Trouver un travail en PVT Corée du Sud : guide et expériences d’une pvtiste

Trouver un travail en Corée, c’est pas si compliqué ! Il suffit de bien cibler sa recherche d’emploi et d’adopter les coutumes locales… J’ai interviewé Maéva qui a testé trois jobs différents pendant ses 7 mois de PVT Corée. Avec son aide, je vous livre ce guide complet sur la recherche d’emploi en PVT Corée du Sud.

Soyons honnête : il n’est jamais facile de trouver un emploi à l’étranger, et encore moins en PVT Corée du Sud, où vous ajoutez la peur de l’inconnu à la méconnaissance de la langue et des codes. Pourtant, l’expérience le prouve : non seulement il est possible de trouver un job en Corée du Sud et c’est à la portée de tous ! Maéva, notre mine d’informations sur la Corée, vous livre ici tous ses conseils pour travailler en Corée du Sud

PVT Corée du Sud : le témoignage de Maéva

Avez vous besoin de travailler pendant votre PVT Corée ?

Première étape, évaluez votre budget : avez-vous besoin de travailler, et si oui, combien devez vous gagner par mois ? A priori, la vie en Corée du Sud est moins chère que chez ses voisines asiatiques. Ainsi, avec des économies et un mode de vie assez ascétique, Maéva n’a pas eu besoin de beaucoup travailler : elle a eu quelques jobs en restauration, puis a terminé son PVT en faisant du tutorat, ce qui lui permettait juste d’arrondir ses fins de mois.

Pour vous donner une idée, nous avions évalué dans notre article sur le coût des PVT qu’il fallait 735 € mensuels pour vivre en Corée du Sud. Maéva gagnait 700 000 won (536 €) par mois comme plongeuse, pour 26 heures par semaine. En tant que tutrice de français, elle gagnait autour de 8 € par heure. A vous de faire vos calculs !

Pour voyager pas cher, pensez au volontariat !

Pour voyager et économiser en même temps (oui, c’est possible), pensez au volontariat, qui consiste à travailler quelques heures en échange du gite et du couvert. Consultez notre article pour savoir comment trouver un bon volontariat !

10 astuces pour économiser pendant un PVT

Le marché de l’emploi en Corée du Sud

Non, les 35 heures ne sont pas internationales. En Corée du Sud, il faut vous attendre à ne pas ménager vos efforts.

Mes amis coréens m’avaient prévenue : au travail en Corée du Sud, il faut toujours avoir l’air de faire quelque chose. On ne juge pas la productivité mais le fait que tu sois là, debout…

Maéva, en PVT Corée du Sud

La durée légale de travail hebdomadaire se situe à 52 heures par semaine (en PVT vous ne ferez pas 52 heures, mais ça en dit long sur la culture du travail). Les pauses sont aussi courtes que rares, comme l’explique Maéva : « Sur un shift de six heures, tu as 15 minutes pour aller manger, aller aux toilettes, envoyer un texto. Et ça ne se fait pas du tout de reprendre une pause après ! ».

Les chiffres de l’emploi coréens

  • 3,68% de taux de chomage sur la population active en 2017 (contre 9,43% en France), selon l’OCDE.
  • 52 heures par semaine pour la durée de travail légale (et le passage aux 52 heures a fait scandale, d’après Courrier International).
  • 8 350 wons par heure de salaire minimum en 2019, soit 6,50 €.

Est-il facile de trouver un travail en Corée ?

Tout dépend du type de travail que vous cherchez ! Le guide d’accueil officiel des PVT Corée prévient que ça peut être difficile, surtout si vous ne parlez pas coréen… Mais se montre cependant optimiste : « Si vous avez un profil et une approche adéquate, vous réussirez probablement dans tous les types d’emplois ».

Selon Maéva, il faut distinguer deux types de recherche d’emploi :

  • Si vous cherchez un « petit boulot » sans beaucoup de qualifications (plonge, service…), vous ne devriez pas avoir de mal à trouver. Le fait de ne pas parler coréen n’est pas forcément un problème, car vous pouvez trouver un poste sans contact direct avec les clients.
  • Trouver un travail un peu plus qualifié est difficile, Maéva nous le confirme. D’autant que les entreprises coréennes sont légalement obligées de favoriser les coréens sur les emplois disponibles. Néanmoins, si vous êtes qualifié dans un domaine particulier, ça reste possible, en particulier sur des postes où l’on a besoin de quelqu’un qui parle français !

Votre bible en PVT Corée du sud : le guide d’accueil du gouvernement coréen

Le guide d’accueil édité par le ministère coréen des Affaires étrangères est une bible : il détaille comment trouver un logement, un emploi, la culture coréenne… Il est bourré de conseils précieux et avisés, on vous conseille de l’imprimer et d’en faire votre bible pour vos premiers pas en Corée du Sud !

Peut-on trouver un travail sans parler coréen ?

Oui, on peut trouver un travail en Corée du Sud sans maitriser le coréen, et Maéva en est la preuve vivante.

Pour elle, la maitrise du coréen de base (formules de politesse, quelques mots de vocabulaire) est suffisante pour postuler dans des emplois de plonge, service ou autre dans la restauration. Par contre, elle estime qu’il faut absolument parler anglais (même basique), sous peine de ne pas pouvoir se faire comprendre.

Des cours de coréen gratuits au Seoul Global Center 

D’après le guide d’accueil des PVT édité par le ministère des affaires étrangères de Corée du Sud, il est possible de prendre des cours de coréen gratuits au Séoul Global Center(situé à Séoul, comme son nom l’indique). On ne peut que vous conseiller d’en profiter !

Travailler avec un PVT Corée : obligations et droits

En tant que détenteur d’un PVT (visa H-1), vous devez prendre en compte quelques règles dans votre recherche d’emploi :

  • Vous ne pouvez pas travailler plus de 1 300 heures par an, soit 27 heures par semaine sur un an. Comme dans tous les PVT, il est précisé que l’emploi devra être un moyen de subvenir à ses besoins sur place plutôt que la raison principale de votre voyage.
  • Vous avez l’interdiction de travailler dans certains domaines : ceux qui compromettent « les bonnes mœurs » (réceptionnistes, danseurs, chanteurs, musiciens, acrobates sur les lieux de divertissement), ou ceux qui sont réglementés par la loi nationale (médecins, avocats, professeurs – et notamment professeur de langues, pilotes, cuisinier…)

Prof de français interdit, mais tuteur de langue toléré ?

Si vous ne pouvez pas travailler comme professeur de français avec un visa PVT, il semble que faire du tutoring – des cours particuliers de français – soit toléré.

En faisant des recherches, on trouve des sources contradictoires : l’Ambassade de la République de Corée en France précise explicitement sur son site qu’être tuteur de langues est autorisé, tandis que les autorités coréennes nous ont affirmé par mail que « You may not work as a language teacher even if it’s a private class with Working Holiday visa ». Notre conseil : si vous voulez être tuteur de français, faites-le, mais discrètement, et surtout ne vous en vantez pas auprès des autorités !

Les papiers et démarches à faire avant de chercher un emploi

Pour avoir le droit de travailler, vous devrez, dès votre arrivée en Corée du Sud, faire votre « Alien Card« , votre carte d’identité d’étranger. D’après Maéva, il faut attendre un mois pour l’obtenir.

Comment obtenir son Alien card à mon arrivée en Corée du Sud ?

Avec cette « Alien Card », vous pourrez ouvrir un compte en banque dans n’importe quelle banque coréenne, pour percevoir vos salaires.

Comment trouver un travail en Corée du Sud ?

1 – Cibler le travail que l’on cherche

Parmi l’infini des possibilités d’emploi, misez sur les bons chevaux. Le guide d’accueil des PVTistes en Corée liste plusieurs domaines à privilégier :

  • Métiers dans les Langues, avec notamment les métiers de traducteur, correcteur, rédacteur, pour encore comédien de doublage pour des livres audio, des examens en français… D’après le guide PVT Corée, ce sont des métiers qui marchent bien ! Sur le site de l’Ambassade de Corée en France, le métier de tuteur de langue est aussi suggéré.
  • Hôtellerie et restauration : comme partout dans le monde, ce sont des secteurs accueillants pour les étrangers. Ils ne nécessitent pas beaucoup de compétences, et notamment ne demandent pas de maitriser la langue locale… Et peuvent même être des endroits où vous pouvez valoriser votre côté multilingue !

Misez sur la frenchitude !

Pour Maéva, l’idéal est de jouer de votre frenchitude. Elle donne plusieurs idées :

  • Faire du tutoring de français, par exemple dans un café international.
  • Miser sur les restaurants ou pâtisseries françaises.
  • Elle conseille notamment de se rendre avec son CV à Seroae Maeul, le « village français » de Séoul, où vous trouverez plein de structures françaises.
Seoare Village à Séoul, le QG des français. On y trouve même la rue Montmartre ! © Flickr / Yeong-Nam

2 – Faire son CV

En Corée, deux types de CV sont acceptés : le CV à l’anglo-saxonne, comme en France, que vous pouvez personnaliser. Il faut le faire en anglais. Il y a aussi le CV coréen, qui est le même pour tout le monde, avec des cases à remplir (en coréen).

Le CV coréen : seulement si vous parlez coréen !

Le CV Coréen est le même pour tout le monde : en gros, c’est un tableau à remplir – et à ne surtout pas personnaliser. Comme le résume Maéva en riant : « en Corée, il faut pas être créatif ! ».

Téléchargez le CV coréen de Maéva

Comme Maéva est très sympa, elle nous a donné son CV coréen, que vous pouvez télécharger (format word). Ça donne une idée de comment le remplir ! On vous conseille aussi de vous aider de cet article détaillé du site asiaoptions, et bien sûr, de Google traductions pour vous y retrouver…

Maéva conseille de n’utiliser le CV coréen que si vous parlez coréen ; pour elle, il est contre-productif de faire semblant de vous fondre dans la culture locale si vous ne pratiquez pas la langue… Si vous ne parlez pas coréen, mieux vaut jouer sur votre statut d’expatrié en rédigeant un CV à l’anglo-saxone, et en anglais.

Cela dit, elle estime qu’il est quand même intéressant d’essayer de faire son CV coréen – même si on ne s’en sert pas… Elle estime qu’il donne un bon aperçu de la manière dont pensent les coréens dans le milieu du travail : « Par exemple, sur ton CV, tu donnes la moyenne que tu as eue à l’école… En Corée, les notes à l’école sont ultra importantes pour la suite, ça donne une idée du fonctionnement de la société coréenne ! ».

Privilégiez le CV en anglais !

Maéva s’est uniquement servie de son CV « classique » (celui qu’elle utilise en France), traduit en anglais. D’après son expérience, ce type de CV est très bien accepté sur des emplois où on attend que vous parliez anglais, ou bien quand votre contact est lui-même expatrié.

3 – Candidater : mail ou porte-à-porte ?

Comme en France, vous avez le choix de donner votre CV par mail ou en porte-à-porte. Comme en France, le porte-à-porte est plus indiqué dans des emplois type restauration. Pour le travail dans des bureaux, préférez le mail pour une prise de contact, mais n’hésitez pas à relancer : c’est une culture où, comme l’explique Maéva, « si t’as envie d’un boulot, il faut le montrer, et ne pas hésiter à débarquer avec ton cv ».

Elle prévient que les Coréens ne tournent pas autour du pot : ils jugent beaucoup sur la présentation, et vous diront assez rapidement s’ils vous embauchent ou pas.

Le mail pour une première prise de contact

Si vous choisissez de candidater par mail, envoyez votre CV accompagné d’un texte expliquant vos motivations. D’après Maéva, la lettre de motivation formelle ne se fait pas tellement en Corée du Sud, mais le mail qui accompagne le CV est très important. Elle prévient de ne pas hésiter à relancer en l’absence de réponse !

Porte-à-porte : conseils pour soigner votre apparence

Le porte-à-porte se fait comme en France : faites le tour des établissements qui vous intéressent et distribuez votre CV. Maéva note néanmoins quelques petites différences avec la France :

  • Une tenue classique est attendue – d’autant que vous serez beaucoup jugé sur votre apparence. Comme le précise Maéva, l’originalité n’est pas valorisée en Corée du sud !
  • Un insolite : contrairement à la France, Maéva conseille de ne pas trop sourire. Elle explique que le sourire peut-être mal interprété en Corée du Sud (et en Asie en général), car parfois vu comme impoli.
  • Si vous n’avez pas les codes coréens, pas de panique : Maéva précise que les coréens recrutent différemment un expatrié ou un local : « On te pardonne de ne pas forcément avoir les comportements coréens, de pas avoir tous les codes. Pour ma part, j’ai postulé à chaque fois sur des boulots où je pensais sincèrement être pertinente et compétente, je suis restée moi-même, et ça a marché. »
  • Si la personne chargée du recrutement est disponible, l’entretien pourra avoir lieu immédiatement. Vous pouvez vous y préparer : ceux qu’a passé Maéva étaient très classiques (parcours, motivation), il n’y avait aucun piège !
  • Si vous avez un entretien ou que vous rencontrez le ou la responsable de l’établissement, n’hésitez pas à envoyer renvoyer un petit mail après coup, précisant que vous avez été content de rencontrer la personne, et que vous restez très intéressé.

Pour travailler dans la restauration, tenue noire obligatoire

Si vous souhaitez travailler dans la restauration, on vous demandera souvent de vous habiller en noir : haut noir, pantalon noir, chaussures noires, pas forcément chic, mais passe-partout. Pensez-y quand vous faites votre sac avant de partir en PVT, ça vaut le coup d’y glisser des habits noirs !

Vous êtes embauché ? Quelques conseils pour survivre au travail en Corée !

Vous l’aurez compris, le travail en Corée du Sud est assez… Disons, intense. Maéva donne quelques conseils pour s’en tirer au mieux !

Avoir une attitude positive

Maéva se garde bien de faire des généralités, mais elle ne peut que constater la réalité du terrain : « le rapport hiérarchique est ultra important : il faut s’attendre à ce que votre manager soit assez stressant, mais il ne faut jamais lui répondre ».

Pour elle, inutile de se révolter… Il faut plutôt apprendre à laisser couler les choses : « Le premier jour c’était raide, mais après je n’ai plus eu de problème… Il faut juste avoir une attitude positive intérieurement, il ne faut pas se décourager et ne pas être trop sensible à l’énergie négative qui peut émaner des chefs ! » Elle constate que cette attitude autoritaire de la hiérarchie tient plus du mode de fonctionnement que d’une attaque personnelle : « Il faut se blinder au début mais mais si tu bosses bien, on devrait te laisser tranquille ! »

Elle raconte en riant qu’il est presque mieux de le pas parler coréen face à un chef coréen : « Au restau où je bossais, on m’a prévenue dès le début que le chef était pas cool. Effectivement, il me criait dessus en coréen, et comme je ne comprenais rien, je ne disais rien. Je savais que c’était un manager pas sympa comme on peut en trouver en Corée (je n’aime pas les clichés, mais il faut bien dire que dans le cas de la Corée, le cliché est un peu vrai !), alors je laissais couler ! »

Autonomie totale

Autre chose à savoir : ici, pas de plan formation, ni formel, ni informel ! Maéva raconte que lorsqu’on arrive dans un travail, il faut tout donner pour comprendre par soi-même comment faire les choses. « Les managers vont être très prompts à la critique… Mais pas beaucoup à t’aider, à te dire comment t’organiser. Il faut être hyper autonome, il faut que tu arrives à trouver des gens disponibles pour t’aider. »

Absence de contrat : couvrez vos arrières !

Comme en France, il est courant que les jobs, notamment en restauration, soient au moins en partie non déclarés. Pour Maéva, ce n’est pas forcément une situation à fuir, mais il faut couvrir ses arrières pour ne pas se retrouver sans solution face à un patron qui a décidé de ne pas vous payer.

  • D’abord, l’idéal est de travailler dans un établissement où vous connaissez quelqu’un qui a travaillé. Vous saurez ainsi si le patron est mauvais payeur…
  • Ensuite, veillez l’arrivée de votre paye, et réclamez-la dès qu’elle a du retard.
  • Dans certains cas, Maéva conseille d’essayer de se faire payer le soir même, ou chaque semaine. Comme il n’est pas très bien vu de réclamer, vous pouvez par exemple expliquer que vous payez votre loyer à la semaine, et que vous avez donc besoin d’argent chaque semaine.
  • Gardez les traces écrites de vos échanges avec votre employeur : échanges de textos, de mails… Faites des captures d’écran, et stockez toutes ces preuves qui pourront vous permettre de faire pression sur le patron en cas de problème !

Alors, prêt à vous lancer sur le marché du travail coréen ? Racontez-nous vos expériences en commentaire

En m'approchant (dangereusement) de la trentaine, j'ai eu envie de prendre un peu d’air frais pour cette décennie qui commence. Après un premier bain de pieds en Turquie en 2015, c'est le grand plongeon début janvier 2017, avec un PVT Argentine, cette fois en compagnie de mon amoureux de presque toujours, Romain. Notre devise de voyage : curiosité, improvisation et contemplation !

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