Nous l’admettons tout de suite, Johannesburg n’était pas une des visites que nous attendions le plus de notre périple sud-africain. À lire certains articles ou même le site de la diplomatie française, on se demande même parfois s’il ne faudrait pas mieux éviter cette étape. Mais idéalement située pour rapidement rejoindre le Parc Kruger, et souhaitant comme à notre habitude nous faire une opinion personnelle sur cette immense ville, nous avons laissé une chance à la belle Jozi en y restant 2 jours. Seulement 2 jours devrai-je dire, car une fois les premières appréhensions passées, nous pouvons dire que Johannesburg nous a charmés là où on ne l’attendait pas, et nous avons regretté de ne pas pouvoir y passer plus de temps.

Sortie d’aéroport : roule à gauche et reste calme

Partis à 23 h 30 de Paris Charles de Gaule, nous voici sur le tarmac de l’aéroport international de Johannesburg à 11 h. À défaut d’avoir été confortable, notre vol Air France est au moins à l’heure. Le standing de la compagnie semble avoir largement baissé, heureusement le personnel reste très sympa et tente justement de masquer la moindre qualité des prestations et équipements. Enfin, 11 h 30 de vol, un peu de sommeil engendré et seulement une petite heure de décalage : pour une fois on s’en sort pas si mal et pas complètement éclatés à la sortie de notre vol. L’aéroport est assez classe et spacieux, nous récupérons sans encombre nos sacs à dos et trouvons facilement la route vers les services de locations de voitures à une centaine de mètres à l’extérieur de l’aéroport. Notre passage aux bureaux de Budget se passe également, et presque avec surprise, sans encombre et surtout sans frais cachés (ni pour utiliser la voiture dans Kruger, ni pour traverser le Swaziland, ni pour rendre le véhicule dans une autre ville), chose assez rare pour le noter ! Sans vraiment piger comment fonctionnent les péages ici, on comprend que ceux pour rejoindre Johannesburg sont inclus, une chose de moins à se soucier !

pluie soudaine dans les rues de Jobourg

Les pluies peuvent être soudaines et violentes à Jobourg, on en a fait les frais !

Il ne reste plus qu’à embarquer dans la petite Hyundai, volant à droite, boite manuelle, c’est reparti pour le « je sais plus conduire » façon nos débuts en Australie ! Arrivés sur l’autoroute, on se cale gentiment sur la voie de gauche autour de 100 km/h (il n’y a pas beaucoup de panneaux, mais la vraie limitation est de 120 km/h) en laissant la place aux camions et autres minivans taxi qui eux semblent se croire sur un circuit. Tout se passe pour autant bien jusqu’à ce qu’on se retrouve quasi nez à nez avec un policier traversant à pied l’autoroute avec un mec menotté devant lui. Tout est normal, tout va bien. Aux abords de la ville, des mendiants sont regroupés par dizaines aux feux tricolores. Non pas que la mendicité nous dérange, mais cette projection soudaine de pauvreté est un peu dure à digérer. D’autant que l’hôte de notre Airbnb nous expliquera plus tard qu’il s’agit souvent de « junky » cherchant à se payer leur prochain fix… (nous n’avons pas vérifié l’info). Bref la première mise en bouche n’est pas ultra rassurante, mais la suite nous apprendra qu’il aurait été dommage de s’arrêter à cette première impression.

Johannesburg et ses nombreux surnoms

Troixième ville la plus peuplée d'Afrique, Johannesburg possède de nombreuses dénominations. La plupart du temps, les gens parleront de Jo'burg, de Jozi ou même parfois de Joni (rien à voir avec notre rockeur :). Sachez aussi que la ville se situe tout de même à 1700 mètres d'altitude. Les températures peuvent être ainsi très changeantes et les pluies d'été assez soudaines et violentes.

On pose bagage dans le quartier Maboneng

Nous arrivons malgré tout sans encombre dans le quartier de Maboneng, dit « lieu de la lumière » en Sotho (l’une des 11 langues officielles du pays, oui tout de même). En cherchant une place, nous découvrons une autre tradition ultra développée du pays : le « viens par ici je t’ai réservé une place ». Chaque rue est en effet le territoire d’un gars qui surveille les places et se propose pour garder ta voiture pendant ton absence. Le système est parfois officiel (surtout au Cap, les surveillants appliquent alors les tarifs fixes des parcmètres) et souvent totalement officieux. Comptez un tip de 10 à 20 rands pour le service. Et ne vous sentez pas non plus obliger de toujours passer par eux, ils ne vous rayeront pas la voiture si vous trouvez une autre place !

figure Mandela building Joburg

La figure de Mandela est présente partout à Johannesburg !

Le quartier de Maboneng dans lequel nous avons déniché notre Airbnb est légèrement en retrait du centre-ville. Il en reste néanmoins super agréable et praticable à pied. Nous apprendrons par la suite que c’est un des quartiers les plus en vue de Johannesburg ces dernières années. Son développement se veut tourné vers la mixité sociale, l’art et la culture. Nous avons d’ailleurs vraiment apprécié de rencontrer blanc comme noirs dans ce quartier, cette mixité ne semble pas être si courante dans le reste de la ville. Souhaitons que ça évolue dans ce sens ! L’appartement dans lequel nous séjournons fait lui-même partie d’une tour complètement orienté art design. Au pied se trouve le restaurant Pata Pata qui va vite devenir notre petit repère. Bières locales et burger ultra garnis, ils ont tout pour nous rendre heureux.

Burger du Pata pata à Maboneng, un delice

Le fameux burger du Pata Pata à Maboneng, comment résister !

Journée visite du centre-ville et de Soweto

N’ayant qu’une seule journée complète pour visiter la ville, nous avons choisi de découvrir Johanesbourg et ses environs à l’aide d’un sightseeing tour, genre de tour qui, en temps normal, nous fait fuir. Nous avons aussi longuement hésité à partir à la découverte des townships (bidonvilles autour de la ville) ne souhaitant pas particulièrement jouer au touriste occidental faisant crépiter le Canon tout en jetant des stylos à la face de la misère du monde. Mais les innombrables commentaires positifs sur le tour de Soweto ont fini par nous convaincre de tenter l’aventure. Nous avons donc embarqué à bord d’un grand bus rouge à l’allure londonienne (dit hop-on hop-off bus) pour le City tour et Soweto combo. Le moins que l’on puisse dire est que nous avons encore une fois agréablement surpris avec un tour de qualité, les précisions d’un audioguide (inclus et en anglais et français) assez instructif, et la possibilité d’adapter les visites à son rythme (des bus passant environ toutes les demi-heures à chacun des stops du tour).

Fresque sur les murs d'une rue de Jobourg

Pour la visite de Soweto, vous sautez dans un minibus accompagné d’un nouveau guide et d’un chauffeur. C’est le clou du spectacle pour nous. Nous rencontrons Brenda, notre accompagnatrice pour ce tour, la guide la plus marrante et néanmoins brillante que nous avons jamais rencontrée. Une véritable Florence Foresti black, vous imaginez le personnage. Aussi comique que touchante d’ailleurs, quand elle nous explique que son vrai nom est en fait Nogotula (mais appelez là Tula) mais qu’elle a été rebaptisée Brenda de force sur ses papiers ! Ambiance… Et c’est donc tout en humour et en bonté humaine qu’elle nous fait découvrir Soweto, le township où elle a elle même grandit. En lui parlant de notre scepticisme initial à faire les touristes chez les pauvres, elle pense au contraire que ces visites sont ultra-bénéfiques et permettent aux plus jeunes d’entrevoir autre chose que le bidonville. Cet espoir est vital pour que les jeunes ne se résignent pas.

Le langage des signes des Minibus de Jozi

Plutôt que de simplement lever la main, les Sud-Africains ont inventé une série complète de signes pour indiquer aux Minivans où ils souhaitent se rendre. Ainsi un doigt vers le haut représente la tour du city center et indiquera qu’on veut se rendre au centre-ville. La main en araignée correspondra elle au Mall, la paume ouverte vers le haut l’orangeraie... Il en existe des dizaines comme ça ! Un langage vraiment incroyable développé pendant l’Apartheid pour faciliter l’organisation des transports en commun. Merci Nogotula pour la découverte !

Tours de refroidissement de l'orlando power station à Soweto

Tours de refroidissement de l’Orlando Power Station à Soweto

Soweto, c’est à la fois tragique et inspirant. Pour mieux comprendre l’Apartheid, il est selon nous indispensable de s’y rendre. Le township a par ailleurs grandement changé de visage depuis les années 90, entre autres à l’aide du tourisme. Les deux tours de refroidissement d’Orlando, une ancienne usine a charbon qui alimentait autrefois Joburg, et servant aujourd’hui de spot de saut à l’élastique, en sont le premier symbole. La seconde fierté est le stade qui a servi à la dernière coupe du monde de football. Symboles de la lutte des noirs contre l’apartheid, le tour s’arrête enfin sur le lieu des émeutes de Soweto (Hector Pieterson Memorial), tout à côté des maisons de Mandela et Tutu.

Devant la maison de Mandela

Devant la maison de Mandela, attroupements garantis !

Nous finirons la journée au musée de l’Apartheid qui tente d’expliquer les complexités politiques et démographiques qui ont mené à la ségrégation, puis à la lente dérive vers l’Apartheid (1949). Il retrace ensuite la longue période de résistance, les révoltes étudiantes, les réactions de la scène internationale (ou leur absence) jusqu’à la libération de Mandela en 1991. Ce musée est un incontournable, mais il est presque trop chargé. On pourrait probablement y passer une journée complète sans avoir vu tous les films et documents.

musée de l’Apartheid à Soweto Afrique du Sud

L’une des reconstitutions du musée de l’Apartheid

La fin du tour nous ramène dans les quartiers plus centraux de Johannesburg, pour la plupart très animés et donnant envie d’être visités. Nous n’avons malheureusement plus le temps, ça sera pour la prochaine Jozi ! Entre humour et symboles, le moins que l’on puisse dire est que l’ensemble de cette visite sera loin de nous avoir laissés indifférents. Nous ne regrettons pas d’être montés dans ce bus, bien au contraire, l’immersion était parfaite !

Nogotula – on n’aurait pas pu avoir meilleure guide pour visiter Soweto

Bons plans et bonnes adresses à Johannesburg et Soweto

City Sightseeing tour

  • Même des non-adeptes des « tours guidés » comme nous vous recommandent le sightseeing tour de la ville. Il permet de faire un excellent repérage des quartiers de Johannesburg, bien plus compliqué à faire par soi-même. Le passage par Soweto est un incontournable ! Renseignements et tarifs sur le site officiel du tour.
FNB stadium a Soweto

Le FNB Stadium où resonnaient les fameuses “vuvuzelas” lors de la coupe du monde de football 2010

 Où dormir

  • Nous ne pouvons que recommander notre Airbnb si vous souhaitez être en plein centre du quartier Maboneng. C’est un excellent rapport qualité/prix (pour 2 personnes) avec de très bons conseils de la part de l’hôte. N’oubliez pas de vous inscrire via ce lien pour profiter d’une nuit gratuite !
  • Vous pouvez aussi dormir directement dans le quartier de Soweto. L’auberge de jeunesse Lebo’s Soweto Backpackers nous a été chaudement recommandée. Elle organise d’ailleurs des tours du Township à vélo qui doivent être très sympas !

 Où manger et sortir dans Maboneng

  • Notre repère, vous l’aurez compris, est le Pata Pata dans Maboneng. Burgers extra, viandes succulentes et plats typiquement sud-africains, nous y avons mangé trois fois sans jamais être déçus !
  • Pour un verre en terrasse ou un brunch dans un endroit assez branché, dirigez-vous directement vers le rooftop du Living-Room Jozi. Et dans une ambiance plus détendue, et du bon son dans les oreilles, faites un tour à la Canteen de l’Arts on Main.

 Se déplacer

  • Si vous avez opté pour les Hop-on hop-off bus, c’est un bon moyen de se déplacer en journée entre les différents quartiers de la ville.
  • Pour vous déplacer le soir, privilégiez les Uber. C’est le moyen de transport le plus développé en ville. Le but n’est pas de vous effrayer, mais sans connaitre, il vaut mieux éviter de se promener à pied au hasard dans la ville.

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Article mis à jour le 31 juillet 2017