Alors que le bassin de candidats pour EIC 2018 vient juste d’ouvrir, il est temps de faire un petit tour d’horizon de ce qu’est vraiment un Programme (ou Permis) Vacances Travail ! Que ce soit au Canada, ou ailleurs (en tant que Français, quatorze destinations PVT s’offrent à nous !), ce visa offre une multitude de possibilités pour découvrir un autre pays. Alors, au diable l’image rangée que la société française nous dicte : non, pour être heureux, il ne faut pas nécessairement acheter une maison, se marier, avoir des enfants et signer un CDI à vie. Ce schéma peut être la solution pour certains, mais pour d’autres, le PVT est une chouette alternative pour trouver sa voie, offrant une vision totalement nouvelle sur la façon de concevoir un voyage, de le vivre et d’en tirer des leçons. Au Yukon depuis quatorze mois maintenant, c’est avec un certain recul que je vous livre mon ressenti sur la belle expérience qu’est le PVT Canada.

repos au sommet d'une montagne après une randonnée au canada

Bel endroit pour prendre du recul @Yannick Klein

Qu’est-ce que le PVT ?

Le Programme Vacances Travail est une occasion unique de sortir des frontières de son propre pays pour aller voir ce qui se passe ailleurs. C’est en quelque sorte des vacances que vous pourrez auto-financer sur place grâce au permis de travail ouvert que le visa inclut. Pendant 1 an (deux pour le Canada), vous pourrez faire ce que bon vous semble :

  • enchaîner les HelpX, pour voyager économiquement. En échange de quelques heures de main d’œuvre par jour, vous serez généralement nourri, logé et blanchi, vous permettant ainsi une immersion totale chez l’habitant. Les domaines sont variés et vous aurez une grande liberté d’options.
  • passer toute la durée de votre visa à voyager, explorant les moindres recoins du pays que vous aurez choisi.
  • ou même vous en servir comme première étape dans votre projet d’immigration. Il vous permet de tester la vie dans un nouvel endroit et de décider s’il vaut la peine de tout quitter pour lui.

Consultez aussi : Vivre chez l’habitant : HelpX et Wwoofing

volontariat de bûcheron au Yukon

Le bois en hiver, ce n’est pas une option ! ©Kelly Tabuteau

Cela étant dit, il ne faut pas non plus rêver d’un eldorado et le voir comme une solution à tous les maux. On dit souvent que l’herbe est plus verte chez le voisin, mais une fois rendu ailleurs, on réalise que ce n’est pas forcément vrai… Il y a des avantages et des inconvénients qui sont propres à chaque pays et qui seront perçus différemment selon chacun. Tout ça pour dire qu’il ne faut pas trop se fier aux divers reportages sur le sujet, ou même à tous les retours d’autres personnes… C’est à vous de vous créer votre propre aventure ! Ton PVT sera ce que tu décides qu’il soit !

Consultez aussi : Voyager et travailler avec le PVT

« P » et « T », pas seulement un permis de travail…

Alors oui, si l’un des grands avantages du PVT est l’obtention d’un permis de travail qui entrouvrira presque toutes les portes professionnelles possibles et imaginables (attention aux professions réglementées, comme les médecins, infirmiers ou ingénieurs), ce n’est pas seulement cela. Vous allez vivre une expérience unique et inoubliable, dont les motivations pour franchir le pas peuvent être très nombreuses et différentes.

lac gelé yukon

Ma motivation à moi ? Patiner sur un lac gelé. ©Kelly Tabuteau

Au niveau professionnel, vous pourrez redémarrer de zéro si tel est votre choix (qui aurait pu penser que je m’improviserais journaliste et comptable de l’autre côté de l’Atlantique, quand mon rêve, c’était de devenir musher ??), vous permettant ainsi de vous recréer un CV tout neuf. Au contraire, cela peut aussi vous permettre de donner un second élan à votre carrière en acquérant une expérience professionnelle à l’étranger.

Au niveau personnel maintenant, c’est une tout autre histoire ! Le P, c’est aussi pour Passion, Pérégrination et Pittoresque ! Si quelqu’un m’avait dit une seule phrase avec ces trois mots, je crois que j’aurais acheté mon billet d’avion dès mon PVT obtenu ! Suivre ses envies, s’écouter et tenter de bousculer sa routine, c’est aussi ça que le P signifie… Tu peux le faire, peu importe ce que les autres peuvent en penser.

Avec le T, c’est n’est pas tant Travail qui me parle, mais plus le Temps. Depuis que je suis arrivée à Whitehorse, c’est d’une toute nouvelle manière que j’essaye d’entrevoir mon quotidien : je prends le temps de vivre, de vivre au jour le jour, et de, simplement, profiter de l’opportunité unique que j’ai eue, de pouvoir partir si loin en septembre 2016.

Le « V » ? Bien plus que des vacances !

Vadrouille, virée, vie, vécu… autant de mots qui pourraient se substituer à Vacances. Avec un PVT vous en apprendrez tellement sur vous-même que vous en ressortirez grandi ! Vous mettrez à rude épreuve votre capacité d’adaptation à un nouvel environnement. En solitaire, immergé en terre étrangère, vous n’aurez pas d’autre choix que de sortir de votre zone de confort, de vaincre votre timidité pour aller provoquer les choses au lieu d’attendre que tout tombe déjà cuit dans votre bec. Vous devrez vous débrouiller seul, vous donner un coup de pied aux fesses et ça vous fera un bien fou ! J’ai personnellement attendu 1 an avant d’enfin me décider à donner mon premier cours de fitness en anglais (oui, oui, je suis instructeur de fitness dans la « vraie » vie), et si j’avais su comment l’expérience serait salvatrice, je n’aurais certainement pas attendu aussi longtemps… Maintenant que je réalise à quel point cela m’a manqué !

Où partir en PVT ? J’ai choisi le Canada, et vous ?

Avec presque 10 millions de km², le Canada est un terrain de jeux immense qui aura une solution pour tout type de voyageurs, tant au niveau des paysages, de la météo que des personnes.

Que ce soient les prairies du Manitoba et du Saskatchewan, les montagnes alpines d’Alberta, les forêts laurentiennes du Québec ou celles boréales des Territoires du Nord-Ouest, ou encore les paysages plus urbains de Toronto ou Vancouver, on peut dire qu’il y a beaucoup d’alternatives au sein du même pays.

Il y a huit ans, je partais étudier à Montréal, une de vos destinations fétiches pour votre PVT, et je sais bien pourquoi : la facilité d’adaptation, avec une langue, qui, bien que différente du français, est toujours plus simple à comprendre que l’anglais ; la « proximité » avec votre pays d’origine (régularité des vols et voyage à moindres frais) ; la grande ville, rassurante, avec tous ses services, mais aussi avec la nature canadienne à quelques minutes de voiture seulement ; … en soit, un autre pays, une autre culture, mais tout de même assez proche de ce que l’on connait déjà.

Dans les autres destinations préférées des PVTistes, on identifie souvent Toronto ou Vancouver. On y retrouve les mêmes avantages que Montréal, mais cette fois-ci, on se challenge avec l’anglais. La communauté francophone y est plus faible ne nous laissant aucun autre choix que de pratiquer la langue de Shakespeare au quotidien. Parfois, on ressent une certaine frustration (de ne pas pouvoir exprimer tout ce que l’on souhaite), parfois, on est impatient de parler couramment (que ça peut en devenir encore plus frustrant, car on n’évolue pas à la vitesse que l’on voudrait), mais souvent, on constate les progrès et ça fait plaisir. De passage dans ces deux villes pour de longs weekends, l’aperçu que j’en ai eu m’a convaincue que je n’y trouverais pas mon bonheur.

Consultez aussi : 10 méthodes pour améliorer son anglais avant et pendant votre PVT / WHV

Alors, c’est finalement au Yukon que j’ai posé mes valises, dans le Grand Nord du Canada où l’hiver est frette et blanc, et l’été aussi court qu’un claquement de doigts. J’aime la proximité avec l’océan (à moins de deux heures de route, l’Alaska ouvre ses portes, et avec elles, l’atmosphère saline et le climat costal), la rudesse de l’hiver, les montagnes à perte de vue, et la gentillesse des gens.

contemplation lac bennett yukon

Des rencontres inoubliables… se rapportant à des moments inoubliables ! ©Kelly Tabuteau

Un PVT, c’est aussi l’occasion de faire de belles rencontres, des locaux pour apprendre les us et coutumes du coin, ou d’autres voyageurs avec des parcours plus qu’intéressants. Souvent, ils ne font que croiser votre route, mais, l’espace d’un moment, ils vous transportent et vous donnent tellement que cette rencontre éphémère vous aura plus apporté personnellement que la tristesse que vous ressentirez de les voir déjà partir.

Conseils d’une PVTiste conquise

En vrac, quelques petits conseils pour réussir votre PVT :

  • N’écoutez que ceux qui vous encouragent et ne vous embarrassez pas des autres. Le PVT, c’est un projet de vie personnelle et vous n’avez pas à justifier vos choix de vie.
  • À ceux qui vous disent : « T’as de la chance ! », répondez que c’est accessible à (presque) tous, ils peuvent aussi le faire, il faut juste être prêt à sortir de sa zone de confort !
  • N’abandonnez pas aux premières difficultés ou à la première déception. Si vous manquez d’argent, envisagez le volontariat et si tout ne se passe pas comme prévu, essayez de rebondir vers quelque chose d’encore mieux.
  • Ne vous forcez pas : le PVT, c’est une expérience et vous pouvez vite vous rendre compte qu’elle n’est pas faite pour vous. Si vous arrivez à ce constat, ne vous sentez pas coupable ou honteux de rentrer après seulement quelques mois. Vous avez essayé, ce n’est pas pour vous, mais ce n’est pas un échec non plus. Au moins, vous ne vous vous direz jamais « Et si… ».
  • Restez vous-même, humble et patient. Vous vous prendrez certainement une claque, entre autres, sur votre niveau de langue, mais ce n’est pas grave, vous apprendrez !
  • En toute situation, ayez un maximum d’ouverture d’esprit afin d’être certain de réussir votre intégration !
traîneau à chiens au Yukon, Canada

©Kelly Tabuteau

Il y en a plein d’autres que je pourrais lister. Pendant l’année de votre PVT, vous vous ferez des tonnes de souvenirs, si bien qu’elle restera gravée à jamais dans votre mémoire. Après la gorge nouée (et peut-être les larmes du départ), ce qui est sûr, c’est que vous aurez un sourire béat au moment du décollage, impatient de découvrir ce qui vous attend, peu importe votre destination.

Et souvent pendant cette même année, vous vous répéterez que vous vivez un truc de ouf ! Alors, vous partez quand ?

Article mis à jour le 1 décembre 2017