Workaway, Helpx, Wwoofing : comment choisir et créer un profil attractif ?

Envie de vous lancer dans la grande aventure du volontariat à l’étranger ? Forts de nos expériences, on vous explique ici comment dégoter le meilleur volontariat de la planète (au moins) !

Être volontaire à l’étranger est une expérience unique : vous vous retrouvez dans des endroits improbables, avec des gens que vous n’auriez surement pas rencontré par hasard, vous faites des choses inédites (non, avant mes volontariats, je n’avais jamais fabriqué des briques en terre et en paille !), le tout sans dépenser un euro.

Mais on est bien d’accord que les hôtes ne tombent pas du ciel ! On vous explique ici étape par étape comment trouver un bon volontariat à l’étranger, en fonction de vos envies !

1 – Bien choisir sa plateforme

Pour trouver un hôte, le plus simple est de passer par internet, et par l’une des trois plateformes principales : HelpX, Workaway, et WWOOF. Chacune a sa spécialité et son réseau :

  • Wwoof : plateforme qui se consacre aux volontariats dans les fermes biologiques. Il n’y a pas de coordination internationale : vous prenez donc une inscription par pays (ce qui peut être un peu pénible quand on a prévu de passer par plusieurs pays).
  • WorkAway : plateforme qui propose tous types de volontariats, partout dans le monde.
  • HelpX : plateforme qui propose plutôt des volontariats partout dans le monde mais, de notre expérience, plutôt des volontariats en campagne qu’urbains.

Helpx, Wwoofing, Workaway : le volontariat des voyageurs

Pour choisir la bonne plateforme, posez vous deux questions :

  • Dans quel pays je vais faire du volontariat ? Selon les pays, l’une ou l’autre plateforme est plus ou moins développée.
  • Quel type de missions je veux faire ? Sans vous inscrire, vous pouvez éplucher les annonces des hôtes : vous verrez la plateforme où les annonces vous attirent le plus.

Tableau comparatif des 3 plateformes de volontariat

HelpXWorkawayWWOOF
Nombre de pays disponibles 120 184 138
Nombre d'annonces dans le monde 33 373 36 590 info non disponible
Avantages de la plateforme Plutôt des « petits » volontariats, assez humains Tout type de volontariat, de l'auberge qui emploie 30 volontaires à la famille qui en accueille un seul... Spécialisée dans le volontariat dans les fermes biologiques
Inconvénients de la plateforme Le design ! Très concurrentielle : il y a beaucoup d'annonces, mais aussi beaucoup d'inscrits... - Pas de coordination internationale : vous devez vous inscrire dans le réseau de WWOOF de chaque pays où vous voulez faire du volontariat.
Prix d'inscription 20 € pour 2 ans (pour 1 ou 2 personnes) 36 € pour 1 personne pour 1 an 48 € pour 2 personnes pour 1 an Selon les pays, de 20 à 70 $US (de 17 à 60 €)
Nombre d'annonces pour quelques pays du PVT
Australie 8 737 2 175 4 019
Nouvelle-Zélande 5 890 1 098 1 000
Canada 1 812 2 009 864
Japon 146 157 421
Argentine 156 531 30
Brésil 136 557 21
France 2 682 3 773 1 743

HelpX, notre petite préférée ♥

Si vous passez outre le graphisme sorti tout droit des années 90, HelpX est une super plateforme. Elle est souvent moins connue que sa collègue Workaway, mais du coup moins concurrentielle : nous y avons trouvé des volontariats assez rapidement et simplement. Ne vous fiez donc pas toujours au nombre d’annonces par plateforme : parfois, même avec peu d’annonces, vous trouverez facilement des volontariats !

Est-on obligé de s’inscrire à une plateforme pour trouver un volontariat ?

La réponse est… Ça dépend. Si vous souhaitez avoir une expérience de volontariat au fin fond de la pampa Argentine, il y a quand même peu de chance de trouver un contact sous le sabot d’un cheval. Une plateforme comme HelpX ou WorkAway a donc tout son rôle pour mettre les hôtes et les volontaires en relation.

Par contre, si vous souhaitez faire du volontariat dans une auberge de jeunesse d’une grande ville, ce n’est peut-être pas nécessaire : munissez vous d’un CV et faites du porte-à-porte dans la ville en question. Si vous dormez en auberge de jeunesse, vous pouvez aussi demander aux réceptionnistes et aux voyageurs s’ils ont des contacts ou des bons plans : c’est comme ça qu’on avait trouvé notre volontariat à Uspallata, en Argentine…

Dans tous les cas, vous pouvez aussi regarder sur Facebook : dans la plupart des pays, il existe un groupe Facebook pour partager les bons plans de volontariat.

capucine, l'ânesse carmelita et moi a valparaiso
Moment de volontariat improbable : monter sur les hauteurs de Valparaíso pour apporter nos déchets organiques à l’ânesse Carmelita. Nous voici donc toutes les trois : Capucine, Carmelita et moi.

2 – Remplir son profil sur la plateforme

Une fois que vous êtes inscrit à une plateforme, il va falloir remplir votre profil. L’important est de donner à vos hôtes l’envie de vous rencontrer. Pour ça, vous pouvez bien sûr étaler vos compétences… Mais étalez surtout votre capital sympathie !

Quelques conseils pour un profil de volontaire qui donne envie

  • Adoptez la langue de votre pays d’accueil dans la description et dans vos messages… Même si vous ne la maitrisez pas à 100%. L’hôte vous sera reconnaissant d’essayer – d’autant plus s’il ne parle que sa langue natale !
  • Donnez le maximum d’informations : expliquez votre situation, ce que vous cherchez… Bref, soyez honnêtes et complets.
  • N’oubliez pas de mettre une photo ! Et une où on distingue clairement votre visage. La photo de loin et de dos dans le brouillard breton n’a pas trop d’intérêt. Et si vous souriez, c’est toujours plus sympa !
on pose devant l'hotel dans lequel on est volontaires à la isla tenglo, au chili
En volontariat au Chili, sur la Isla Tenglo (hôte pas sympa, mais lieu plutôt chouette !)

3 – Prendre contact avec les hôtes

C’est là que tout se joue. Après avoir rempli votre profil, munissez vous de temps et d’une connexion internet, et c’est parti pour le démarchage à grande échelle : écrivez des messages aux hôtes qui vous intéressent, laissez reposer, relancez

C’est comme une recherche d’emploi, mais plus valorisante : avec un peu d’acharnement, vous devriez avoir rapidement des réponses.

Quand contacter l’hôte ?

A priori, l’idéal est de s’y prendre entre un mois et quelques semaines à l’avance pour être sûr de trouver un hôte. Mais on a aussi parfois essayé deux jours avant… Et c’est passé ! Faites comme vous le feriez pour chercher un travail : le plus tôt est toujours le mieux, mais le dernier moment se tente aussi.

Comment (bien) choisir son volontariat et ses hôtes ? Les questions à poser

Pour savoir où vous mettez les pieds, nous vous conseillons de regarder plusieurs critères avant de vous jeter à corps perdu dans un volontariat :

  • Le lieu : si vous avez déjà un itinéraire de voyage, inutile de faire un détour de 3000 kilomètres pour cinq jours de volontariat. On vous conseille de considérer le lieu du volontariat comme le premier critère de choix. Cela dit, restez ouverts : si l’expérience vous fait envie, peut-être que votre itinéraire peut changer !
  • Le type de mission. Qu’avez-vous envie de faire, ou d’apprendre ? Si vous voulez absolument apprendre à élever des lamas, faites des recherches en ce sens. A l’inverse, si vous détestez les chevaux, évitez le Wwoofing dans un ranch. Notez quand même que le but du volontariat est la découverte ; on vous conseille donc de rester ouverts aux expériences nouvelles et inconnues…
  • Le type de structure et le nombre de volontaires accueillis. Est-ce que c’est un commerce, ou un particulier ? Ça en dit beaucoup sur l’ambiance de votre volontariat : plutôt colo de vacances entre étrangers, ou immersion totale au milieu des locaux ? Plutôt salariat déguisé ou coup de main donné à un local sympathique ?

Vos compétences comptent moins que votre bonne volonté

Vous êtes un volontaire, pas un salarié : vos missions seront donc normalement ouvertes à des débutants. Ainsi, si vous voyez comme missions « aider à construire une maison », ne pensez pas que l’hôte attend un maçon ! Il cherche simplement quelqu’un d’intéressé et de motivé pour apprendre… Seules exceptions : quand l’hôte précise qu’il cherche quelqu’un avec des compétences particulières.

  • Le temps minimum de volontariat exigé par l’hôte. La plupart des hôtes vous demanderont de rester une dizaine de jours minimum. Ça peut se comprendre : c’est le temps de vous connaitre et de vous former sur vos missions. C’est un détail à prendre en compte, surtout si vous ne voyagez que quelques mois.
  • Les horaires et le temps de travail. Même si ce n’est pas un travail à proprement parler, un hôte peut tout à fait vous imposer des horaires – et c’est normal, il doit s’assurer que l’échange vaut le coup pour lui. Souvent, les hôtes précisent dans leur annonce combien d’heures de travail ils attendent par jour. Il n’y a pas de loi internationale qui encadre tout ça, alors le temps de travail varie. Mais en moyenne, on vous demandera entre 20h et 30 h de travail hebdomadaire en échange du gite et du couvert.
  • Les conditions de logement. Il faut être prévenu : selon le mode de vie des gens qui vous accueillent, les conditions de logement peuvent être spartiates ! Si vous êtes un grand sensible du dos, mieux vaut prendre en compte ce critère dans votre choix…
  • La langue pratiquée par vos hôtes. Même si ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas y aller si vous ne parlez pas la même langue : ça sera l’occasion d’apprendre.
  • Et surtout… La sympathie de vos hôtes. Elle transparait souvent dans le message : un « bonjour » avec smileys, ou plutôt un agressif « APPLICATIONS WITH THIS CONDITION » en majuscules pour commencer le message ? Un message complet avec des phrases, ou un style télégraphique ? Vous pouvez souvent détecter si vous allez être traité comme un mec sympa qui vient aider, ou comme une main-d’œuvre gratis… Faites confiance à votre instinct !

Sur les annonces, lisez les commentaires

Les commentaires des autres volontaires en disent souvent long sur l’ambiance. S’il y a un mauvais commentaire, ça peut arriver – il ne faut pas non plus nier le potentiel de pénibilité de certaines personnes. Mais s’il y en a plusieurs, soyez sur vos gardes… Et s’il n’y a pas de commentaires du tout alors que l’hôte est inscrit depuis la nuit des temps, c’est louche !

pain mapuche fait en volontariat en argentine
Ma première fournée de pain solo, après avoir appris à le faire avec Daniela, pendant un volontariat en Argentine.

Quelques pièges à éviter

Comme dans tout concept sympa, il y en a toujours quelques uns qui essayent d’en abuser. Grâce aux plateformes, les risques de tomber sur un malade mental sont minimes : les hôtes sont filtrés. Mais méfiez-vous malgré tout de quelques embrouilles qui ne font pas partie du concept :

L’hôte qui vous demande de payer

L’hôte vous propose de payer un tarif journalier pour rester chez lui… En plus du travail qui vous lui fournissez ! Logique, non ? A priori, si on vous fait cette demande… Ça sent l’embrouille !

Malgré tout, suivez votre instinct. Car ça nous est arrivé de payer pour un volontariat à Uspallata, en Argentine. Mais l’hôte nous l’a dit avant que l’on arrive, par message, nous expliquant qu’il n’avait pas un pesos à ce moment là et que c’était compliqué pour lui de nourrir deux bouches en plus. Il nous demandait un tarif très raisonnable (2 € par jour et par personne). Et quand on est arrivé, on a constaté que le type, sa femme et ses deux enfants vivaient dans une mini caravane, avec toilettes et douche dehors. Alors oui, je crois que c’était vrai : ils n’avaient pas énormément d’argent… Par contre, ça ne les a pas empêché pas d’être généreux avec leur temps et leur bonne humeur : on a vécu une super expérience de volontariat avec eux !

Des conditions d’échange pas claires

Des horaires et des missions pas claires dans l’annonce ? Renseignez-vous, sous peine de tomber sur un volontariat où on vous prend pour un esclave… Sans être psychorigide de l’horaire (parfois, le rythme se définit au cours de la journée et c’est très bien comme ça), vous pourrez sentir par message si votre hôte a oublié de préciser les termes de l’échange ou si il fait l’autruche dans l’idée de vous exploiter jusqu’à la moelle…

Que faire si mon volontariat se passe mal ?

D’abord, essayer de parler avec votre hôte, pour modifier vos horaires ou vos missions. Mais si vous n’arrivez ni à rectifier le tir, ni à prendre sur vous ce qui vous dérange, alors ne vous obstinez pas : fuyez. Vous n’allez pas vous gâcher une belle année de PVT pour un volontariat ! Si votre hôte vous parait objectivement abusif, n’hésitez pas à laisser un commentaire : ça servira pour les prochains volontaires. Et si il vous parait carrément dans l’illégalité, signalez-le à la plateforme où vous l’avez trouvé !

Quelques conseils pour bien démarrer son volontariat

Vous avez trouvé votre volontariat ? C’est là que tout commence ! Quelques conseils sur l’état d’esprit à cultiver pour bien démarrer un volontariat :

  • Arrivez motivé et prêt à travailler. Le début d’un volontariat est toujours un moment de choc. Vous êtes en vacances, et du jour au lendemain, on va vous demander de vous lever à sept heures du matin pour ratisser le sable (vécu). Même si vos missions ne sont jamais trop difficile, comme tout dans tout dans la vie, le plus dur est de s’y préparer, et de s’y mettre !
  • Arrivez ouvert et curieux. Un volontariat ne sera jamais comme vous l’avez imaginé… Et c’est bien ça qui en fait la richesse !
  • Positivez les expériences. Même si vous êtes parfois épuisé ou heurté par certaines choses, ça fait partie de l’expérience. Même si votre volontariat ne se passe pas bien, positivez : prenez ce que vous avez à prendre, apprenez, essayez de changer les choses. Même un volontariat qui ne se passe pas bien (on est tombé une fois sur un hôte assez désagréable) peut parfois être riche en découvertes humaines ou en apprentissages techniques…
  • Sentez-vous libre. Quoiqu’il arrive pendant votre volontariat, vous êtes libre de le quitter – tant que vous respectez l’hôte en annonçant votre départ dans les règles. Profitez de cette liberté : on ne l’a pas souvent dans la vie !
Clôture de jardin construite pendant notre volontariat à Uspallata, en Argentine.
C’est nous qui avons fait cette magnifique clôture de jardin dans la cordillère des Andes !

En m'approchant (dangereusement) de la trentaine, j'ai eu envie de prendre un peu d’air frais pour cette décennie qui commence. Après un premier bain de pieds en Turquie en 2015, c'est le grand plongeon début janvier 2017, avec un PVT Argentine, cette fois en compagnie de mon amoureux de presque toujours, Romain. Notre devise de voyage : curiosité, improvisation et contemplation !

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Julie et RomainAnaïs Auteurs de commentaires récents
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Anaïs
Anaïs

Super article merci beaucoup j’hésitais pour helpX mais vraiment je vais renouveler ! (J’ai vécu une expérience incroyable en Ecosse via cette plateforme quand j’étais plus jeune) Je me reconnais dans vos commentaires !

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