Le parc Sajama en Bolivie, un trésor naturel à ne pas rater !

Un immense plateau à 4 300 mètres d’altitude, des volcans enneigés, un groupe de lamas qui déambule et le silence absolu : bienvenue au parc Sajama en Bolivie ! Sans conteste le plus bel endroit qu’on a vu en un an de voyage en Amérique latine.

Sajama en Bolivie fait partie de ces lieux encore un peu secrets, encore épargnés par l’agitation touristique et sa cohue d’agences, de 4×4 bruyants et de visites guidées impersonnelles. Sajama, c’est un grand trésor naturel aussi beau que calme, qui vit au rythme de la nature, et qui, j’espère, continuera à garder cet équilibre parfait entre tourisme et vie locale.

Le Parc Sajama : un paradis méconnu

Je dois vous avouer que j’ai beaucoup hésité à écrire cet article. Le parc Sajama est encore assez méconnu, et c’est aussi ce qui fait son charme ! La pire des destinées serait qu’il devienne comme beaucoup d’autres endroits de la Bolivie : sans âme, envahi de touristes en folie, des endroits où les locaux se retrouvent expulsés des villes au profit d’agences et d’auberges de jeunesse.

Je suis donc tentée de conserver ce secret bien au chaud dans un coin de ma tête. Mais ça a été l’un des endroits que l’on a préféré en Bolivie, voire en Amérique du sud ; je n’ai donc pas pu résister à partager avec vous le bonheur de passer quelques jours à Sajama, le paradis des lamas – en vous faisant confiance pour faire bon usage de cet endroit magique.

Laissez-moi donc vous raconter Sajama : pas seulement ce qu’on peut y faire et y voir, mais aussi l’esprit des gens et l’âme du lieu – qui ont de quoi faire réfléchir sur le tourisme de masse et à comment, en tant que voyageur, on peut faire vivre un petit coin de Bolivie sans l’abimer.

La place du village de Sajama, avec les volcans au loin.

Comprendre le charme de Sajama

Pour vous représenter le parc Sajama, imaginez un plateau sableux et recouvert de touffes d’herbes sèches, perché à 4 300 mètres d’altitude. Au dessus de vous, un ciel bleu pétant, et au loin, des volcans enneigés. Un climat désertique (super chaud la journée, super froid la nuit), des lamas partout, mais aussi des vigognes, des autruches et autres petits animaux. D’après Wikipédia, c’est le premier et le plus vieux parc national de Bolivie, qui a été créé en 1939 (ça, c’est pour la culture générale).

Au cœur de ce parc, se trouve le tout petit village de Sajama, avec ses quelques rues et sa jolie église, Nuestra Señora de Navidad. J’ai trouvé sur certains sites que la population de Sajama était de 250 habitants ; au vu de notre expérience, ça me paraît être à peu près ça. Par contre, il y a le double de lamas, ce qui peut parfois rendre la circulation difficile…

Rejoindre Sajama : une aventure largement récompensée

C’est un lieu qui se mérite : vous devrez prendre un bus, puis un mini-bus, voire deux selon les jours. Mais vous serez amplement récompensés : le calme et la beauté de la nature sont à couper le souffle.

Mais ce qui nous a plus touché, c’est l’accueil des locaux. Car ceux qui ont voyagé en Bolivie l’auront remarqué : le pays est tellement envahi de touristes (et notamment les endroits les plus connus : le Salar d’Uyuni, La Paz, Sucre, Potosi…) et les inégalités tellement criantes qu’établir une relation d’égal à égal avec un local en Bolivie est difficile.

À Sajama, les habitants que nous avons rencontré étaient contents d’accueillir les voyageurs pour les gains qu’ils représentent, mais aussi par envie d’échanger : de raconter leur vie, les problématiques locales, et faire découvrir leur territoire. Et c’est très agréable.

6 activités à découvrir à Sajama

Vous avez le choix ! D’abord, sachez qu’à Sajama, tout se fait à pieds : il y a peu de sorties organisées, et c’est ça qui est bon. Le côté difficile, c’est qu’on est à 4 300 mètres d’altitude : il va falloir y aller tranquille. Mais par chance, tout – ou presque – est plat. Et c’est magnifique : marcher 2h au milieu des lamas pour aller se baigner dans une eau chaude naturelle, c’est quand même pas désagréable…

Crème solaire, chapeau et doudoune, vos meilleurs amis

Oyé les amis, on est en climat hostile : la nuit, il fait moins 8 000°C (j’ai cru que j’allais perdre un orteil huit fois), et la journée, vous grillez telle la petite sardine à un barbeuk. Donc, prévoyez un bon chapeau et une crème solaire pour ne pas vous retrouver couleur écrevisse. Inversement, l’air est glacé à peine le soleil tombé : une doudoune n’est jamais de trop dans votre sac, même si vous avez l’impression que vous allez mourir de chaud !

1 – Marcher sans but

Chemin à Sajama en Bolivie
Suivre « la route »

Ce qui nous connaissent un peu le savent, marcher sans but est une grande passion chez nous. Dans le parc de Sajama, c’est une activité simple qui à elle seule peut vous remplir d’une sérénité incroyable : vous prenez un petit chemin sableux, et hop, vous vous retrouvez seul au milieu des lamas, à écouter le bruit de l’eau et de l’immensité… Franchement, c’est magique.

Juste un conseil : ici, pas de GR indiqué, vous êtes au milieu de nulle part ! Si vous vous écartez des sentiers battus (c’est le cas de le dire), on vous conseille de prévoir une carte et une boussole – ou maps.me pour les gens modernes – pour retrouver le village de Sajama sans difficulté…

2 – Aller voir les geysers de Juchusuma

A environ huit kilomètres de Sajama en direction des volcans Parinacota et Poméran (2 h de marche), se trouvent les geysers de Juchusuma. Je n’en avais jamais vu, et cette sensation de la terre qui bouillonne sous vos pieds est assez dingue… Petit plus : prenez des œufs à faire cuire dans l’eau bouillante, pour l’anecdote !

Pour aller aux geysers de Juchusuma, il faudra suivre l’un des chemins qui partent du village de Sajama. Comme rien n’est indiqué (sauf ce panneau Geysers au milieu de nulle part), je vous conseille de demander aux locaux dans quelle direction partir, et de suivre le chemin…

Au milieu de nulle part, il y a des panneaux improbables.

3 – Prolonger jusqu’à la lagune de alturas (pour les courageux)

Une fois aux geysers, vous avez fait la moitié du chemin pour arriver à la lagune de alturas. On n’y est pas allés (on ne fait pas partie des courageux, ni des gens organisés qui arrivent assez tôt pour prévoir une prolongation de balade sans se soucier de la nuit qui tombe), mais ce n’est pas très loin (deux heures de marche en plus) et ça a l’air très beau.

4 – Se baigner dans une piscine d’eau chaude naturelle (les eaux thermales de Kasilla)

À environ 6 kilomètres du village de Sajama (environ 1h30 de marche), se trouvent les eaux thermales de Kasilla. En gros : un trou creusé dans le sol et bétonné, dans lequel fume une eau naturellement chaude. Vous payez l’entrée auprès d’une petite dame (30 bolivianos), et à vous la baignade en milieu naturel !

Ça a été un moment assez exceptionnel, dont je me souviendrai longtemps. D’abord, parce qu’il fait plutôt froid dehors, et que vous êtes bien au chaud dans l’eau. Ensuite, parce que vous êtes entourés d’un cadre juste magnifique… Alors ok, ça sent l’œuf pourri, mais c’est qu’un petit désagrément face à tout ce bien-être !

5 – Monter au mirador Montecielo

En haut du mirador montecielo à Sajama, en Bolivie
Vous noterez la tête de « je viens de me faire 250 mètres de dénivelés en une demi-heure à 4 300 mètres d’altitude sous un soleil de plomb, alors lâche moi la grappe, ok ? »

Il est pas mignon ce nom, « mirador montecielo » (« mirador monte-ciel ») ? En tout cas, il est assez littéral : la montée est certes pas très longue (à peu près un kilomètre) mais vous prenez 250 mètres d’altitude en plus. Le tout, alors que vous êtes déjà, au pied du Montecielo, à 4 300 mètres d’altitude. Autant vous dire que vous ne gambadez pas comme des petits poneys dans la montée : vous manquez un peu d’air.

Mais en haut, vous êtes récompensés : une vue incroyable et, je dois vous l’avouer, une vraie fierté à se trouver à 4 550 mètres d’altitude. Seul inconvénient : la vue était tellement grandiose qu’on n’a pas réussi à la prendre en photo, elle rentrait pas dans le cadre…

Mal de l’altitude (« soroche ») : prudence et feuille de coca conseillées !

Nos petits corps de Français ne sont pas habitués à l’altitude : vous pourrez ressentir maux de tête, mauvaise digestion (oui, la thématique caca est récurrente dans un voyage), et évidemment manque de souffle. Pour pallier à tout ça au quotidien, mastiquer des feuille de coca permet d’aider le corps à s’habituer.

Par contre, gardez en tête que l’altitude peut être dangereuse, et provoquer pertes de consciences et embolies pulmonaires. Soyez donc prudents : ne vous forcez pas à monter en altitude si vous sentez que ça ne vous réussit pas. Si vous ne vous sentez pas bien, parlez en aux locaux ou à la pharmacie du coin !

6 – Gravir les volcans Sajama, Parinacota et Poméran

Bon, là, on n’est plus dans le registre « petite balade », mais plutôt dans la grosse session d’alpinisme. Il faut un bon niveau en terme de randonnée, et surtout, vous devrez trouver un guide : pour ça, demandez à votre hébergeur qui en connaitra forcément un.

On n’a pas monté ces volcans, mais si vous vous sentez en forme et que c’est la saison sèche (de mai à septembre), c’est l’occasion… Pour en savoir plus, consultez l’article de Benoît sur son blog Novo-mondo : il raconte son ascension du volcan Parinacota, à plus de 6000 mètres d’altitude !

Parc Sajama : notre mini-guide pratique

Comment aller à Sajama ?

  • Depuis La Paz, prendre un bus en direction de Oruro. Depuis Oruro, c’est le contraire : prenez un bus en direction de La Paz. On vous fera souvent payer le trajet en entier, bien que vous vous arrêtiez à Patacamaya, dans un village sur la route qui relie La Paz à Oruro. Il vous faudra évidement préciser au chauffeur et à son assistant que vous souhaitez être arrêté à Patacamaya.
  • Une fois à Patacamaya, prenez LE mini-bus qui va à Sajama. D’après la légende, il y en a un par jour, aux environs de 13h. Dans la vraie vie, il y en a un par jour mais à une heure très aléatoire, et encore, pas tous les jours, car vous comprenez, le samedi c’est marché à Curahuara de Carangas. Du coup, le samedi, le bus s’arrête à Curahuara de Carangas, et vous devrez prendre un autre mini-bus pour aller à Sajama… Bref, faute d’info fiable (ça n’existe pas en Bolivie), avisez à Patacamayo : comme on est en Bolivie, vous rencontrerez toujours quelqu’un qui vous trouvera le bus ou, à défaut, une solution.

Notre conseil : arrivez avant 11h du matin à Patacamaya

Vous l’aurez compris, les transports en Bolivie sont assez imprévisibles. Pour avoir le temps de vous retourner – et ne pas avoir à prendre un taxi depuis Patacamaya, qui vous coûtera les yeux de la tête – nous vous conseillons d’arriver dans la matinée à Patacamaya. Ainsi, vous ne risquez pas de louper LE mini-bus de la journée.

  • A l’entrée du parc de Sajama, on vous fera descendre du mini-bus car vous devrez payer l’entrée du parc national de Sajama, à 100 bolivianos si je me rappelle bien (soit 12 €).
  • Le mini-bus vous déposera sur la place du village de Sajama (vous verrez, il y a pas trop moyen de se perdre à Sajama).

Visite guidée de Sajama

Si vous préférez les services d’une agence pour organiser votre trajet et profiter d’un guide local pour visiter Sajama, l’agence Joker expedition propose des séjours de 2 jours au départ de La Paz. Nous avons préféré nous organiser par nous-mêmes, mais si vous avez peu de temps c’est une option à envisager.

Où manger à Sajama ?

  • Pour les petites faims et le casse-croute du midi (quand vous êtes en vadrouille), il y a plein de petites épiceries où vous pourrez acheter de l’eau, des biscuits, ou de quoi faire des sandwichs.
  • Pour le soir, nous vous conseillons d’aller dans une des épiceries-restaurants (« comedor ») du village. Le concept : un local partage avec vous son repas du soir (entrée et plat), en échange d’un peu d’argent. Comme ce ne sont pas des restaurants, il faut prévenir le matin ou au plus tard dans l’après-midi que vous souhaitez manger le soir. Nous vous conseillons l’épicerie-restaurant place de l’église, avec une dame très sympa et très bonne cuisinière.

Où dormir à Sajama ?

  • Si vous voulez absolument réserver avant d’arriver à Sajama, alors il n’y a pas beaucoup le choix : ce sera l’Hostal Sajama , qui n’est ni le moins cher ni le plus sympa.
  • Nous vous conseillons donc fortement d’aviser sur place : en arrivant sur la place du village, vous verrez que plusieurs personnes vous demanderont si vous avez un endroit où dormir. Laissez-vous guider par les locaux.
  • Quoiqu’il arrive, préparez-vous à un confort spartiate : on est en Bolivie, à 4 300 mètres d’altitude, le chauffage et l’eau chaude ne sont pas disponibles partout, alors la vie est rude !

Campeurs, soyez équipés

Bon, vu les températures nocturnes franchement basses quand on y était, en juin, (jusqu’à moins 10°C) camper me parait être une idée un peu dingue… Mais si vous êtes un campeur de l’extrême, alors soyez équipés : matelas de sol et compagnie, duvet super chaud… Et bien sûr, frontale (non, il n’y a pas d’éclairage public à Sajama)

Partir de Sajama

Vous quitterez probablement Sajama dans le même état que nous : déjà nostalgiques, morts de froids (le seul et unique mini-bus de la journée est à 6 h du matin, il fait nuit et moins 8000°C), mais ravis.

Si en plus, comme nous, vous assistez sur la route à un beau lever de soleil sur l’altiplano, alors votre journée sera forcément magique…

On vous laisse sur notre top 10 des incontournables d’un voyage en Amérique du sud, histoire de vous inspirer pour la suite de votre périple…

PVT Argentine : top 10 des incontournables d’un voyage en Amérique du sud

En m'approchant (dangereusement) de la trentaine, j'ai eu envie de prendre un peu d’air frais pour cette décennie qui commence. Après un premier bain de pieds en Turquie en 2015, c'est le grand plongeon début janvier 2017, avec un PVT Argentine, cette fois en compagnie de mon amoureux de presque toujours, Romain. Notre devise de voyage : curiosité, improvisation et contemplation !

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