Après une dizaine de jours sur une île paradisiaque à Rosario, une nuit de bus et, hop ! Nous voilà à Mendoza. Petite ville au pied des Andes, Mendoza est connue pour des choses plutôt sympas : les vignes et les bodegas (caves à vin), l’Aconcagua (le plus haut sommet des Amériques) qui n’est qu’à quatre heures de bus, et sa population jeune et relax. C’est l’endroit parfait pour passer quelques jours de vacances bien méritées : entre deux expéditions qui en mettent plein les mirettes, le rythme tranquille de la ville permet de se ressourcer en toute quiétude.

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Voie ferrée désaffectée près du parc de l'Aconcagua, sur la Cordillère des Andes, à Mendoza, en Argentine.

Voie ferrée désaffectée près du parc de l’Aconcagua, dans la Cordillère des Andes.

Mendoza, on y est resté pas loin de deux semaines. Pas seulement parce que la ville est sympa, mais surtout parce qu’on a tous les deux choisi la capitale du vin pour avoir des soucis de santé.

À notre premier passage, j’ai passé trois jours allongée avec de la fièvre — et autres symptômes un peu gênants dont, par souci de dignité, je garderai les détails par-devers moi. Tandis que j’agonisais (non, aucun sens de l’exagération), seule dans mon lit, Romain montait régulièrement dans la chambre pour m’annoncer tour à tour que les gens de l’hostel préparaient la fiesta canibal d’America latina (???), ou que, d’après Doctissimo, j’avais la fièvre jaune et que j’allais probablement mourir dans la demi-heure. La fête a bien eu lieu, mais sans l’option cannibalisme, et je ne suis finalement pas morte de la fièvre jaune… Mais quelques semaines après, lors de notre deuxième passage par Mendoza, c’est Romain qui a passé trois jours avec une rage de dents, jusqu’à ce qu’un dentiste trouvé au coin de la rue, accessoirement fan de l’équipe de France de rugby et de Carla Bruni, lui arrache purement et simplement la molaire gauche — avec en fond sonore la chanson « Quelqu’un m’a dit ». Double douleur.

Le point positif de toutes ces histoires, c’est qu’en plus d’avoir des réducs pour grande fidélité à l’hostel, tout ce temps passé à Mendoza nous a permis de l’explorer dans ses moindres recoins… Voici donc notre sélection des incontournables lors d’une visite à Mendoza !

1 — Aller voir l’Aconcagua, le plus haut sommet d’Amérique latine

L'Aconcagua vu du parc, près de Mendoza, en Argentine

L’Aconcagua, presque 7000 mètres d’altitude.

Première activité incontournable à Mendoza : aller voir l’Aconcagua. Plus haut sommet des Amériques, l’Aconcagua culmine à 6 962 mètres de hauteur — à côté, notre Mont-Blanc et ses 4 809 mètres ont l’air d’une petite colline.

Mal de l'altitude : être attentif... Sans paniquer !

Le mal de l'altitude regroupe plusieurs symptômes : nausées, vertiges, céphalées, irritabilité, insomnies ou fatigue. Vous les ressentirez forcément, et c'est normal. Sachez seulement que parfois (rarement !), le mal de l'altitude peut dégénérer en affections plus graves... Notre conseil : pas de panique, restez simplement attentifs à vos ressentis, et n'hésitez pas à parler à quelqu'un si vous sentez que ces symptômes sont anormalement persistants et/ou intenses.

Les plus déglingos (et/ou sportifs) d’entre vous pourront tenter de braver les effets secondaires de l’altitude pour escalader l’Aconcagua. Pour notre part, on s’est contentés de se balader au pied, dans le parc de l’Aconcagua ; et franchement, c’est déjà un vrai moment de bonheur.

Car l’Aconcagua, couvert de neige même en été, se dresse au milieu d’un paysage poussiéreux, assommé de soleil, traversé de routes interminables. Ajoutez au paysage la vieille ligne de chemin de fer désaffectée que nous avons longée, les quelques gauchos montés sur un cheval que nous avons croisés, et autant vous dire que l’expérience est à couper le souffle — littéralement, puisqu’on est quand même à 2700 mètres d’altitude.

Gauchos le long de la voie ferrée, à l'Aconcagua, Cordillère des Andes, près de Mendoza enArgentine

Non, ce n’est pas le tournage d’une adaptation ciné de Lucky Luke… Mais la vie quotidienne au pied de l’Aconcagua.

Comment aller à l’Aconcagua ?

  • Depuis le Terminal de Mendoza, prendre un bus en direction de Puente del Inca.
  • Comme le trajet dure 4h, on vous conseille de vous lever tôt : pour bien profiter de la journée, le mieux est de prendre le bus de 6 h ! Tous les horaires des bus sont ici.
  • Le bus peut vous amener jusqu’à l’entrée du parc Aconcagua. Par erreur, on est descendus au village de Puente del Inca… Et franchement, c’était une chouette erreur : on a ainsi pu explorer le (tout petit) village puis marcher le long de la voie ferrée pour rejoindre le parc… On vous conseille donc de vous tromper vous aussi !
Que faire à l’Aconcagua ?

  • On le répète, la balade le long de la voie ferrée désaffectée vaut le détour
  • En chemin, prendre la peine d’aller voir de plus près cet étrange bus abandonné et tagué, qui trône, seul, au pied de la montagne…
  • Aller voir le Puente del Inca : une arche naturellement sculptée, situé à la sortie du village éponyme.
  • Visiter le parc de l’Aconcagua. Il est petit, mais c’est une bonne manière d’approcher le mastodonte et de profiter d’un peu de calme. Et, bonne nouvelle, le circuit est quasi plat : je vous garantis qu’à 2700 mètres d’altitude, ça compte.
Crème solaire, chapeau, bouteille d'eau et bon manteau obligatoires !

On est ici dans un climat hostile : des terres sèches, un soleil qui vous assomme, une altitude qui vous épuise et un vent qui vous glace. C'est magnifique, mais ça nécessite un équipement de base : de la crème solaire, un chapeau, un manteau et une gourde d'eau sont l'équipement minimum !

Bus sur la route du parc Aconcagua, dans la Cordillère des Andes, près de Mendoza en Argentine

Improbablement poétique.

2 — Visiter une bodega et goûter le vin argentin

Mendoza est une étape incontournable de la route des vins. C’est notamment dans cette région qu’est produit le Malbec, la star des vins argentins. La ville a donc développé tout un tourisme autour du précieux breuvage : les bodegas, lieux de production des vins, ouvrent leurs portes et proposent des visites avec dégustation des produits.

Vous verrez qu’il existe des centaines de bodegas. Pour notre part, on a opté pour la Bodega López, qui propose la visite et la dégustation gratuitement. Si le choix a d’abord été fait par pure radinerie (hé, on voyage un an en PVT, il faut mettre des oursins dans le porte-monnaie !), on a tout de même été ravis. Pour ceux qui, comme nous, ne connaissent rien de rien à la production de vin, c’est très instructif : on y voit les immenses machines et leurs tuyaux infinis, les tonneaux gigantesques, on nous explique le parcours du vin, comment se forme le goût, la manière dont on le fait vieillir… Et la visite se termine sur une dégustation d’un blanc, et d’un rouge.

La Bodega López est l’un des plus touristiques. Si vous cherchez quelque chose d’un peu plus confidentiel et familial, vous pouvez opter pour la Bodega Carinae. D’après les amis qui nous l’ont conseillée, la visite y est assez informelle, et faite par des passionnés capables de parler de vin pendant des heures…

Comment aller voir les bodegas ?

  • Prendre un train direction la ville de Maipú, qui se situe à 15 kilomètres de Mendoza.
  • Une fois à Maipù, beaucoup optent pour la location de vélo : en deux roues, vous pourrez facilement aller d’une bodega à l’autre, en plus de parcourir le petit village et ses routes poussiéreuses. Pour louer un vélo, rien de plus simple : en descendant du train, vous tomberez tout de suite sur des petits magasins dont c’est le commerce principal.
  • Attention : si vous souhaitez louer un vélo, veillez à ne pas arriver à Maipú entre 14h et 17h — l’heure de la sieste… Beaucoup de commerces sont fermés !

3 — Se promener dans le centre-ville de Mendoza

À Mendoza, la flânerie aléatoire réserve bien des surprises : une élection de miss Mendoza par-ci, une manifestation pour la réouverture d’un musée par là, un concert avec danses folkloriques…

Comme presque toutes les villes argentines, Mendoza est construite autour d’une place centrale, la plaza Independencia (très vivante). Autour gravitent la plaza España et ses faïences héritées de la colonisation, la plaza Italia, la plaza Chile et, évidemment, la plaza San Martín — du nom du héros national. Une fois que vous aurez repéré ces quatre places, vous devriez pouvoir vous orienter dans la ville sans problème.

Quelques idées de farniente nomade :

  • Chiller sur la plaza Independencia. On peut rester des heures ; elle est très animée, et il y a toujours quelque chose à regarder, entendre, sentir ou manger.
  • En profiter pour parcourir le paseo Sarmiento : une des seules rues piétonnes de la ville, avec cafés, restaux, glaciers et pizzerias.
Notre coup de cœur catégorie café :

  • Le Beirut, avec ses tables et chaises de toutes les couleurs, et la petite place très mignonne juste à côté. Il est un peu à l’extérieur du centre-ville.
  • Pour d’autres adresses, on vous conseille d’explorer ce top 10 de Tripadvisor : certains ont l’air pas mal du tout !
Où trouver des infos ?

  • Pour être informés des événements dans la ville, veillez l’agenda culturel de la ville de Mendoza : en cas de concours de miss ou de démo de danse folklorique, c’est là que vous trouverez tous les détails pratiques !

4 — Prendre l’air au parc San Martín

Le parc San Martín est un véritable poumon de verdure : un circuit de 17 kilomètres de chemins, des arbres, toutes sortes de plantes, un lac… Et bien sûr, quelques vendeurs de glaces — l’été en Argentine sans helados, ça n’existe pas.

C’est un endroit très agréable, surtout si, comme nous, vous êtes à Mendoza pendant l’été. Dans la chaleur étouffante de la ville (40°C), s’allonger au pied d’un arbre est le seul moyen de se rafraichir (un peu). Il n’y a rien de spécial à y faire, mais se vautrer dans l’herbe avec un bon livre et un maté devrait suffire à un bonheur absolu.

Petite anecdote au passage : en venant du centre, vous traverserez l’avenida Boulogne-sur-Mer… Elle est baptisée ainsi car José de San Martín, le libérateur de la patrie argentine et héros national, est décédé dans la petite ville française. Il est d’ailleurs possible de visiter sa maison — transformée en musée — à Boulogne-sur-mer.

Comment se rendre au parc San Martín ?

  • Depuis le centre de Mendoza, allez-y à pied : ce sera l’occasion de se balader dans la ville. Pour vous donner une idée, depuis la Plaza Independancia, il y en a pour environ 20 minutes. Voir l’itinéraire ici.

5 — Voir la ville d’en haut depuis le mirador

« Mendoza, ville blottie au pied des Andes »… Certes, mais vu la platitude du lieu, on n’en profite pas forcément, de la vue sur les Andes. On vous invite donc à prendre de la hauteur depuis la Terraza Jardín Mirador, un toit-terrasse situé en haut du bâtiment de la mairie. De là-haut, on peut admirer toute la ville, et les montagnes au loin…

Vue depuis la terraza mirador de la munipalité de Mendoza, en Argentine

Mendoza vue du mirador… Bon, le temps n’est pas au top, mais ça permet de se faire une idée de l’étendue de la ville !

Comment aller au mirador ?

  • Depuis le centre, rendez-vous à pied au numéro 500 de l’avenue 9 de julio.
  • En principe, le toit-terrasse est ouvert le matin jusqu’à la mi-journée, puis en début de soirée : tous les horaires sont ici. L’entrée y est gratuite.
  • Des événements y sont parfois organisés ; ils sont annoncés sur le site de la ville de Mendoza.

6 — Manger un superpancho au marché

Le marché de Mendoza est une grande halle couverte, avec toutes sortes de stands : légumes, poissons, viande, jambons accrochés au plafond, épices. Ça et là, des restaurants proposent petite et grande restauration, à table ou au comptoir. Parmi les propositions, le superpancho : un hot-dog (pancho), mais version « super ».

Il faut qu’on vous l’avoue : le superpancho n’est pas vraiment à ranger dans la catégorie « gastronomie fine ». Globalement, c’est juste du pain brioché — industriel — dans lequel on a mis une Knacki, le tout copieusement arrosé de mayonnaise et de papas fritas (une sorte de chips en forme de mini-frites). Malgré tout, le superpancho est vite devenu un petit plaisir cheap que l’on s’est offert tout au long de notre voyage, pour trois (bonnes) raisons :

  • Il a un nom marrant
  • C’est un classique de la nourriture de rue en Argentine. On l’a même trouvé au pied de l’Aconcagua, pour vous dire !
  • Le superpancho mangé au comptoir constitue un prétexte parfait pour observer la vie locale. Ce qui est, de loin, notre passe-temps favori en voyage.

Alors d’accord, le superpancho ne figure pas dans notre sélection des bonnes choses à manger en Argentine, et c’est bien normal. Par contre, il est sans conteste numéro 1 sur notre liste de « la mauvaise nourriture qu’on prend tellement plaisir à manger » en Argentine…

Superpancho à Mendoza, en Argentine.

Notre premier superpancho, à Mendoza. Émotion gustative.

Comment aller au marché ?

7 — Visiter la Legislatura de Mendoza

C’est par hasard que nous sommes un jour entrés dans la Legislatura de Mendoza, située sur le Paseo Sarmiento. Le bâtiment est classé au patrimoine culturel de la province, mais il est surtout intéressant pour son rôle dans la vie locale : c’est là que réside le pouvoir législatif de la province de Mendoza.

La visite est une bonne occasion d’effleurer l’histoire politique locale : les différents gouverneurs de la province, les blasons, l’indépendance du pays, le rapport à la colonisation… Avec, en prime, une petite incursion dans la salle où siègent les députés et sénateurs.

Comment visiter la Legislatura ?

  • Les horaires des visites ne sont pas définis. L’équipe de la Legislatura conseille de se rendre à l’accueil entre 9h et 14h, et de voir sur place quand est la prochaine visite. Si besoin, le mail de contact est sur le site de la Legislatura.
  • La visite est gratuite et peut se faire en espagnol ou en anglais — à la demande des différents participants.

Bonus : faire une escapade à Uspallata

À deux heures de Mendoza, sur la route de l’Aconcagua, une jolie petite ville est blottie dans la verdure. Par son contraste avec les horizons poussiéreux du reste des Andes, elle ressemble à une oasis au milieu d’un désert : c’est Uspallata. Malgré sa petite taille, c’est une ville assez dynamique. Beaucoup de jeunes citadins y ont élu refuge, et déploient leur énergie à lancer des projets de festivals, de monnaies alternatives (le tunduque) ou d’agriculture… Mais surtout, Uspallata nous a plu pour ses paysages magnifiques : posée au milieu d’un immense plateau dominé par les Andes, elle est le seul coin de verdure sur la route de l’Aconcagua.

Uspallata, oasis au creux des Andes, Argentine

Uspallata, oasis au creux des Andes. C’est pas mal comme réveil, non ?

Il n’y a pas grand chose à y faire, mais on vous conseille un programme tout simple : camping, balades à pied, petites randos autour de la ville (comme la balade du Cerro la Cruz que l’on a pas faite mais qui a l’air très chouette…). On vous garantit une ambiance de plénitude totale.

Infos pratiques : logement, climat

Où dormir ?

  • Nous vous conseillons l’Hostel Internacional. D’abord parce qu’il est pas cher, ensuite parce que sans être luxueux, il est assez bien fait (grandes salles communes propices à la rencontre, billard, chambres avec salle de bain), enfin parce que le personnel est très sympathique et arrangeant.
  • Le petit détail qui change tout : sachez que l’Hostel International a une petite piscine. Utile (voire vital) par 40°C !
  • Seule réserve : il semblerait qu’un bar ait ouvert dans la salle commune. À voir si ce n’est pas désormais trop bruyant…
Quand aller à Mendoza ?

  • Bon, on a survécu à l’été… Mais on vous conseille d’y aller plutôt au printemps (septembre-octobre) ou en début d’automne (mars – avril). Car en plus de la chaleur étouffante et franchement insupportable de l’été austral, l’activité est très ralentie : la ville est littéralement endormie entre 14h et 17h.
  • À ne pas manquer : entre fin février et début mars a lieu la Fiesta Nacional de la Vendimia, la fête de la vigne. Pour info, le National Geographic l’a citée comme la deuxième fête des récoltes la plus importante du monde, juste derrière Thanksgiving aux États-Unis.
  • Si vous décidez de monter un peu plus haut dans les Andes, attention aux changements de température : il fait très chaud la journée mais il peut vite faire froid quand le soleil se couche.
Sur la ligne de train désaffectée près de l'Aconcagua, Cordillère des Andes, Argentine

Bonus : près de l’Aconcagua, on peut même jouer aux cowboys…

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Article mis à jour le 9 août 2018