Ayers Rock, une formation rocheuse fascinante : Uluru, de son nom aborigène, est probablement l’un des rochers les plus connus du monde. D’ailleurs ce n’est pas exactement un rocher, mais ce qu’on appelle un inselberg, ou relief dominant une plaine. Il s’apprécie traditionnellement au lever ou au coucher du soleil, ou sa teinte varie de minute en minute.

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Comme de nombreuses cultures, celle des aborigènes d’Australie, en attribuant à certains lieux des pouvoirs ou une symbolique particulière, a conçu une géographie sacrée. Selon leur tradition, les êtres du « Temps du rêve » ont façonné les formes du monde. Uluru est l’une d’entre elles. Le rocher est un des points du chemin parcouru par les ancêtres au temps du rêve, période de la formation du monde. Ce chemin était parcouru annuellement par diverses tribus afin de perpétuer la mémoire et de stimuler les esprits.

Uluru, la légende aborigène

Selon les Anangu autochtones d’Uluru : « Le monde était autrefois informe. Aucun des lieux que nous connaissons n’existait jusqu’à ce que des créateurs, sous la forme d’humains, de plantes ou d’animaux, voyagent au travers de la terre. Alors, dans un processus de création et de destruction, ils formèrent les paysages que nous connaissons aujourd’hui. La terre des Anangu est toujours habitée par les esprits de douzaines de ces créateurs ancestraux qui sont appelés Tjukuritja ou Waparitja. »

Il existe plusieurs interprétations de l’histoire de la création du monolithe selon les aborigènes. Nous vous racontons celle de notre guide, proche et familier des aborigènes.

Après un exil loin de sa terre natale, Kuniya, une femelle python revient à Uluru pour y déposer les œufs qu’elle porte en collier autour de son cou, et découvre que Liru, un serpent venimeux venu de Kata Tjuta, ont tué son neveu Kuka Kuka en le transperçant de sa lance. Folle de colère, Kuniya fait le tour du rocher pour retrouver Liru. Quand elle arriva dans la vallée de Mutitjulu, elle aperçut l’homme Liru au sommet de la falaise sur l’autre versant de la vallée. II était assis là-haut, tenant son bouclier, et il la regardait.

Kuniya l’interpella et l’interrogea au sujet de son neveu. Mais, pour toute réponse, il se mit à rire. Kuniya sentit la colère monter en elle et commença à danser. Elle ramassa une poignée de sable et la jeta à terre dans l’espoir de se calmer. Puis elle ramassa une autre poignée de sable et la jeta sur le versant de la vallée. (On peut encore voir la tache noire à l’endroit où elle le jeta. La légende veut qu’aux endroits où le sable tomba, les buissons anguli et les spear vines qui poussaient là furent empoisonnés.) L’homme Liru observa les gestes de Kuniya et se remit à rire. Kuniya saisit alors son wana, ou bâton à fouir, et frappa l’homme Liru sur la tête. Vous pouvez voir l’entaille dans le rocher à l’endroit où elle l’a frappé. Vous pouvez même voir la tache laissée par le sang qui s’écoula de la blessure. Sa colére était telle qu’elle le frappa à nouveau. C’est l’énorme fissure à gauche de la première l’endroit où les figuiers poussent aujourd’hui. Cette fois, l’homme Liru s’affaissa, mort. Son bouclier tomba par dessus les rochers à gauche et se changea en pierre.

Kuniya transporta son neveu dans la vallée, prés du point d’eau, et tous deux furent changés en Wanampi, ou serpents arc-en-ciel. Ils vivent ici aujourd’hui, dans la gorge au-dessus de l’eau, et ils veillent sur le point d’eau. Si celui-ci vient à se dessécher, les Wanampi font tomber la pluie et le remplissent. Quand il pleut, ils sortent de la gorge et explorent les dunes.

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Article mis à jour le 19 novembre 2018