L’apiculture est un type d’agriculture qui me fascine depuis longtemps. Lors de mon PVT Canada, j’ai voulu en profiter pour savoir réellement de quoi il s’agissait. Encore une fois, c’est grâce à Helpx que j’ai pu faire mes premiers pas dans un élevage d’abeilles à Tadoussac, au nord du Québec. Une expérience enrichissante qui m’a permis d’en connaître plus sur le sujet.

Herbamiel, la petite compagnie locale

Marie-Pierre est apicultrice dans la région de Tadoussac depuis une douzaine d’années. Après avoir travaillé pour un parc national, elle décide de se reconvertir pour vivre de sa passion : l’apiculture. Aujourd’hui, ses efforts pour bâtir seule son entreprise ont porté ses fruits. Elle produit son propre miel, mais pas seulement. Tous les produits de la ruche sont représentés chez Herbamiel : pollen, gelée royale, cire d’abeille et d’autres encore méconnus du grand public comme la propolis et le venin d’abeille.

Les produits d’Herbamiel

Pour l’aider dans ses tâches quotidiennes et pour partager sa passion pour les abeilles, elle propose aux volontaires de venir l’aider plusieurs semaines ou mois en échange du gîte et du couvert. Un bon deal qui permet d’en connaître davantage sur cette activité.

Vos missions d’apiculteur en herbe

Chez Herbamiel, les Helpers travaillent 5 h/jour et 5 j/semaine. Les repas sont fournis, Marie-Pierre s’occupe de l’achat en épicerie, il suffit de lui demander ce dont on a besoin. L’hébergement se fait dans une roulotte dans la forêt, à environ 150 mètres de la miellerie, ou bien dans la miellerie même. Lors de vos jours de congé, vous avez accès à des vélos pour vous balader et parfois vous pouvez emprunter une voiture.

Les tâches en fonction des saisons

Les activités chez Herbamiel vont varier selon les saisons. Eh oui, comme toute agriculture qui se respecte, c’est mère nature qui décide du fonctionnement, des jours de récoltes… Voici tout de même un aperçu des tâches qui peuvent être effectuées en fonction des saisons.

À la rencontre des abeilles…

  • En mars, on sort les ruches de la salle d’hivernage (où les abeilles y sont restées tout l’hiver soit 5 mois). Ensuite, il s’agit de préparer la saison estivale et de faire le grand nettoyage de printemps.
  • En avril, toutes les ruches sont contrôlées (on ne décompte pas moins de 120 ruches chez Herbamiel) et l’on désinfecte celles qui n’ont pas résisté à l’hiver. Les ruches les plus légères sont nourries avec de l’eau et du sucre pour les renforcer. C’est aussi le moment pour la fabrication des produits transformés comme le baume à lèvre, les savons, les bougies.
  • En mai, les ruches sont traitées contre le varroa (acarien parasite de l’abeille). On vérifie également si la reine de chaque ruche pond des œufs. On transporte les ruches dans les champs de bleuets pour favoriser leur pollinisation et pour que le miel soit à la fleur de bleuets (miam miam).
  • En juin, les vieilles reines qui ne pondent plus sont remplacées, on forme des nucléis (nouvelles ruches) et on commence à récolter le miel de printemps.
  • En juillet, on extrait et empote le miel de printemps. Les ruches sont transportées dans les cannebergières. On commence à récolter le miel d’été, à l’extraire et l’empoter. On installe des grilles pour récolter de la propolis. La propolis, spécialité de la miellerie est une sorte de résine transportée par les abeilles à l’intérieur de la ruche pour la désinfecter et combler les fissures. On l’utilise, car c’est un antibiotique naturel et efficace.
  • En août, on assure le suivi des nucléis, du dépistage du varroa et de la nosémose. On commence également à récolter le miel d’automne. On récolte des grilles à propolis.
  • En septembre, il s’agit de la période où j’étais présente. Malheureusement, la récolte du miel a été en avance cette année et je n’ai pas pu y assister. J’ai tout de même pu aller à la rencontre des abeilles à plusieurs reprises notamment pour le nourrissage des ruches et le contrôle de chacune avant la période d’hivernation.

Ma première expérience dans les ruches sera probablement un souvenir impérissable. Il faut dire que je n’ai jamais été aussi proche d’autant d’abeilles. Pour info, chaque ruche contient 40 000 abeilles, un rucher possède entre 10 et 20 ruches (un total plutôt effrayant finalement). Mais rassurez-vous, la combinaison de « cosmonaute » évite toute rencontre infortunée avec les abeilles. Marie-Pierre, elle, y va les mains nues, complètement immunisée par leur venin. Le bruit des abeilles qui nous entourent est à la fois apaisant et troublant, finalement on finit par s’habituer assez rapidement à leur présence.

Sans protection pour les mains : même pas peur !

L’autre souvenir mémorable s’est passé au moment d’arriver dans le rucher. Certaines des ruches avaient été détruites… par un ours ! C’est donc bien validé : les ours aiment le miel et surtout les protéines qui se trouvent dans les œufs et les larves d’abeilles (eux aussi doivent faire des réserves pour l’hiver).

En ce qui concerne mes autres tâches quotidiennes, j’ai aussi pu aider à l’organisation de la fête du miel annuelle, l’occasion pour la miellerie d’ouvrir ses portes au grand public afin d’y présenter le métier d’apiculteur et les produits de la ruche. D’autres tâches m’ont été attribuées comme la peinture sur les ruches, l’empotage et l’étiquetage des pots de miel, le grattage de propolis, la vente sur marché et un peu de photographie.

Empotage de miel

  • En octobre, on prépare les ruches avant la période d’hivernation : traitement à l’acide formique, nourrissage d’appoint, réduction des ruches à une hausse et enfin le transport des ruches dans la salle d’hivernation.

D’autres activités annexes peuvent aussi être envisagées comme la cueillette des jeunes pousses de sapin et pétales de roses (pour la macération dans le miel) et thé du labrador, la préparation des enclos pour les animaux et leur soin journalier, la préparation et l’entretien du jardin et serre, l’étiquetage des produits, la vente sur le marché public de Tadoussac, guide des visites guides, la distribution de dépliants dans les boutiques.

L’apiculture, job original et passionnant

J’étais loin de m’imaginer partir de Herbamiel avec autant d’enthousiasme et de nouvelles connaissances sur un sujet trop peu exploité. Je suis ravie d’avoir participé à ce type d’expérience unique et inenvisageable sans le programme Helpx. Même si ce séjour a été de courte durée, il m’a été particulièrement révélateur et m’a donné l’envie d’en apprendre encore plus. J’envisage aujourd’hui d’avoir mes propres ruches ; après tout, un bon miel fait maison, c’est tentant non ?

 Les activités à faire dans les alentours
En plus d’avoir beaucoup appris sur le métier d’apiculteur, j’ai aussi pu découvrir une région du Québec que je ne connaissais pas encore, Tadoussac. Charmante petite ville touristique connue principalement pour ses croisières à baleines, ses alentours offrent également un grand nombre d’activités de plein air comme la voile, le kayak, le canot, les balades à vélo et les randonnées.

 Mon coup de cœur revient au sentier du Fjord qui s’effectue sur 4 jours (possibilité de ne faire qu’une partie). Cette randonnée de 42,6 km longe le fjord de Baie Sainte Marguerite à Tadoussac. Le chemin comprend des passages en forêt et bord de plage ; les points de vue sont saisissants. Il est possible d’y apercevoir des bélugas notamment du côté de Baie Sainte Marguerite.

Le sentier du Fjord

Petit écureuil curieux en chemin

Des petites adresses qui valent le détour
Le Gibard à Tadoussac propose une carte simple, mais délicieuse et de très bonnes bières. Des concerts sont souvent organisés le soir.
La poissonnerie des Escoumins est LA place à ne pas louper si vous êtes fans de crustacés et poissons. Leur spécialité : la chaudrée de mactres de Stimpson qui est à se damner !

 Logement incontournable
Que diriez-vous d’un emplacement de camping en bord de falaise, vue panoramique sur la mer, et comme « petit bonus », le passage des baleines à quelques mètres seulement ? Mer et Monde propose ce type d’hébergement pour 36 $/emplacement. Je n’ai personnellement pas eu la chance de tester cet endroit, mais l’endroit reste incroyable !

L’observation d’un petit rorqual à proximité de la côte

 Comment se rendre à Tadoussac ?
Pour ceux qui n’ont pas de voiture, vous pouvez envisager le covoiturage pour vous rendre à Tadoussac. Le groupe Tadoulift sur Facebook propose régulièrement des offres. Sinon, il y a l’autobus, mais les tarifs restent assez élevés surtout si vous partez de Montréal. La dernière option reste le stop. J’ai testé et ça a été très rapide, il n’y a qu’une seule route qui se rend directement à Tadoussac depuis Québec.

Article mis à jour le 29 octobre 2017