Si vous aimez vous occuper d’enfants et que vous avez un minimum d’expérience, tentez l’aventure au pair en Australie ! J’ai été fille au pair à trois reprises. Voici quelques conseils qui j’espère, pourront vous aider.

Au pair : qu’est-ce que c’est ?

Un(e) au pair est une personne qui vit dans une famille d’accueil (généralement résidant dans un pays étranger) pour s’occuper des enfants et parfois aider aux tâches ménagères. En contrepartie, l’au pair est nourri, logé et blanchi par la famille et perçoit de l’argent de poche. L’intérêt de cet échange est avant tout culturel et représente le moyen idéal pour l’au pair de s’imprégner des coutumes locales.

Les profils recherchés par les familles

Avant toute chose, vous devez aimer les enfants et prendre soin d’eux, car sinon votre vie d’au pair deviendra vite un cauchemar…

La plupart des familles préfèrent les filles, nous aurions soi-disant plus l’instinct maternel et savons naturellement nous occuper des enfants (dixit mes mamans d’accueil). Mais les garçons ont aussi leur chance, surtout auprès des fratries de petits gars.

Avoir 18 ans est un minimum. Être plus âgé(e) est un avantage, car le fameux instinct maternel se développe apparemment avec l’âge. En tant que « vieille » au pair de 29 ans, j’ai eu l’embarras du choix !

Avoir de l’expérience aide également, cela rassure les parents. Si vous avez précédemment été au pair en Australie c’est parfait, vous aurez de ce fait des références que vos potentiels futurs parents d’accueil pourront contacter. Sinon pas de soucis, il faut bien commencer. Pour ma part j’ai fait du babysitting en France et j’ai travaillé dans des centres aérés en tant qu’animatrice pendant les étés de mes années lycée. Si vous vous occupez régulièrement de votre petite cousine, ça marche aussi. Mais un conseil : ne mentez pas sur ce point. On dit souvent aux backpackers qu’ils doivent enjoliver leur CV pour trouver un boulot, mais évitez de le faire pour trouver un job d’au pair. Vous allez vivre avec la famille, il s’agit plus que d’un employeur. Et quand la maman vous mettra son bébé dans vos bras lors de votre première entrevue, elle saura tout de suite si c’est la première fois que vous faites ça ! Cela dépend de l’âge des enfants, mais vous aurez la responsabilité de petits bout ’choux donc prenez garde.

Certaines familles un peu trop exigeantes vous demandent d’avoir des diplômes australiens. Vous n’avez pas besoin de ces diplômes, vous trouverez d’autres familles qui comprennent ce qu’est une au pair.

Petit détail qui a son importance : si vous ne fumez pas, c’est mieux. Cela peut gêner certaines familles.

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© Charlène Blaison

Comment trouver une famille d’accueil

Internet bien sûr ! Les groupes Facebook (Au pair Australia, Au pair in Sydney, etc. Il en existe des tas !), Gumtree ou encore les sites spécialisés comme Au pair World. Les familles postent des annoncent et vous pouvez aussi en poster une en détaillant votre expérience et ce que vous recherchez. Il y a aussi HelpX ou le Wwoofing. J’ai trouvé ma première famille sur HelpX et ma deuxième famille en répondant à son annonce sur Gumtree. Ma troisième famille d’accueil m’a trouvé en répondant à mon annonce sur Gumtree.

Avant de vous engager avec une famille, n’hésitez pas à poser des questions à vos futurs parents d’accueil. Il est important d’être clair sur tous les points (horaires, tâches, rémunération, logement, etc.) pour ne pas avoir de surprise. Si vous pouvez les rencontrer avant, c’est mieux. Demandez tout ce qui vous interroge, par exemple s’ils ont des animaux et si vous devez vous en occuper (ça peut être important, surtout si vous n’aimez pas ça) ou encore si vous pouvez utiliser leur voiture pendant vos jours de repos.

Vous allez devoir vivre avec des gens que vous ne connaissez pas avec un statut particulier, entre employé et membre temporaire d’une famille, cela n’est pas toujours évident. Et de leur côté les parents ne vous connaissent pas non plus et vont pourtant vous ouvrir les portes de leur maison, vous confiant ce qu’ils ont de plus précieux, leurs enfants. Il est donc primordial qu’au pair et parents s’accordent, se fassent confiance et se respectent mutuellement.

La rémunération

Nourri et logé est la base absolue. Refusez les familles qui vous demandent d’acheter votre propre nourriture. Habituellement, vous vous servez dans la cuisine pour le petit déjeuner et le déjeuner et vous partagez le dîner avec la famille.

Généralement une chambre vous est réservée rien que pour vous. Assurez-vous-en, car vous aurez besoin de vos moments d’intimité, évitez donc les familles où vous devez partager la chambre avec les enfants. Accès WiFi, télévision, salle de bain privée ou à partager : cela dépend. Mettez tout ça au clair avec les parents avant de commencer.

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© Charlène Blaison

Question importante et délicate : l’argent de poche. Il n’y a pas vraiment de règle, ce qui rend compliquées les négociations. Vous devez vous mettre d’accord sur un montant qui vous convient à tous, prenant en compte le nombre d’enfants, le nombre d’heures et votre expérience. Quand je cherchais ma troisième famille, je me suis permis d’être plus exigeante en demandant de 8 à 10 $ de l’heure en précisant que j’étais ouverte à la négociation. Il faut savoir que si les parents donnaient leurs enfants à garder à une nounou ou à la crèche, cela leur coûterait bien plus cher que d’avoir un au pair. Pour vous donner un exemple, voici ce que j’ai touché lors de mes différents jobs :

  • Première expérience : 2 enfants (4 ans et 9 ans) / 35 h par semaine / 150 $ par semaine.
  • Deuxième expérience : 3 enfants (4 mois, 2 ans et 3 ans) / 40 h par semaine + certaines gardes de nuit / 300 $ par semaine.
  • Troisième expérience : 2 enfants (4 ans et 6 ans) / 25 h par semaine (et la possibilité de cumuler 2 autres boulots à côté) / 200 $ par semaine.

Même si c’est un travail parfois plaisant, il s’agit tout de même d’un travail. Assurez-vous d’être payé en temps et en heure et n’hésitez pas à relancer gentiment les parents s’ils vous oublient. C’est tout simplement une question de respect.

Les avantages et les inconvénients

La vie est chère en Australie. Être nourri et logé peut être un super avantage. La plupart des backpackers trouvent des boulots « casual », c’est-à-dire que le patron vous donne le nombre d’heures qu’il veut et peut décider de ne plus vous donner de travail du tout du jour au lendemain sans raison. En étant au pair, vous êtes assuré d’avoir un toit et de quoi manger. Attention tout de même à bien choisir votre famille d’accueil.

Un des avantages majeurs est aussi l’apprentissage de la langue. Dès le matin, avant même d’avoir pris votre café, les enfants et les parents vous parleront en anglais. C’est violent au début, mais on s’habitue et on fait rapidement d’énormes progrès. Vous maîtriserez le vocabulaire du quotidien et apprendrez auprès de vrais Anglo-saxons qui pourront vous aider et vous corriger. On s’améliore aussi grâce aux enfants.

Certaines familles vous proposeront aussi parfois des activités pendant vos jours de repos : camper, aller à la plage, au restaurant, etc. C’est un super moyen de découvrir les environs avec des locaux et de découvrir des choses que vous auriez manqué autrement.

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© Charlène Blaison

Être fille au pair c’est avant tout prendre soin des enfants. Il va de soi que vous participez aux tâches ménagères, mais vous n’êtes pas une femme de ménage. N’acceptez pas de nettoyer la maison de fond en comble et de laver le linge des parents. De même en cuisine, vous n’êtes pas là pour faire à manger à toute la famille midi et soir. Préparez vos repas quand vous êtes de repos et ceux des enfants quand vous travaillez. Vous pouvez bien sûr cuisiner de temps à autre, soyez flexible et prêt à proposer votre aide. Mais certains parents ne font pas la différence entre une gouvernante (diplômée et bien payée) et une au pair. Ils en demandent parfois beaucoup, voir trop, et il est difficile de savoir s’ils dépassent les bornes ou pas. Ça m’est arrivé alors que je gardais les enfants 12 h par jour, je devais en plus faire tout le ménage (chaque jour une pièce à fond) ainsi que laver le linge de toute la famille, tout en ayant droit à des réflexions de la maman quand ce n’était pas fait exactement comme elle voulait. Je ne savais pas à l’époque si c’était normal pour une au pair de gérer tout ça, ce n’est qu’en discutant avec d’autres au pair que je me suis rendu compte que c’était trop. Si quelque chose ne va pas, demandez conseil à d’autres au pair, sur les groupes Facebook par exemple, et parlez-en aux parents.

Il est aussi important de clarifier vos horaires. Vous êtes là pour aider, mais vous n’êtes pas à leur disposition 24 h/24 non plus, il est important de s’entendre sur les limites. Avoir des horaires fixes vous permettra également de trouver un autre job casual afin d’économiser un peu plus.

En tant que fille au pair, vous remplacez la maman quand elle n’est pas là. Vous devez vous plier aux règles de la famille et suivre leur mode d’éducation. Les parents vont disent comment faire les choses et vous devez vous y tenir, vous n’êtes pas là pour éduquer les enfants à votre façon. C’est facile quand l’éducation que donnent les parents ressemble à celle que vous avez reçue et/ou à celle que vous voudriez donner. C’est plus compliqué quand elle est totalement différente et aberrante pour vous. Certains enfants dont je me suis occupée recevaient une éducation plus que laxiste. Je n’avais pas le droit de leur dire non et je ne devais jamais rien leur imposer, toujours leur proposer des activités et leur laisser le choix pour qu’ils décident de tout, tout le temps. J’en ai discuté avec la maman qui m’a expliqué son point de vue et j’ai suivi ses dires. Heureusement ce contrat ne durait que 6 semaines.

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© Charlène Blaison

En résumé, je vous recommande vivement d’être au pair si ça vous tente. C’est grâce à ça que j’ai vraiment amélioré mon anglais de manière significative. Et je peux dire que j’ai vécu à l’australienne en intégrant ces trois familles complètement différentes ! Choisissez bien votre famille, sachez identifier quelles sont vos envies et communiquer avec les parents en cas de soucis. Mes derniers parents d’accueil m’ont dit qu’ils traitent leurs au pair comme ils aimeraient que leur fille soit traitée si elle aussi était au pair un jour. Je vous souhaite de trouver une famille aussi attentionnée. Le plus gros problème que j’ai chaque fois rencontré est que je me suis trop attachée aux enfants et qu’il est très dur de les quitter !

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Article mis à jour le 22 avril 2017