Audrey, 29 ans, a tout plaqué pour partir avec son amoureux en PVT Colombie. De volontariats en randonnées, elle découvre un pays fascinant pour ses paysages, sa culture ancestrale et ses habitants franchement sympas… Entretien avec une voyageuse toujours en soif de découverte !

Dans une autre vie, Audrey a étudié le droit humanitaire et travaillé dans le social. Aujourd’hui en PVT Colombie avec son amoureux Roman, elle vagabonde de volontariat en volontariat pour continuer à œuvrer dans ce qu’elle estime utile : lutte contre les violences faites aux femmes, domaine social, agriculture, artisanat, initiatives locales et équitables

En cinq mois de PVT, Audrey et Roman ont déjà vécu plusieurs vies en Colombie : cinq volontariats riches en apprentissages manuels et aventures humaines, des randos, des cérémonies spirituelles, du farniente en montagne et au bord de la mer, et même la découverte de la Colombie aquatique après un diplôme de plongée…

Mais ce qui est encore plus intéressant, c’est qu’Audrey est une moulinette à pensées : elle ne raconte pas son voyage en version édulcorée – Instagram (vous savez, le vent dans les cheveux sous un filtre Clarendon…), mais chaque expérience est plutôt une occasion pour elle de réfléchir au tourisme et à sa place de voyageuse, d’étudier les cultures qu’elle rencontre, de boire avidement tous les apprentissages qu’elle peut… Le tout dans une bonne humeur et une soif de découverte qui ne peuvent que pousser à la suivre en Colombie…

Roman sur une balançoire au dessus d'un ruisseau, dans la Sierra Nevada, en Colombie
Roman (l’amoureux d’Audrey) sur une balançoire improbable dans la Sierra Nevada de Santa Marta… © Audrey

Pourquoi avoir choisi le PVT Colombie ?

Avant de partir en PVT Colombie, mon copain et moi on voyageait déjà pas mal, surtout en Europe. En 2012, on avait habité six mois en République Tchèque et ça avait été une super expérience. On s’était dit qu’on avait envie de repartir plus longtemps, et c’est comme ça qu’est né le projet.

J’avais passé quelque temps Argentine quand j’avais 17 ans, et c’est un voyage qui m’avait beaucoup marqué : j’avais envie de retourner sur ce continent. Au début, notre idée était d’avoir une mission fixe et de ne pas être trop itinérants, on avait donc pensé au VIE. Mais on s’est dit que ça allait être compliqué de trouver un VIE tous les deux au même endroit, alors que le PVT laissait cette souplesse de pouvoir voyager et travailler… Donc, on a regardé la liste des pays qui avaient des accords PVT avec la France.

Sur le coup on a beaucoup hésité avec le PVT Chili, mais en faisant des recherches, on a été attirés par la Colombie : son histoire, sa position géographique, la variété des paysages… Et puis tous les copains qui y étaient allés avaient adoré : c’est comme ça qu’on s’est décidés à demander le PVT Colombie !

Le volontariat en voyage

Volontariat en voyage ne rime pas forcément avec VIE ou bénévolat dans une ONG. Il existe des réseaux d’échange très faciles d’accès tels que le Helpx ou le Wwoofing. Pour découvrir ces systèmes de partage en voyage (qu’on adore), lisez notre dossier sur le volontariat en voyage !

On est arrivés mi-octobre à Bogotá. On a commencé par faire notre cédula, une démarche administrative que tu as 15 jours pour faire quand tu arrives en PVT. On a passé la première semaine dans la Candelaria, le quartier historique. La deuxième semaine, on a dormi à Usaquen, un quartier « gomelo », comme ils disent ici : beaucoup plus branché, avec des artisans, des créateurs…

Dans les visites marquantes à Bogotà, on est allés au cerro de Monserrate (un mont qui domine la ville), et surtout on a fait un truc vraiment chouette : on est allés à une soirée organisée par l’association Dame Tu Lengua, dont le concept est de faire se rencontrer des gens parlant différentes langues. On a passé une soirée avec plein de gens, à faire un barbecue et du karaoké… Ça permet de rencontrer du monde !

Temazcal et Ayahusca : à la découverte des traditions spirituelles de la Colombie

Dans la Sierra Nevada de Santa Marta, près de Paso del Mango, on a fait un volontariat dans une finca (ferme en espagnol) super isolée, la dernière de la montagne. C’était chez un couple franco-colombien, Camilo et Solène, qui avait pour projet d’accueillir sur un terrain, entre autres, des espaces spirituels. Là-bas, on a passé trois semaines à faire des semis, dégager le terrain à la machette, construire des escaliers… On a vraiment mis les mains dans la terre, redessiné les espaces, on a appris plein de choses ! On bossait le matin et on avait les après-midi libres ; on avait plein de choses à explorer, on bouquinait, on faisait notre petite sieste au bruit de l’eau, on allait se coucher à la nuit tombée… C’est un rythme très tranquille  !

Notre hôte était une mine d’or en termes de connaissances sur la culture des communautés indigènes en Colombie. On a pu participer à des cérémonies spirituelles qu’il organise. D’abord on a découvert la cérémonie du Temazcal, où tu nettoies le corps et l’esprit par la sudation. C’est une cérémonie vraiment chouette. Tu commences par nettoyer le lieu, allumer le feu, puis pendant une petite heure, tu fais le Témazcal, il y a des chants, des maracas… Si tu es un peu fasciné par la spiritualité, c’est bien de commencer par le Temazcal parce que c’est tout doux…

Du coup, ça m’a donné envie de participer à une cérémonie de Ayahuasca. Camilo, notre hôte, organisait une cérémonie et m’avait proposé d’y participer. Sur le coup, t’es dans cette montagne où tout a une connotation hyper spirituelle, du coup ça semble assez spontané… J’ai accepté.

ceremonie Ayahuasca Colombie
Les préparatifs de la cérémonie de l’Ayahuasca. © Audrey

La cérémonie de l’Ayahuasca a commencé à 20 h, et a duré jusqu’à 6 h du matin. On était autour d’un feu, pas loin de la rivière, sous un ciel incroyable, rempli d’étoiles. Tu as d’abord un temps d’échange avec le groupe, pour répondre à tes craintes. Lui, il a une coiffe, des instruments de musique, des plumes d’oiseau, tu as tout un décor qui te met dans un esprit très spirituel. Au début de la cérémonie, ils te mettent du tabac dans le nez pour chasser les mauvaises pensées, et après tu consommes l’Ayahuasca et tu médites… La plupart du temps tu es dans un état de demi-sommeil, comme juste avant de t’endormir, mais tu restes conscient, tu ne perds pas tes moyens. Par contre, tes pensées sont complètement libérées, et tu as de vrais moments de clairvoyance… C’est un temps d’introspection, en même temps qu’un temps de purge, où tu te vides, tu vomis.

C’était une expérience folle. Au niveau de la sensation physique, c’est très éprouvant, mais ça engendre des moments de clairvoyance. Moi, j’ai beaucoup de mal à lâcher prise, je suis sur l’analyse en permanence, donc au début j’étais plutôt dans l’observation, mais j’ai quand même vécu au cours de la cérémonie trois moments de clairvoyance très puissants, avec des sortes de visions mélangeant images, des sons… Ça alterne avec d’autres moments où tu es plutôt envahi d’une grande sérénité. Même si c’est violent physiquement (tu vomis), on t’explique qu’avec une coupe d’ayahuasca, tu évacues les choses négatives pour te remplir de choses positives… Je trouve ça assez poétique !

Santa Marta : camp de base idéal en bord de mer

Santa Marta est devenu notre camp de base : on y a passé notre diplôme de plongée, et désormais on alterne entre volontariats et retours à Santa Marta où on a notre hostel, l’Hostal de Jackie (où on laisse une partie de nos sacs, d’ailleurs), nos petites habitudes, on y passe quelques jours à lire et à se reposer entre deux aventures… C’est pas forcément le genre d’hostel qu’on aime normalement, mais on y a rencontré de chouettes personnes et on aime bien y revenir !

Laurent, votre moniteur de plongée à Santa Marta

Pour ceux qui voudraient faire de la plongée, Audrey recommande son moniteur, Laurent : très bon instructeur, il est français (ce qui facilite la communication sous marine !)

À Santa Marta, on a fait le trek de la Ciudad Perdida, dans la Sierra Nevada de Santa Marta, une cité pré-colombienne où tu marches 5 jours dans la jungle. C’est super beau…

Quelle agence choisir pour le trek de la Ciudad Perdida ?

Comme la Ciudad Perdida est une zone protégée, il n’est pas autorisé d’y aller sans agence. Audrey recommande l’agence Wiwatour, pour ses guides locaux qui font découvrir la culture des indigènes : wiwa, kogui…

Audrey devant des fèves de cacao, en Colombie
Apprentissage improbable de PVT : apprendre à faire du cacao… © Audrey

On a aussi fait un volontariat dans une finca de cacao dans la Finca Piedra Blanca, à deux heures de marche de Buritaca, où on a appris tout le processus du cacao : de la fermentation à la dégustation du chocolat chaud… C’était très isolé (à deux heures de marche du premier village !) mais l’endroit était magnifique : tu avais vue sur la montagne d’un côté, et sur la mer de l’autre… On n’y est resté qu’une semaine : c’était un moment où c’était compliqué pour eux d’accueillir des gens, ils ne savaient pas vraiment quelle mission nous donner et on les encombrait plus qu’autre chose… Mais on a vu ce moment comme un apprentissage. Car quand tu fais des volontariats, il faut accepter la réalité des gens : le cacao, ça ne paie pas bien, et ils ont parfois d’autres soucis que de faire découvrir leur métier à des voyageurs.

On a aussi passé quelques jours au parc Tayrona. On a retrouvé des copains à Buritaca, qui étaient en train de monter un projet d’éco-boutique. On les a aidés pendant une bonne semaine. Ils faisaient du pain, ils vendaient des vêtements faits au métier à tisser… Bon, l’idée était qu’on apprenne à tisser, mais l’organisation colombienne étant ce qu’elle est, on ne l’a pas fait… C’était chouette quand même !

Parc Tayrona, en Colombie
Réveil (assez sympa, vous en conviendrez) au Parc Tayrona © Audrey

Volontariat dans le désert de la Guajira pour aider les femmes Wayuu

Dans le désert de la Guajira, à Riohacha, on a trouvé un volontariat inespéré, avec une fondation qui s’appelle Talento Colectivo, qui accompagne les femmes Wayuu dans la vente d’un artisanat au prix juste. Car elles tissent des sacs qu’elles vendent souvent dans la rue à un prix dérisoire, et cette association les accompagne dans du commerce équitable, mais aussi avec des ateliers d’empowerment, d’éducation pour quelles apprennent à écrire et qu’elles soient autonomes dans leur artisanat…

Ils étaient en train de faire une boutique en ligne donc on a fait les photos des créations des femmes… Mais surtout, on a rencontré les femmes Wayuu, on a tissé des bracelets ensemble, on a cuisiné, fait de la musique, participé aux ateliers du mercredi, rencontré les enfants… On vraiment pu échanger.

C’était vraiment super, d’autant qu’un des gros problèmes du tourisme dans la Guajira c’est qu’il n’est pas du tout éthique. Il y a des tours en 4×4 et tout ça, mais la communauté Wayuu n’en bénéficie pas du tout. Tu peux passer du temps dans la Guajira et ne rien apprendre sur leur culture !

On y est restés qu’une semaine et au final on a vécu plein de choses, on a l’impression d’y être resté des mois ! J’espère qu’on y retournera…

En voyage, tout est plus intense, tu as l’impression que tu habites là depuis des mois alors que tu es arrivé il y une semaine…

Les bons et moins bons côtés de la Colombie

C’est peut-être un peu cliché, mais j’adore la gentillesse, la joie de vivre des gens… On t’aide tout le temps, les conversations s’engagent très facilement, le rapport est chaleureux, plus facile, les gens se parlent avec beaucoup de soin. Un symptôme de ça c’est par exemple les suffixes en -ito qui sont ajoutés partout, ou les formules de politesse parfois excessives, les muy buenas tardes

Au rayon « cliché, mais vrai », j’adore aussi… Le climat ! Tu peux presque toujours te balader pieds nus, en t-shirt et petite robe, il fait chaud, tu as plein de fruits frais… La contrepartie, c’est qu’il n’y a pas trop de changement de saison. Le soleil se couche à 18 h, c’est parfois frustrant de ne pas avoir des jours plus longs…

En Colombie, il y a aussi un côté désorganisé, mais qui finalement est chouette : car il n’y a jamais de problème, il y a toujours des solutions. Il y a un côté cool. Par exemple, il n’y a pas d’arrêts de bus, tu te mets sur le bord de la route, tu fais signe au chauffeur, il te fait monter et il te demande où tu veux qu’il t’arrête… D’une certaine manière tout n’est pas codifié, encadré. C’est une espèce de joyeux bordel, mais ça fonctionne !

C’est une espèce de joyeux bordel, mais ça fonctionne !

Le revers de la médaille, c’est ce que j’appellerais l’inconstance des projets. Par exemple, dans les volontariats qu’on a faits, ça manquait souvent d’organisation… Ou plutôt, c’est une autre façon de faire ! Au début c’est déroutant, parce que quand tu arrives avec ta petite organisation à l’européenne et que tu attends des objectifs et des missions bien précises, tu es souvent déçu… Dans la plupart des volontariats qu’on a faits, on a constaté la même chose : la veille on te dit « demain tu feras ça », et le lendemain en fait non, tout a changé ! Il faut constamment s’adapter…

Pour moi c’est lié à une notion différente du temps – en tout cas sur la côte caribéenne : on prend son temps, on fait les choses tranquillement… Les plans changent assez vite, mais une fois que tu as intégré ça, tout va mieux. C’est un autre rythme : tu le trouves dans cette douceur de vivre, du plaisir, prendre le temps…

Globalement en Colombie, tu as une diversité de paysages incroyable, un artisanat très riche… Il y a beaucoup de communautés indigènes qui se battent pour défendre leurs droits. La présence de cette culture très ancienne, avec des savoirs ancestraux, la connaissance des plantes, cette volonté de protéger la terre, pour revenir à des choses plus essentielles, c’est hyper intéressant à découvrir… Malgré tout, je suis parfois un peu agacée par les déchets plastiques qui trainent un peu partout. Tu as les communautés indigènes qui te renvoient l’idée de prendre soin de la terre, mais aussi des endroits hyper pollués par des déchets plastiques…

Je suis aussi assez impressionnée par la culture de la débrouille. Les gens qui sont hyper créatifs, ils ont envie faire et d’inventer plein de choses. Ils ont toujours une idée pour améliorer le quotidien, l’environnement, le quartier, il y a plein d’initiatives locales qui se créent. Tu sens que c’est un pays en mouvement !

La Colombie, tu sens que c’est un pays en mouvement !

Sinon, j’ai quand même un peu de mal avec le rapport hommes-femmes : quand je suis avec mon copain, ça va, mais quand je suis seule dans la rue c’est parfois un peu lourd – sans que ce soit forcément agressif ou dangereux. Ça existe aussi en France, mais ici j’ai l’impression que c’est encore plus accentué… Et puis j’ai le sentiment que par rapport à d’autres pays d’Amérique latine où les femmes luttent pour leurs droits, ici, même si elles assument leurs formes et leur féminité, la répartition des rôles et des genres est bien ancrée…

Galères et meilleurs souvenirs d’Audrey en Colombie

Pour l’instant, l’un des plus beaux souvenirs que j’ai, c’est une randonnée qu’on a fait au Páramo de Ocetá, près du village de Mongui. Les páramo, ce sont des sommets d’altitude où tu trouves une végétation très particulière. En l’occurrence, le Páramo de Ocetá est une vallée avec des frailejones, une sorte de palmier-cactus. C’est magnifique, t’as vraiment l’impression d’être sur une autre planète… En plus, on a fait ça avec un guide qui est aussi poète, du coup il nous déclamait des vers, c’était magique !

Les « palmiers-cactus » du Páramo de Ocetá… L’un des plus beaux souvenirs d’Audrey ! © Audrey

Une autre randonnée magique, c’était dans le parque nacional del Cocuy. C’était la première fois que je faisais une rando à une telle altitude : on est partis à 3 800 mètres, et on est arrivés à 4 800 ! À la base je ne suis pas une super grande sportive, je manie mieux les verres de Coco Loco (cocktail à base de rhum et lait de coco) que le camelback et les chaussures à crampons ! Mais le paysage était incroyable, les gens hyper sympas, et je suis contente d’avoir pu dépasser mes limites.

Parmi les autres souvenirs mémorables, il y a les cérémonies spirituelles qu’on a fait avec Camilo, et de manière plus générale ce volontariat au milieu de nulle part, ce retour à l’état de nature m’a beaucoup plu… Et puis le volontariat avec les femmes Wayuu, plein d’enseignements et d’échanges avec les femmes !

Cours de tissage dans le désert de la Guajira, en Colombie
Sonia, artisane Wayuu, enseigne le tissage à Audrey © DR

Ha et aussi, les quelques jours qu’on a passé sur l’île de Providencia, à faire de la plongée et du snorkeling, avec des tortues, des milliards de poissons de toutes les couleurs, l’île est trop belle et les gens adorables…

Au rayon insolite, j’ai un souvenir un peu particulier dont je suis assez fière : j’ai réussi à faire danser une chenille à toute une boite de nuit en bord de plage ! C’est un des souvenirs rigolos dont j’aimerais me rappeler dans les moments de déprime….

Colombie Snorkeling à San Andres
Audrey et Romain en PVT Colombie… Sous l’eau ! © Audrey

Au niveau des galères, heureusement, on n’en a pas trop eu ! Mais je me rappelle d’une traversée de catamaran qu’on a faite pour aller à Providencia, ça a été à la fois le trajet le plus horrible de ma vie et le plus drôle… On est partis dans une espèce de petit rafiot. Déjà avant le départ ils te filent une pastille pour le mal de mer – ça annonce la couleur… Et là tu passes 3 h littéralement sous l’eau : tu te prends des vagues gigantesques, des gens à bord hurlent, tout le monde vomit dans tous les sens… C’était à la fois horrible (on était contents quand ça s’est fini !) et quand même super drôle, notamment quand tu racontes cette espèce de scène où tout le monde vomit partout en hurlant…

Quid de l’insécurité en Colombie ?

Oui et non. Je ne vais pas servir le discours de certains voyageurs qui disent : « non, vraiment, il n’y a aucune insécurité en Colombie »… Pour moi, on ne peut pas dire que tout est cool en Colombie, et que tu peux te balader le nez en l’air n’importe où et à n’importe quelle heure sans problème. Il faut être un peu honnête.

Cela dit, je ne tomberais pas dans l’autre extrême, à dire que tout est super dangereux. Je dirais que, dans les petits villages, tout va bien, je ne me suis pas sentie particulièrement en danger, mais dans les grandes villes, je suis beaucoup plus vigilante. J’adopte des réflexes différents de ceux de ma vie en France : je ne sors pas avec toutes mes affaires, je ne sors pas mon téléphone n’importe où et n’importe comment. Souvent je laisse mon appareil photo à l’hostel, sauf dans les quartiers très sécurisés. Quand j’ai de grandes distances à parcourir la nuit, je privilégie le taxi… Donc oui, il faut faire attention, ne pas dar la papaya comme ils disent ici (ne pas donner le bâton pour te faire battre), en particulier dans les grandes villes. Après, il ne faut pas être d’alarmiste, tu ne vas pas non plus te faire égorger dans une rue, il faut juste adopter des comportements de prudence et de bonne intelligence dans les grandes villes.

En ce qui concerne les FARCS, paramilitaires, etc. Bon… il faut juste demander des renseignements aux Colombiens quand tu veux aller quelque part, te renseigner sur les conduites de sécurité à adopter… Après, c’est sûr qu’il y a des régions où tu ne dois pas mettre les pieds, mais si tu demandes bien aux locaux, il n’y a pas de raison qu’ils t’envoient là-bas.

Les bons conseils d’Audrey aux futurs pvtistes en Colombie

Juste prendre son billet, et foncer en Colombie ! Découvrir la Colombie, et d’une manière plus générale faire une expérience de voyage sur le long terme est toujours enrichissant !

Je conseille de ne pas se poser trop de questions, de ne pas écouter les choses négatives qu’on peut dire autour de toi sur la Colombie. Si tu aimes rencontrer des gens, voir des paysages magnifiques et diversifiés, si tu as envie de découvrir la culture des communautés indigènes et l’artisanat, si tu aimes l’espagnol, les fruits, la plage, et danser jusqu’au bout de la nuit… Je te dirais fonce, no mas !

La Colombie d’Audrey en 5 coups de cœur

Son expression préférée

« Ce que j’adore en Colombie c’est les petits surnoms : on t’appelle « mi vida », « mi cielo », « mi amor », « preciosa », « princesa »… Mais ce qui me fait fondre par-dessus tout c’est le « ito » : « amorcito », « pobrecito »… J’adore ces petits mots doux, pleins de tendresse, tu as cette douceur dans la façon dont on se parle… »

Ses plats préférés

  • La banane plantain, notamment en patacon, c’est-à-dire frite, juste avec un peu de beurre.
  • Sur la côte, les fruits de mer à goûter absolument!
  • Les fruits exotiques : le guanabana (aussi appelé, corossol) le lulo (aussi appelé naranjita de Quito)…

Sa boisson préférée

  • L’aguapanela : littéralement eau de panela, la panela étant un dérivé de la canne à sucre.
  • Les jus de fruits frais avec tous les fruits délicieux de Colombie : la maracuya (fruits de la passion), de la piña (ananas)…

Ses lieux préférés en Colombie

La région du Boyacá, au nord de Bogotá : « une région avec plein de petits villages de montagne, et des gens adorables. Beaucoup de voyageurs qu’on a rencontrés zappent cette région, ils vont plutôt vers Medellín ou la région du café… Mais elle mérite vraiment d’être découverte, tu t’y sens super bien, c’est vraiment authentique. »

Ses musiques colombiennes favorites

  • Calma, « juste parce que c’est la chanson qu’on entend au minimum 10 fois par jour »
  • La chanteuse La Bomba Estéro : « c’est une chanteuse qui vient de la côte et j’adore ses musiques ! »
  • Une chanson qui passe tout le temps dans le bus, notamment dans la région du Boyacá : Cariñito de Los Hijos del Sol.
un enfant fait de la balançoire
Juancho, qui fait de la balançoire entre deux récoltes de cacao… © Andrey

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PVT Colombie : le témoignage (plein de bonnes ondes) d’Audrey
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Article mis à jour le 27 juin 2019