Si les foules de Tokyo ou de Kyoto commencent à vous monter à la tête, rien de tel qu’une escapade dans la campagne japonaise, si reposante, si inspirante. La randonnée de Magome à Tsumago fait partie de ces sorties qui vous font un bien fou ! Est-ce grâce au charme préservé des deux villages, à l’atmosphère de la campagne et des forets dans lesquels on plonge pendant la randonnée ? Probablement un mélange de tout ça ! Si vous voyagez entre Tokyo et Kyoto, on vous conseille plus que fortement une escale dans cette merveilleuse vallée de Kiso.

Tokyo à Magome : marathon des transports

17 Mars 2018. Après 6 jours de crapahutage intensif à Tokyo et le jetlag enfin oublié, Magome est notre première escale dans la campagne japonaise. Enfin avant le calme du village, c’est un peu la tempête des transports qui nous attend. Pas vraiment parce que les transports japonais sont compliqués (c’est même l’inverse, heureusement pour nous), mais parce que notre planning est serré comme un string japonais ! Voyez plutôt…

8 h 00 : Arrivée à l’immense gare de Tokyo. Activation de nos précieux JRPass

8 h 24 : Première expérience du Shinkansen (le TGV japonais, quel bonheur !)

8 h 33 : Départ du train à la seconde prêt, comme les dizaines d’autres trains qui suivront d’ailleurs

10 h 17 : Changement à Nagoya pour Nakatsugawa, trop facile grâce à Hyperdia

10 h 20 : Dégustation de notre premier Bento de train. Mais comment font-ils pour que ce soit si bon !!

12 h 12 : Place au bus, pas luxueux, mais la qualité de service reste dingue ! Le trajet vers Magome, au fil des villages et de la rivière, commence déjà à faire rêver.

13 h 35 : Arrivée dans notre premier Ryokan à Magome : découverte de l’hospitalité japonaise, de notre premier Tanuki, des chambres typiques avec futon et des habits traditionnels

14 h 15 : Hop hop, on ne s’endort pas, place à la marche vers Tsumago (8km environ), le repas est à 18 h pétante dans notre Ryokan.

Ouf, vous êtes essoufflé ? Nous l’étions un peu aussi ! À la question : peut-on faire la Nakasendo trail en partant le matin de Tokyo ? La réponse est oui, nous en sommes la preuve vivante. Est-ce conseillé ? Mvoui, avec une petite journée de plus, vous serrez peut être un peu plus confort.

Consultez aussi : De Magome à Tsumago : infos pratiques pour parcourir le Nakasendo

Bento du train Japon

Les petits Bento à déguster dans le train, mais quel régal !

L’expérience de la Nakasendo trail

Au départ de Magome, on démarre directement en cote. Le village a été construit à flanc de colline, offrant à la plupart des habitations une vue grandiose sur la vallée. Pour démarrer la Nakasendo, il faut emprunter la route pavée qui mène au sommet du village. Parfait pour échauffer les molets ! On passe le long de bâtiments magnifiques : les maisons en bois traditionnelles ont pour la plupart été transformées en petites auberges et autres boutiques. À l’image du Japon, le village est d’une propreté immaculée et semble faire symbiose avec la nature environnante. Bordé de petites voies d’eau dans lesquelles on pourrait probablement boire, on remonte le long d’un chemin pavé jusqu’au sommet du village. Au fur et à mesure que les pavés disparaissent, la foule (pas très nombreuse à cette période de l’année) s’évanouit elle aussi pour notre plus grand bonheur.

village de Magome

Vue sur les montagnes depuis Magome au petit matin. Inspirant, non ?

Au final nous ne croisons que 3 ou 4 groupes de marcheurs sur toute la Nakasendo, l’effort semble en calmer plus d’un ! Pourtant ce petit effort en vaut largement la chandelle. La marche de 8 km, pas bien difficile je vous rassure, offre une jolie diversité de paysages. Sous nos yeux se succèdent forêts de pins et de cèdres, petites zones agricoles et forêts de bambous. Sous nos pieds, on multiplie aussi les changements de surface : pavés, bitume tacheté, terre, chemin de pierre et sable, votre semelle goûte à tout ! Ce petit bout de Nakasendo n’est pas une particulièrement spectaculaire, mais on ne s’y ennuie pas une seconde grâce à la nature qui prend un nouveau visage à chaque virage. Et que dire des constructions sur place : c’est simple, discret. S’il y a bien un domaine où le japonais excelle, c’est dans l’harmonie de ces interventions avec la nature. On a l’impression de plonger dans l’univers de plusieurs pépites des studios Ghibli, juste ce qu’on cherchait en allant au Japon !

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La Nakasendo : route des marchands et des samouraïs

La Nakasendo est l’une des 5 routes qui reliaient Edo (aujourd’hui Tokyo) à Kyoto à l’ère féodale (ère d’Edo, 1603 - 1868). D’une longueur totale de 533 km, Magome et Tsumago étaient alors les 42e et 43e étapes du trajet qui comptait 69 villes étapes. Nakasendō peut se traduire par « la route à travers les montagnes centrales », par opposition aux autres routes qui passaient par le littoral japonais.

Première expérience en Ryokan

Il faut 30minutes de bus environ pour parcourir le chemin inverse de Tsumago à Magome. Juste le temps pour nous d’arriver un peu avant l’heure du dîner au Ryokan. La série des grandes premières commence alors : premier enfilage de Yukata. Mince il y a une manière précise de l’enfiler, je l’ai lu dans Kotchi-Kotchi, mais je m’en rappelle plus. Tant pis on verra âpres la douche. Ah non c’est vrai, pas de douches ici, on va découvrir ce que donnent ces fameux Onsens (bain chaud traditionnel japonais). Mais avant le grand bain, prénettoyage obligatoire, tout nu devant un miroir, installé sur un micro banc plastique. Très étrange au début, mais on finit par apprécier la méthode ! Une fois savonné et bien rincé, on peut s’installer dans le bain chaud. Prélassement parfait après cette grande journée d’allées et venues !

Yukatas enfilé à nouveau, place à l’une de nos festivités japonaises favorites : manger ! Dans la salle à manger traditionnelle, la table est déjà dressée. Forcément on avait bien 2 minutes de retard ! Une bonne douzaine de petits plats multicolores, aussi intrigants qu’appétissants nous attendent. Dans ce genre d’établissement, mieux vaut s’être dépensé avant le dîner. Bien installé sur nos « zaisu » (chaises traditionnelles japonaises posées à même le tatami), on attaque la dégustation. Si les textures peuvent surprendre, là majorité de ce qu’on déguste nous régale, on regrette juste de ne pas toujours savoir ce qu’on mange.

Après ce festin, je m’extirpe dans la rue de Magome pour une petite sortie nocturne. Le village est tout à moi, il n’y a plus un chat. L’occasion rêve de s’offrir une petite séance de lightpainting dans un décor assez mystique. On passera enfin notre première nuit dans une chambre à futon. Là encore, les craintes de gêne ou d’inconfort s’évanouissent immédiatement. Cette étape va définitivement nous rendre accrocs aux traditions japonaises !

Lightpainting nuit Magome Japon

Nuit noire, pas un chat. Il est temps de s’amuser avec les lumières du village

Le lendemain matin, c’est déjà l’heure du départ. Hiroshima et Miyajima nous attendent. Juste le temps de profiter des premières lueurs sur Magome, un spectacle délicieux que je vous conseille mille fois, et d’un petit déjeuner à nouveau gargantuesque. Cette étape aura rempli toutes ses promesses, la transition avec Tokyo nous a même donné l’impression de visiter un tout autre pays, ou de plonger dans une tout autre époque. Si vous aimez les traditions et la nature, vous pouvez vous rendre à Magome et Tsumago les yeux fermés !

Je vous donne d’ailleurs tous les détails pratiques pour vous y rendre et profiter du Nakasendo dans cet article.

Article mis à jour le 9 juillet 2018