Road trip sur la côte ouest : de Broome à Monkey Mia

Pendant ma première année en Australie, j’ai souvent entendu dire que la côte ouest du pays était la plus belle : plus grande, plus sauvage que la côte est, elle serait aussi moins populaire et donc moins touristique. J’ai décidé de rester une année supplémentaire pour l’explorer et je ne l’ai pas regretté !

Après avoir exploré la région du Kimberley et avoir passé plusieurs mois à travailler à Broome, j’ai choisi de faire un voyage organisé avec la compagnie Outback Camp Tour jusqu’à Perth. D’avril à novembre, elle organise des séjours de 30 jours de Darwin à Perth et inversement.

Il est tout à fait possible de rejoindre le groupe en cours de route, comme je l’ai fait depuis Broome. Le tarif est très attractif, même si les frais de repas ne sont pas inclus (j’ai payé 1695 AUD pour près de trois semaines). Le bus 4×4 tire une remorque toute équipée avec cuisine, frigos, table et sur le toit sont entreposés nos tentes et sacs de couchages.

© Charlène Blaison
© Charlène Blaison

Nous sommes une quinzaine de personnes de 20 à 50 ans de toutes nationalités, des Français et des Anglo-saxons. Je ne suis habituellement pas fan de tours organisés, mais celui-ci est particulier. Le guide, Mark, ancien chauffeur routier habitué à conduire des road-trains, a créé sa propre compagnie il y a deux ans. C’est récent, ce qui explique le manque d’organisation parfois. Mais c’est aussi ce qui fait tout l’intérêt de ce séjour. Ce n’est pas un tour où tout est prévu, chronométré.

Mark nous expose chaque jour le programme et nous propose de le moduler selon nos envies : on peut rester plus ou moins longtemps à un endroit. On fait les courses ensemble, participant activement à la vie du camp. De plus, Mark est un personnage atypique au caractère bien trempé, un véritable bushman australien qui connaît la région comme sa poche. Avec lui on a campé sous tente en pleine nature, cuisiné à même le sol sur les braises, une expérience inoubliable.

Je pense avoir choisi la meilleure période pour faire ce road-trip, de mi-octobre à mi-novembre : la saison humide arrive dans le nord tandis que l’été commence dans le sud. Première étape : de Broome à Monkey Mia, entre terres rouges sauvages et plages paradisiaques.

Port Hedland

© Charlène Blaison
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Après avoir quitté Broome, on roule 600 kilomètres vers le sud avant de croiser la première ville : Port Hedland. Entourée de mines de fer, elle est le principal port industriel de la région du Western Australia. Cette ville perdue ne représente pas un grand intérêt touristique. Par contre, si vous cherchez du travail, vous pourrez en trouver ici dans les quelques commerces et cafés. On reprend ensuite la route vers l’est, s’enfonçant dans les terres arides de la région de Pilbara.

Karijini National Park

© Charlène Blaison
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Avec ses gorges spectaculaires, ses piscines naturelles relaxantes et ses roches millénaires d’un rouge flamboyant, Karijini est un des plus beaux parcs d’Australie. Au volant d’un 4×4, vous pourrez explorer ses moindres recoins.

Randonnées, baignade, visite du centre culturel aborigène ou bien juste se poser pour admirer la beauté à couper le souffle des paysages, les activités natures ne manquent pas. Vous pourrez également observer toutes sortes d’animaux, des oiseaux aux dingos, en passant par les serpents. Nous partons tout d’abord à la découverte de Dales Gorges, Fortescue Falls et Circular Pool où l’on peut nager sans danger. Nous nous arrêtons ensuite à Oxer lookout d’où on surplombe plusieurs gorges aussi somptueuses que dangereuses (un sauveteur y a trouvé la mort il y a quelques années).

Le meilleur moyen de parcourir Karijini est la randonnée. La plus originale, et limite périlleuse, est nommée Spider walk. Cette marche mène à Kermits Pool. Juste avant d’arriver à ce bassin, les choses se compliquent : le chemin se rétrécit, formant un couloir naturel au milieu de la roche. Le sol est recouvert d’un filet d’eau ce qui le rend très glissant. Une seule manière de passer : marcher sur les murs, à la manière d’une araignée donc. Attention à la chute !

Tom Price

© Charlène Blaison
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Cette ville minière se situe sur la route pour rejoindre la côte. Les Australiens viennent ici pour travailler, toute la ville étant construite autour de la mine Rio Tinto d’où on extrait du fer. Pour 20 AUD, vous pouvez visiter le site pendant une heure, mais je vous le déconseille. Affublés de casques et de lunettes totalement inutiles, on reste dans le bus quasiment tout le long de la visite.

On aperçoit juste par la fenêtre de grosses machines recouvertes de terre rouge. Dommage qu’on ne puisse pas sortir, il y a de belles photos à prendre. Le conducteur du bus nous donne quelques explications malheureusement incompréhensibles. Même les anglophones ont du mal à les comprendre tellement elles sont techniques.

Exmouth

© Charlène Blaison
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Après cette escapade dans l’arrière-pays, nous voici de retour sur la côte que nous longerons jusqu’à Monkey Mia. C’est ici, à Exmouth, que commence la petite barrière de corail, appelée Ningaloo Reef. Celle-ci s’étend sur 300 kilomètres, jusqu’à Coral Bay. Et cette petite barrière de corail a tous les atouts pour concurrencer la grande ! Toute aussi belle, elle a l’avantage de se situer tout près des côtes et est accessible à la nage depuis le rivage. Pas besoin de réserver une excursion en bateau pour l’atteindre.

Poissons multicolores, dauphins, requins, tortues, raies côtoient ici plus de 250 espèces de coraux. De mai à juillet, vous pouvez nager avec les requins-baleines depuis Exmouth ou Coral Bay : ces géants des mers inoffensifs pour l’homme sont les plus gros poissons du monde (comptez près de 400 AUD par personne selon les compagnies). Malheureusement la saison est terminée lorsque nous nous rendons à Exmouth, nous faisons alors juste un arrêt au phare pour admirer la vue sur l’océan.

Cape Range National Park

© Charlène Blaison
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Magnifiquement sauvage, ce parc est essentiellement accessible en 4×4. L’endroit est idéal pour faire du snorkeling et explorer les fonds marins. Nous nous arrêtons d’abord à Oyster Bay. Depuis les rochers, nous sautons dans l’eau peu profonde munis de palmes et de tubas. Et il suffit de mettre la tête sous l’eau pour admirer des dizaines de poissons de toutes les couleurs, toutes les tailles et toutes les formes ! On a même croisé quelques petits requins.

L’eau étant peu profonde, faites attention à ne pas toucher les coraux afin de ne pas les abîmer et aussi de ne pas vous blesser. Ne manquez pas la plage de Turquoise Bay qui porte bien son nom, idéale pour lézarder. Le parc est aussi l’endroit parfait pour observer les tortues. Et nous avons de la chance, la saison des amours vient tout juste de commencer !

Au sanctuaire des tortues, celles-ci viennent sur la plage pour se reproduire et pondre leurs œufs. On peut les voir de novembre à janvier. Puis de janvier à mars, c’est la période d’éclosion des œufs.

Coral Bay

© Charlène Blaison
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Coral Bay n’est pas vraiment une ville, mais plutôt une station balnéaire. On s’y sent immédiatement en vacances et on a envie d’y rester ! Le soleil et la mer turquoise y sont pour quelque chose.

On vient surtout ici pour découvrir Ningaloo Reef et faire du snorkeling. Depuis la plage, on voit principalement des coraux, réservez une excursion en bateau pour saisir la richesse des fonds marins. Pour 140 AUD, nous choisissons une compagnie qui nous propose de nager avec des raies mantas. Nous en verrons une de 2,50 mètres d’envergure, impressionnant.

Nous croiserons aussi des tortues et des requins ! Ces derniers sont assez présents dans le coin, ils ont même un sanctuaire qui leur est dédié. Vous pouvez y accéder à pied depuis la plage. Des bébés requins nagent à pleine vitesse à moins d’un mètre de nous. Le niveau de l’eau est heureusement trop bas pour les mamans requins.

Trou du souffleur

© Charlène Blaison
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La puissance des vagues a creusé des cavités dans la roche. À marée haute, la mer s’y engouffre avec fracas et ressort sous forme de jets pouvant atteindre vingt mètres de haut. Ne restez pas trop près du bord si vous ne voulez pas être arrosé. Sur le sol, l’eau a laissé derrière elle des petits tas de sel de mer. Nous en collectons un peu pour notre cuisine. Plus besoin de se ruiner chez Coles !

Hamelin Pool

© Charlène Blaison
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Situé à Shark Bay, Hamelin Pool est un endroit très particulier car il abrite les plus anciens organismes vivants du monde : les stromatolithes. Cela ressemble à de gros rochers, mais il s’agit en fait d’amonts de bactéries.

Shell Beach

© Charlène Blaison
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Sur cette plage, on ne trouve pas de sable, mais uniquement des coquillages par milliers. L’eau ici très salée aurait permis le développement de ces coques tout en repoussant ses prédateurs. Il est tentant de ramasser des coquillages, mais le site est protégé.

Monkey Mia

© Charlène Blaison
© Charlène Blaison

L’attraction phare de cette autre station balnéaire est sa réserve naturelle de dauphins. Tous les matins à 7h, ces mammifères marins s’approchent de la plage pour déguster leur petit-déjeuner à base de poissons servi par les rangers et les bénévoles (possibilité de rejoindre l’équipe pour quelques jours ou plus).

Cette animation est totalement gratuite, arrivez de bonne heure car elle est très prisée. Non seulement on a la chance de voir des dizaines de dauphins sauvages de très près (les plus chanceux pourront même les nourrir s’ils sont choisis par les bénévoles), mais on apprend également beaucoup de choses grâce aux explications des rangers. À Monkey Mia, on peut aussi louer des kayaks à la demi-journée pour aller explorer le François Peron National Park, situé juste à côté.

Je resterais bien à Ningaloo Reef à vie à faire du snorkeling toute la journée, mais il nous reste encore plein de choses à découvrir jusqu’à Perth. Je vous en parlerai très vite dans un prochain article !

Originaire de Nancy, j’ai travaillé un peu partout en France en tant que chargée de communication dans le domaine culturel. En 2014, j’ai décidé de quitter mon CDI pour m’envoler seule vers l’Australie. Officiellement pour améliorer mon anglais, officieusement pour changer d’air. J’ai, comme beaucoup, attrapé le virus du voyage et je ne veux plus m’arrêter !

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Amelia Auteurs de commentaires récents
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Amelia
Amelia

Super article ! :) Ca donne envie.

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