On a rien vu de l’Outback tant que l’on n’a pas posé le pied dans l’une de ces trois merveilles de la nature. Et une fois n’est pas coutume, la plus connue des trois n’est pas la plus remarquable. Évidemment, impossible d’aller en Australie sans un passage par l’emblématique rocher rouge.

N’en déplaise aux anti-attractions-supertouristiques, il serait absurde et surtout dommage de passer à côté. D’autant que même si les aborigènes semblent avoir déserté les lieux, ils en disent long sur l’histoire et les croyances de ce peuple, au même titre que la politique du gouvernement australien qui persiste à laisser les visiteurs escalader le monolithe pourtant sacré.

Alice springs
Welcome to Alice Springs

Mais d’abord, un petit tour à Alice Springs, petite ville sans grand intérêt en plein centre de l’Australie, qui constitue le point de départ des attractions majeures du centre rouge, et qui permet de se loger à prix raisonnable. Notre cher van ayant été vendu à Darwin, nous nous trouvons une petite chambre au Desert Rose Inn pour 50 $, avec douche, réfrigérateur et climatisation. Derrière cet hôtel sans prétention, on retrouve des prestations plus que correctes, avec WiFi illimité et gratuit, le tout dans des locaux immaculés. Une petite affaire donc. Hormis ce bon deal, la ville semble un peu éteinte, exceptée peut-être sur Todd Mall, son artère piétonne qui regorge de petits restaurants et magasins de souvenirs. On vous conseille d’ailleurs le Red Ochre Grill où l’on a copieusement déjeuné à deux pour 50 $ avec une bouteille de vin et une montagne de tapas à partager. Un régal ! Pour les plus curieux, ils proposent aussi une assiette très « couleur locale » avec des brochettes de kangourous, un steak de chameau et des nuggets de crocodile. Et bon appétit !

Pour notre dernière escale en Australie, on songe à louer un 4×4 pour profiter au maximum des paysages sauvages alentour. Mais à 700 $ les trois jours (sans l’essence) avec Wicked Campers, on ravale vite notre ambition pour nous tourner vers un tour organisé. On les avait soigneusement évités jusqu’à présent, mais cette solution s’impose par son prix et surtout son côté pratique. Après 4500 km dans le désert, et près de 25 000 km à travers le continent, on est ravis de se faire trimbaler pour une fois. On choisit donc de faire confiance à Emu run, chaudement recommandé par Trip advisor, qui propose un tour de trois jours entre Uluru (Ayers Rock), Kata Tjuṯa (The Olgas), Warrtaka (Kings Canyon) pour 350 $ par personne, nourriture et entrées des parcs comprises. Et on ne sera pas déçus…

Uluru (Ayers Rock)

Départ à 6 heures du matin le premier jour, pour 500 km direction Uluru  avec notre petit groupe de 20 personnes (dont six Français, il semble que ce soit la proportion minimum en ce moment) et notre guide Ryan, sosie officieux de Leonardo DiCaprio. Arrivée vers midi au Centre culturel aborigène, où il n’y a aucun aborigène… Mais soit, nous lisons et apprenons davantage sur l’histoire du lieu, les mythes qui l’entourent, et le système de croyances du peuple. L’heure aussi pour un sandwich frugal qui nous fait un peu peur pour la suite du séjour, mais qui heureusement ne se reproduira plus. Après un peu d’histoire avec notre guide, on a trois heures libres pour faire le tour du rocher si on le souhaite, et le gravir pour ceux qui choisissent d’ignorer l’offense au peuple aborigène. La marche n’a rien d’exceptionnel si ce n’est la possibilité d’admirer l’imposant rocher sous toutes les coutures et apprécier l’incroyable beauté de ses aspérités. Et au bout du chemin il est déjà temps de se poster sur la plateforme d’observation du coucher du soleil, heureusement suffisamment grande pour accueillir le millier de spectateurs qui ont eu la même idée. C’est parti pour une heure de spectacle pendant laquelle le rocher passe par différentes couleurs et nuances avant de se fondre dans la nuit. Le champagne et le pad thaï concocté par notre guide viennent agrémenter le plus célèbre des couchers de soleil. Il est temps de retourner à notre camp où nous passons notre première nuit à la belle étoile. Ou plutôt, aux millions d’étoiles puisque c’est la Voie lactée entière qui s’offre à nous dans l’obscurité du désert. On ne veut pas fermer les yeux.

Uluru
Uluru – Ayers Rock

Kata Tjuta (The Olgas)

Réveil avant l’aube pour garder le rythme. Cette fois le soleil nous attend du côté des Olgas. Les 36 dômes rouges de cette chaîne montagneuse s’étendent sur près de 22 km2. Si les premières lueurs du jour donnent à se paysage des airs fantastiques, il ne faut surtout par manquer la randonnée de la Valley of the winds. Au cœur du massif, le sentier sillonne au milieu de reliefs et paysages plus étonnants à chaque pas. On se croit dans un film lorsque l’on découvre cette succession de monts ronds et rouges, recouverts d’un tapis vert à leurs sommets. On ne veut plus partir, et l’on verrait bien la maison de ses rêves perchée sur l’une de ses montagnes. La vue est tout simplement magique. Encore sous l’envoûtement du lieu, on a le droit à un barbecue express emballé dans des wraps. Juste de quoi nous faire ronfler vers la route qui nous emmène vers le Kings Canyon et nous faire tenir jusqu’à notre camp et prochain barbecue, cette fois gargantuesque avec du bœuf, du poulet et du kangourou. Il est déjà temps de dormir, toujours sous les étoiles.

Kata Tjuta - The Olgas
Kata Tjuta – The Olgas

Warrtaka (Kings Canyon)

Pas le temps de rêver, les premières lueurs nous emmènent dans les gorges du Kings Canyon. Et encore une fois c’est l’émerveillement. Toujours dans un rouge intense, la roche s’élève par palier, comme empilée, formant ça et là ce qui pourrait ressembler à des villages de pierres, avant de plonger dans un vide vertigineux. Là encore on en prend plein les yeux et on se demande pourquoi on fait tout un tabac d’Uluru alors que ses voisins sont tellement plus impressionnants.

Kings Canyon
Kings Canyon

De retour à Alice Springs, notre guide désormais adoré nous invite à le rejoindre dans un pub/restaurant d’Alice pour arroser la fin de notre séjour. Et côté arrosage, notre si professionnel Ryan sait de quoi il parle. Dans un autre style, mais tout aussi sympa, on va avoir le droit à un véritable show de ce dernier, qui nous embarque dans une sacrée cuite à coups de shots toujours plus forts. Une bonne excuse pour ne rien faire le lendemain, et profiter de nos lits douillets.

Ryan, notre guide
Ryan, notre guide

Mais avant de nous envoler pour Sydney quelques jours plus tard et boucler la boucle de ce voyage, on s’offre un dernier gros plaisir : voler ou plutôt flotter en montgolfière au-dessus du désert. Gros plaisir, car pour goûter à cette sensation unique, il vous en coûtera 400 $ par personne avec Outback ballooning pour une heure de vol. Mais c’est pour ce genre de folies qu’on a trimé pendant deux mois juste avant, alors on fonce, à cinq heures du matin cette fois, pour gonfler notre gros ballon. Comme c’est l’hiver, les nuits du désert sont presque glaciales, et on attend avec impatiences l’allumage pour pouvoir se réchauffer et décoller une heure plus tard.

Montgolfière
Gonflage de notre montgolfière

À peine au-dessus du sol, la sensation est incroyablement douce, on a vraiment le sentiment de flotter très doucement et l’ascension est fluide. Le jour se lève et avec lui quelques familles de kangourous qu’on a le privilège de voir courir à travers le désert plat depuis notre perchoir. Seul bémol, c’est plat tout le temps et l’on se lasse vite du paysage. On aurait aimé se rapprocher des reliefs et voir un peu plus d’animaux, car au final le vol est plutôt monotone au-dessus de ce paysage aride. Pour nous consoler, encore des gourmandises et des bouteilles de champagne nous attendent à l’arrivée. Les bulles et l’alcool piquent un peu à 9 heures du matin, mais on ne se lasse pas de s’enivrer, d’une façon ou d’une autre…

Nos photos du désert australien

Uluru, Kata Tjuta, Warrtaka, les secrets du désert rouge
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Article mis à jour le 19 novembre 2018