Vous ne rêvez pas, nous sommes vivants et encore capables d’écrire un article ! Après ce long silence radio (pour ceux qui ne nous suivent pas sur Facebook), vous songiez peut-être à une rencontre tragique avec une des centaines d’espèces mortelles que compte l’Australie. Que nenni ! On a simplement trouvé un job, deux familles à connaître, une ferme à entretenir et une maison pour dormir. Avant vous raconter comment on a trouvé le job et le plan wwoofing idéal pour des backpackers en Australie, revenons d’abord sur le petit coup de pression qui l’a précédé…

Trouver un job sur Adélaïde, mission compliquée

De retour de Kangaroo Island début novembre, nous étions… vous savez, comme dans nos leçons d’anglais : « Break, Broke, Broken ». Fauchés donc, pour les moins à l’aise avec la langue de Shakespeare. Un énième coup de fil à notre liste de contacts dans les fermes de cerises nous confirme qu’il faudra encore patienter une ou deux semaines avant que ces demoiselles ne soient prêtes à tomber dans notre panier.

Qu’à cela ne tienne, on profite de notre temps libre pour visiter le Coorong National Park et flâner le long des plages de la Fleurieu Peninsula comme la fameuse Carrickalinga.

Consultez aussi : Photos de la Fleurieu Peninsula

On profite, mais… on aimerait bien être sûr d’avoir quelque chose avant la fin du mois, histoire de ne pas se retrouver sur la paille. On pense pourtant avoir tout fait pour trouver le job : des dizaines de coups de fils et candidatures aux fermes alentours, des heures passées sur Gumtree, Seek ou Jobsearch et même un tour dans les agences d’intérim d’Adélaïde… Bref, deux semaines après notre retour, toujours rien et pire encore, la courte mission d’intérim qu’on avait trouvé en dépannage sur Adélaïde est annulée au dernier moment… C’est la goutte d’eau, on est lassé, fatigué et il faut le reconnaître un peu angoissé jusqu’à ce coup de fil providentiel du 22 novembre.

– « Hi it’s Peter Briggs, are you available tomorrow 8 am ? » -« Yes we are !!! »

Coorong National Park
Heureusement, il fait bon au Coorong National Park

Cueillette de cerises dans les collines

Peter, 68 ans, c’est le propriétaire d’une ferme de cerises dans les Adélaïde Hills où l’on vient de passer un peu plus d’un mois à travailler. Mais avant de devenir notre boss, on n’a pas lésiné sur les appels téléphoniques, les échanges de mail. On est même allé jusqu’à lui dire qu’on était prêt à travailler tous les jours ou à l’inverse pas du tout quand il nous a gentiment écrit qu’il privilégiait normalement les étudiants et les Australiens. Oui, ça sentait mauvais et pourtant, on ne regrette pas une seconde. Car Peter Briggs s’est avéré être adorable au travail comme à la vie, une patte comme on dit. Et ce dernier, voyant qu’on était très motivés et fauchés, nous a fait travailler tous les jours. Résultat des courses : beaucoup de travail, beaucoup de bons moments avec toute la team et 6000 $ pour renflouer notre compte et poursuivre.

Cherries picking - Adelaide Hills
La belle équipe de cueilleurs de cerises – Adélaïde Hills

On a été adoptés par deux familles

Mais le cherry picking, ce n’est que la moitié de l’histoire. Car une fois le boulot en poche, il fallait trouver où dormir. Le camping le plus proche à 20 km et 200 $ la semaine, ça faisait beaucoup de temps et d’argent pour avoir une douche quotidienne.

C’est à ce moment-là qu’on trouve le plan parfait sur Helpx : Stuart & Val proposent en échange de quelques heures de travail dans leur (superbe) jardin le gîte (privé) et le couvert à quelques kilomètres de notre ferme de cerise. On rencontre Stuart, il nous montre sa propriété (immense) et apparemment on fait l’affaire puisqu’il nous explique qu’on devra travailler un peu chez lui et un peu chez ses voisins. On ne comprend pas tout ce qui se passe, mais on le suit gentiment pour rencontrer Peter & Sally et découvrir notre cottage privé... 130 m2, trois chambres deux salles de bain, bref, on hallucine. On est invité le soir même pour le barbecue de bienvenue, duquel on repartira la panse gonflée de viande et de bon vin et les mains pleines de nos courses pour la semaine. À ce moment-là, on réalise qu’on vient probablement de trouver le meilleur plan wwoofing d’Australie. Les deux propriétés dans lesquelles nous travaillerons chaque jour après les cerises sont imposantes et rivalisent d’équipements en tout genre pour la ferme, le jardinage, mais aussi pour la détente comme la piscine couverte et chauffée. Non, nous ne sommes décidément par dans n’importe quelle famille australienne. Celles-ci ont des moyens que l’on n’oserait pas imaginer ou qu’on pensait réservés aux films américains. Mais malgré toute la distance que pourrait mettre ce gouffre financier entre nous, c’est tout le contraire qui s’est produit.

Farm job Australia Helpx Adelaide
Notre quotidien de gardien de vaches – Helpx Adélaïde

Immersion totale chez les Aussies

Entre la cueillette de cerises, le travail dans les propriétés de nos « familles d’accueil », les apéros, les dîners, on ne parlait français plus que dans nos rêves, et encore. On ne vous mentira pas, c’était parfois très très fatigant : longues journées de travail, pas de jours de repos, effort constant pour comprendre et parler. Mais ça valait le coup ! On se souviendra des matinées à chanter en anglais dans les vergers de cerisiers, entendant pour la première fois des gens qui connaissent vraiment les paroles (je vous jure que ça surprend). On en a passé du temps à leur apprendre à jurer en Français (« Ferme ta putain de gueule » c’était leur favori) ou à dire « Antonin » (ils n’y arrivent toujours pas). Il y a eu aussi la découverte du pub local, les conversations carrément olé olé avec Peter & Sally. On a même été invités à passer Noël avec eux, leur famille et amis… Bref, ce n’est pas qu’une légende, l’Aussie est friendly.

Notre maison dans les hills
Notre maison dans les Hills

Toutes nos photos des Adélaïde Hills

Wwoofing et cherries picking dans les collines
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Article mis à jour le 19 novembre 2018