Vous vous êtes enfin décidé à prendre la direction du Yukon pour un bout ou la totalité de votre PVT Canada, et, selon moi, vous avez bien raison ! Un territoire plein de découvertes s’offre maintenant à vous. Pour ne pas gâcher ce beau projet, il faut néanmoins trouver un endroit où se poser pour passer vos nuits. Qu’on se le dise de suite : la crise du logement ne touche pas seulement les grandes villes comme Vancouver et Toronto. Au Yukon, malgré une faible population, la demande pour un hébergement, même temporaire, est largement supérieure à l’offre ; entraînant une hausse des prix et des propriétaires plutôt pointilleux, tant ils ont le choix pour leurs futurs locataires. Bref, je vous ai préparé un petit guide (non exhaustif) du logement au Yukon. Il devrait vous aider à trouver votre coin de paradis dans le Grand Nord canadien.

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Alors, vous choisissez lequel de logement ? ©Kelly Tabuteau

Dormir à Whitehorse pour quelques jours

Si vous n’êtes que de passage au Yukon, Whitehorse sera très certainement votre premier point de chute. Et là, pas question de se ruiner dès votre arrivée ! La solution la plus économique est le Couchsurfing même si la communauté n’y est pas très développée. Reste alors l’auberge de jeunesse. Au nombre de deux, une seulement est accessible directement à pied depuis le centre-ville : The Beez Kneez Bakpakers. Dortoirs mixtes, chambres privées ou même cabine privée, il y en a pour tous les goûts. Comptez 35 $ pour un lit en collectivité ou 70 pour plus d’intimité.

Pour vous rendre à la seconde auberge, Hot Springs Campground & Hostel, il faudra être véhiculé puisqu’elle se situe à un peu plus de 30 kilomètres du centre-ville de Whitehorse. Même gamme de prix pour un hébergement en dortoir, il faudra cependant débourser davantage pour une chambre personnelle (125 $). Même si l’auberge est loin des musées et activités de la ville, elle vous permettra d’explorer la vallée Takhini, d’être sur le même site que les renommées sources thermales de Whitehorse ; et à seulement quelques kilomètres de la réserve faunique du Yukon.

Plus onéreux, viennent ensuite les Airbnb avec une variété d’offres qui répondra aux diverses attentes de n’importe quel voyageur, tant pour le confort, le type de logement ou le budget : chambre privée dans une maison, appartement de luxe ou chalet individuel !

Enfin bien sûr, vous pourrez aussi choisir l’un des hôtels de la ville. Je vous recommande le Coast High Country Inn, où le service est impeccable ! Ce n’est pas pour rien si William et Kate ont choisi cet hôtel lors de leur venue en septembre 2016, ou si c’est là que Justin Trudeau dort lors de ses voyages au Yukon. Autre option : les traditionnelles locations de vacances, qui contrairement à la France, offrent des séjours à la nuitée. Excentrées, elles offrent souvent un cadre bucolique, propice à l’observation des beautés du Yukon : faune sauvage ou aurore boréale. Mon coup de cœur : Sundog Retreat, à 20 minutes de route de Whitehorse. L’accueil est chaleureux, la propreté est au rendez-vous et le dépaysement est assuré (tout comme la déconnexion ! Il n’y a pas internet dans les chalets ; le wifi est accessible seulement dans les « parties communes » regroupant également jacuzzi et sauna).

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Le chalet Wolf Den de Sundog Retreat, un havre de paix. ©Kelly Tabuteau

Logements saisonniers au Yukon

Que ce soit à Whitehorse, la capitale du Yukon, ou à Dawson, la deuxième ville du territoire, de nombreuses opportunités professionnelles s’ouvrent quand l’été approche. Le nombre de logements disponibles reste cependant très bas, ne laissant que peu de choix pour les travailleurs saisonniers pour se loger : tente ou van… Le gouvernement du Yukon dispose de plus de quarante terrains de camping sur le territoire, avec toilettes sèches et mise à disposition de bois de chauffe pour seulement 12 $ la nuit. Cependant, votre durée de séjour est limitée à 14 nuits par période de 30 jours. Le plus proche de Whitehorse est localisé à une vingtaine de kilomètres (Wolfcreek campground). Un camping municipal (le Robert Service Campground) est accessible à 10 minutes à pied de la rue principale. Pour Dawson, il faut se rendre de l’autre côté du fleuve Yukon, à 3 minutes de marche après une traversée gratuite en ferry.

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En dehors de Whitehorse, le camping sauvage est bien sûr autorisé ! ©Kelly Tabuteau

Pour de plus longues périodes (et aussi pour davantage de confort : douche et borne électrique), rapprochez-vous des terrains de camping privés : les « RV Campground ».

PAS DE CAMPING SAUVAGE DANS LES LIMITES DE LA VILLE

Sachez qu’il est interdit de camper dans l’enceinte des limites urbaines de Whitehorse si ce n’est pas dans un terrain de camping prévu à cet effet ou en cas d’indication contraire, sous peine d’amende.

Il y a aussi des occasions pour trouver des logements saisonniers en « dur » pendant l’hiver. Ce sont souvent de grandes maisons réservées aux personnels aériens (6-7 chambres… une colocation du type auberge espagnole) avec des loyers légèrement sous les tarifs moyens habituels. Pour dénicher ces bonnes affaires, le bouche-à-oreille sera votre meilleur allié.

Quand chercher un logement au Yukon

La pénurie de logements au Yukon étant constante, il n’y a pas de période idéale pour commencer votre recherche. Des offres sont disponibles, très brièvement, toute l’année. Après seulement une heure de mise en ligne d’une annonce par un propriétaire, plus d’une vingtaine de personnes sont déjà sur liste d’attente. Autant dire qu’il faut être réactif dans votre démarche pour dénicher votre nid douillet. Les propriétaires ayant alors l’embarras du choix, ils deviennent de plus en plus exigeants : appartement non-fumeurs, fêtes et animaux interdits… Soyez donc précis lorsque vous répondez à une offre. Un simple « Je suis très intéressé par l’appartement. Est-ce possible d’organiser une visite ? » ne sera donc pas suffisant. Décrivez-vous, ce que vous faites dans la vie, vos passions, précisez que vous ne fumez pas et que vous n’avez pas d’animaux si telle était la demande du proprio. Plus vous donnerez de détails dès la première prise de contact, plus vous aurez de chances de faire bonne impression et de grappiller quelques places sur la liste d’attente. Pour gagner du temps dans votre recherche, vous pouvez déjà préparer votre base de courriel pour une première prise de contact (en anglais, bien évidemment), qu’il faudra adapter au cas par cas. Un peu comme une lettre de motivation en soit, en reprenant les points clés de l’annonce à laquelle vous répondez. Pas de formalisme particulier au Yukon, mais un anglais correct, avec des mots bien définis pour donner confiance aux propriétaires. Gardez en tête qu’ils ont l’embarras du choix et qu’ils privilégieront une personne qui prend le temps d’expliquer sa situation.

TYPE DE LOGEMENTS AU YUKON

Beaucoup d’offres de logements concernent des colocations, en sous-sol, avec toutes les commodités. Il existe aussi des hébergements plus sommaires, des cabines, parfois sans eau courante, parfois sans électricité, parfois sans les deux ! Ce sont de bonnes affaires, car les loyers sont moindres, mais elles sont souvent situées hors des centres-villes, nécessitant obligatoirement une voiture.

Quant à savoir s’il est recommandé de chercher un logement avant d’arriver au Yukon ou une fois sur place, je dirais que, par expérience, être sur place rend plus facile la recherche et plus rapide l’obtention du bien. Quelques cas exceptionnels dans mes connaissances ont trouvé depuis la France, mais c’est loin d’être une généralité !

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©Kelly Tabuteau

Les meilleurs moyens pour trouver un logement à long terme au Yukon

Pas de mystère ou de grandes nouveautés ici. Que l’on soit à Montréal ou au Yukon, les sites de recherche de logements restent les mêmes. Kijiji est la référence absolue, puis vient Craigslist. Les Leboncoin canadiens regorgent d’annonces pour tout le territoire. Au Yukon, contrairement au Québec où les appartements sont décrits avec des chiffres et des fractions (2 ½), ils sont ici clairement explicités avec le nombre de chambres, et les autres pièces présentes. Si le téléphone du propriétaire est disponible, préférez une prise de contact orale que par le biais de la messagerie du site internet en question.

Un autre moyen efficace, pour trouver votre chez-vous, est de consulter les groupes Facebook locaux. Pour Whitehorse : Whitehorse Yukon Property Rentals ; pour Dawson : Dawson City’s Buy and sell trade. Ou encore la presse locale (Yukon News et Whitehorse Daily Star notamment) et les tableaux d’affichage de la ville ou des organisations à but non lucratif, par exemple le babillard de l’Association franco-yukonnaise.

MARCHÉ NOIR DE LOGEMENTS

Malgré le nombre d’annonces sur le net, plus de la moitié des espaces réellement disponibles à la location, est cachée. C’est d’autant plus vrai pour Dawson, où la pénurie de logements est un problème plus important que Whitehorse. La constitution d’un réseau de connaissances, ainsi que le bouche-à-oreille, sont donc des pratiques fréquentes au Yukon, qui permettent de trouver de très bonnes opportunités. Cela peut paraître cliché, mais mon conseil pour développer votre réseau serait de vous investir dans la communauté francophone dès votre arrivée à Whitehorse : présentez-vous à l'Association franco-yukonnaise, participez aux café-rencontre deux vendredis par mois, prenez des cours d'anglais au centre multiculturel, faites du bénévolat, ... Vous rencontrerez du monde, d'abord francophone, puis par extension au sein de la communauté anglophone vous ouvrant ainsi davantage de portes.

Loyers moyens pour un logement à Whitehorse

Comme partout ailleurs, les loyers varient. Partez avec, comme ordre de grandeur, 600 $ (400 € environ) par mois minimum pour une chambre en colocation, généralement charges comprises. Les prix peuvent monter à plus de 750 $, toujours en colocation. Pour un logement rien qu’à vous, souvent les charges ne sont pas incluses, et elles seront à ajouter à votre dépense de loyer mensuel. Comptez 900 $ environ pour un studio, entre 1 200 et 1 500 $ pour un 2 ou 3 chambres ; plus de 2 000 $ pour une maison individuelle. Les cabines sommaires, sans électricité ni eau courante, se loueront, elles, aux alentours, de 500 $.

Les charges peuvent être élevées, entre internet et chauffage. Ce n’est donc vraiment pas à négliger. Si elles ne sont pas mentionnées dans le prix du loyer, demandez absolument une estimation aux propriétaires. Beaucoup de logements fonctionnent avec un poêle à bois en guise de chauffage principal, mais avec un appoint électrique. Ce système permet de réduire les coûts, si tant est que vous alliez couper vous-même votre bois de chauffe. En plein hiver, votre facture, lissée sur l’année, selon votre système de chauffe et la qualité d’isolation de votre logement, peut atteindre plus de 350 $ le mois. Concernant Internet, tout dépend du forfait choisi, mais sachez qu’il n’existe qu’une seule compagnie au Yukon (NorthwesTel) et le manque de concurrence fait flamber les coûts : 200 Gigas mensuels pour 110,95 $.

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À la fin de l’été, les occupants des maisons préparent leur bois de chauffe. ©Kelly Tabuteau

Trouver un logement gratuit ou presque

Au vu des prix pratiqués, louer un appartement au Yukon peut s’avérer compliqué, financièrement parlant. Outre le volontariat comme HelpX et Workaway où, en échange de quelques heures de travail quotidiennes, le gîte et le couvert sont offerts, il existe une autre méthode typiquement canadienne pour trouver un logement gratuit : le house-sitting ! À l’instar du baby-sitting, on se déplace dans une maison pour garder, non pas des enfants, mais des maisons ! Sur une période aléatoire allant d’une semaine à quelques mois, voire une année complète, les propriétaires cherchent des personnes pour s’occuper de leur maison pendant leurs absences prolongées. La pratique est d’autant plus répandue en hiver, où de nombreux dégâts peuvent survenir si la maison reste plusieurs semaines sans chauffage.

Alors en échange d’arroser les plantes et de prendre soin des animaux domestiques, les propriétaires laissent leur maison entre les mains d’inconnus. Parfois, ils vous demanderont de payer les charges pour la durée de votre présence, mais dans la majorité des cas, aucune requête financière n’est exigée. Cela présente donc un certain avantage ! Côté inconvénient, cela vous oblige à déménager souvent, à être toujours à la recherche d’une nouvelle maison où poser vos bagages et à ne jamais vous sentir vraiment chez vous. Mais le jeu vaut la chandelle ! Un couple d’amis a pratiqué du house-sitting pendant plusieurs mois, leur permettant d’économiser assez d’argent pour continuer leur partie « vacances » du PVT.

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Je ne dirais pas non pour un house-sitting dans cette maison de Dawson ! ©Kelly Tabuteau

Le bouche-à-oreille est l’un des moyens de trouver un house-sitting, même s’il peut être difficile d’accès dans un premier temps. En effet, les propriétaires ayant l’habitude de partir quelques temps disposent presque tous d’une liste de « house-sitters » de confiance, à qui ils font appel dès le projet de congés enclenchés. Se retrouver sur cette liste peut s’avérer compliqué, il faudra nécessairement une première expérience pour avoir une recommandation solide, pour dégoter un house-sitting, puis un autre, puis se retrouver sur cette fameuse liste.

La meilleure façon finalement de trouver un premier logement est donc de faire passer le message, soit sur Kijiji (vous l’aurez bien compris, c’est la bible canadienne pour la recherche de logements), sur les groupes Facebook susmentionnés, sur des tableaux d’affichage ou encore une fois dans la presse locale : le Yukon News, notamment, permet de publier des annonces gratuitement jusqu’à un maximum de 30 mots.

Références, bail et assurance habitation au Yukon

Une fois toutes vos démarches effectuées, vous êtes presque prêts à rentrer dans les lieux. Avant cela, vos futurs propriétaires désireront sûrement vérifier vos dires en faisant appel à des personnes référentes. Souvent, ils vous demanderont les coordonnées de vos propriétaires précédents. Vous pouvez toujours donner un contact en France si c’est votre premier logement outre-Atlantique, ou alors les coordonnées de votre employeur et d’amis. Ces derniers pourront témoigner de votre bonne conduite et corroborer les informations mentionnées.

Une fois rassurés, vos propriétaires vous feront signer un bail. À ma connaissance, il n’y a pas vraiment de bail officiel au Yukon. Il s’agit davantage d’un contrat entre deux particuliers. Il doit cependant obligatoirement mentionner certains éléments. Le propriétaire y inclut les clauses qu’il juge importantes et nécessaires pour lui (la caution notamment, qui ne peut excéder un mois de loyer) ; au locataire de les accepter ou de les négocier. En colocation, il sera rare de signer un document officiel. Sachez que la pratique courante est de laisser un mois de préavis, tant du côté du propriétaire que du locataire, entre le départ et son annonce. Si vous partez avant ce mois, il sera attendu le montant du loyer complet, sauf accord préalable.

Enfin, l’assurance habitation n’est pas obligatoire, mais elle est fortement recommandée. Les compagnies d’assurance de Whitehorse pourront vous adresser des devis sur simple demande, tout comme l’une des quatre banques principales : Bank of Montréal, Royal Bank of Canada, CIBC ou TD.

S’équiper à moindres frais

Ça y est, vous êtes chez vous ! Même si la chambre, l’appartement ou la maison sont meublés, il se peut que vous ayez besoin de mobiliers complémentaires. Vous pourrez alors vous rendre dans une des trois décharges publiques situées autour de Whitehorse. Chacune possède un « free-store » où les personnes déposent tout ce qui ne leur sert plus et qui est en bon état : vaisselle, petits mobiliers, livres, vêtements…

Les « free stores » des décharges publiques regorgent de bonnes affaires. ©Kelly Tabuteau

Certaines personnes ne se déplacent pas jusqu’à la décharge et laissent leur plus gros mobilier directement devant leur maison avec une affiche « free ». Il n’y a donc qu’à se servir !

Enfin, la presse locale, Kijiji et certains groupes Facebook permettent aussi de mettre en avant les « ventes de garage » de la ville, une aubaine pour dégoter de bonnes occasions. Avant un déménagement, cela permet de se délester des vieux meubles.

J’ai personnellement meublé intégralement mon appartement de trois chambres grâce à ces trois méthodes et ai déboursé moins de 500 $ !

Il vous reste des questions auxquelles je n’ai pas répondu ? Posez-les directement sur le forum du site ou en commentaire de l’article ! Bon emménagement au Yukon :)

Article mis à jour le 5 août 2018