patience. Ils devaient faire la fête ailleurs ce soir-là…

plage kangaroo Island
Sérénité naturelle des plages de Kangaroo Island

Un petit air normand

Le lendemain, nous avons pris la route vers l’ouest et le van a traversé ses premières pistes accidentées sans dégâts, mais à faible allure. Au bout, c’est la Normandie qui nous attendait : de larges falaises d’environ 200 mètres de haut surplombant la mer, les mouettes rieuses, le vent déchaîné, le phare et même le cimetière des gardiens du phare ; et au détour des sentiers, des kangourous nous fusillant du regard pour les avoir dérangés pendant leur repas. Non ce n’était pas la Normandie…

Plus au sud, nous avons rejoint les terres du Flinders Chase National Park. Malgré un temps plutôt menaçant, nous sommes partis visiter les Remarkable Rocks, d’énormes blocs de granite sculptés par le temps, la pluie et le vent. Après une séance d’escalade sur ces œuvres du temps, l’artiste nous a rappelés à l’ordre et un énorme orage s’est abattu sur nous, faisant du même coup fuir tous les touristes alentour. Nous avons trouvé refuge sous un drapé de roche et avons pu apprécier un spectacle son et lumière assez détonnant. Une petite accalmie nous laisse le temps de rejoindre le phare de Cape Couedic et les grottes marines d’Admirals Arch. Nous trouvons là des dizaines de phoques en train de s’amuser dans l’eau, de se battre, ou pour la majeure partie d’entre eux de se prélasser sur les rochers. Pas le temps pour nous d’en faire autant, la tempête se réveille à nouveau et nous fait rejoindre le van au pas de course. Une fois a l’abri, c’est même la grêle qui se déchaîne. Quel climat de fou !

Remarkable Rocks
Quand la nature révèle ses talents d’artiste

On s’est fait un nouveau pote

Le temps se calme en fin d’après-midi quand nous découvrons que notre van n’est pas totalement étanche et que nos matelas et couettes sont trempés. Nous nous rendons au premier camping qui vient, le Western KI caravan park, pour nous payer le luxe d’un petit Lodge pour la nuit. La facture est salée, 130 $ la nuit, mais nous pouvons au moins sécher nos matelas sur l’air conditionné et faire un gros décrassage du Kowagon. Une fois nos opérations de manouches terminées, nous profitons enfin des lieux. Quand la nuit arrive, une tribu de kangourous bien moins peureux qu’à l’habitude investit les lieux. L’un d’entre eux, que nous avons surnommé Roger, a même tenté à plusieurs reprises de rentrer dans notre petit chalet et de profiter avec nous de notre gratin de pommes de terre. Sacré Roger !

kangourou Roger kangaroo Island
Notre pote Roger

Le lendemain, le soleil est de retour et nous décidons d’arpenter les dunes de Little Sahara. Après la Normandie, nous voici en Afrique. Les monticules de sable ne sont pas aussi imposants que la dune du Pilat, mais sont quand même impressionnants et s’étendent sur une grande distance. C’est vraiment déroutant d’arriver dans un tel paysage. Un jour plus tard, nous dévalons ces mêmes dunes en sandboard à coup de curving et surtout de crash sur le sable. Nous en reparlerons bientôt.

surfsand - little sahara
Sandboard sur les dunes de Little Sahara

Déjà l’heure du départ

Après une semaine sur ce bout de paradis, nous retrouvons Kingscote, la capitale des lieux, et avec elle un peu de civilisation, de nourriture fraiche et de connexion. Nous dormons à côté des eaux tranquilles d’American River ou les pélicans sont encore nombreux. Il faudra bientôt reprendre le ferry pour retrouver les terres, les cerises commencent a être mûres et n’attendent plus que nous pour être cueillies. Au sommet de nos arbres, nous pourrons nous souvenir des beautés du joyau qu’est Kangaroo Island.

Kangaroo Island, l’île de beauté à l’australienne
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Article mis à jour le 19 novembre 2018