Pour réussir à survivre financièrement à un an de voyage, il y a trois solutions, qui dépendent de votre situation financière de base :

  • Vous êtes très très très (très) riche. Vous pouvez faire votre tour du monde les doigts de pieds en éventail, en mangeant tous les jours au restaurant et en vous lavant chaque matin dans un bain de lait, à la Cléopâtre. Dans ce cas, je pense que vous pouvez vous épargner la lecture de cet article.
  • Vous n’avez pas un euro de côté. Vous passez votre PVT à travailler comme un fou (ou une folle), sans rien voir du pays. C’est une belle expérience — notamment pour comprendre que, non, le SMIC n’est pas international — mais un peu frustrante. On vous conseille de lire cet article, histoire d’envisager d’autres solutions.
  • Vous avez un peu d’argent, mais pas trop trop non plus. En gros, de quoi survivre pendant quelques semaines, à condition de manger uniquement des sandwichs au thon et de dormir à la belle.

Si vous êtes dans cette troisième situation, cet article est pour vous : on vous jure, il y a des alternatives aux sandwichs au thon. Après un an en PVT Argentine, on vous livre en exclusivité mondiale nos 10 astuces pour dépenser moins et voyager plus pendant votre PVT… Suivez le guide, et devenez comme nous super radins économes en voyage !

1 — Bien gérer son argent en voyage

Pour voyager à petit budget… Il faut déjà avoir un budget, et le gérer ! Pour ça, une bonne banque, quelques applis et un peu de rigueur devraient suffire.

Avant de partir : bien choisir sa banque

À moins de vous balader avec 2000 € planqués dans vos chaussettes (oui, on connait votre cachette…), il va falloir estimer ce que vont vous coûter les retraits et les paiements à l’étranger. Trois questions essentielles à poser à votre banquier(e) :

  • Quels frais de retrait seront appliqués dans le pays où vous allez ?
  • Quels frais de paiement par carte seront appliqués dans le pays où vous allez ?
  • En cas de perte ou de vol de carte bleue : comment récupérer un moyen de paiement ?
  • Existe-t-il un « forfait retraits à l’étranger » auquel vous pouvez souscrire ?

Ces trois informations devraient déjà vous donner une idée de l’intérêt (ou pas) d’ouvrir un autre compte. Si tel est le cas, sachez que la banque en ligne N26 est en ce moment la star dans le monde des voyageurs : une version gratuite avec des frais minimes de retrait à l’étranger, et une version payante sans frais de retrait. Pour en savoir plus et découvrir d’autres solutions moins chères que les banques traditionnelles, suivez nos conseils pour économiser sur les transferts et retraits d’argent à l’étranger.

Applications et sites pour gérer son budget en voyage

  • Pour construire le budget de voyage : planificateur A contresens, un site qui vous permettra d’avoir une idée globale des prix dans le pays où vous allez — et donc des moyens d’économiser.
  • Pour suivre son budget : Budgi, une application développée par un voyageur, qui permet de définir un budget quotidien et de voir son évolution en fonction des dépenses.
  • Pour faire les comptes à plusieurs : Tricount, dont on vous avait déjà parlé dans notre article sur le budget pour un PVT Argentine. L’avantage : vous nommez les participants, renseignez les dépenses de chacun et l’application calcule qui doit combien, à qui. Ça évitera des heures de prise de tête entre copains de road-trip : « Je te dis que là il faut additionner le prix de l’auberge avec celui du restau, enlever le prix du plat de Gus et APRÈS diviser ! Mais attends ça dépend, c’est pas Jean-Michel qui a payé les glaces ? »

2 — Se loger gratuitement chez l’habitant

Évidemment, le meilleur moyen d’économiser… C’est tout simplement de ne pas payer ! Le deal repose sur l’échange de bons procédés et parfois sur la seule générosité de vos hôtes.

Dormir et manger gratuitement grâce au volontariat

Le principe du volontariat est simple : vous échangez quelques heures de travail contre le gite et le couvert. Vous aurez parfois même droit à des petits extras improbables : balades en kayak, cours de cuisine ou tarte au chocolat pour le dessert… Et surtout, le volontariat est une bonne manière de faire des rencontres, de partager une routine et un bout de vie avec des personnes à l’autre bout du monde… Si on réfléchit bien, c’est assez poétique !

Consultez aussi : Vivre chez l’habitant : HelpX et Wwoofing

Selon les destinations, vous devrez travailler entre 15 et 35 heures par semaine pour être logé et nourri gratuitement. Pensez à bien préciser les termes de l’échange avec votre hôte : vérifiez que tous les repas sont inclus, demandez combien d’heures de travail vous devrez fournir… Et bien sûr, fuyez toute situation ressemblant à de l’esclavage moderne : journées infinies + hôte désagréable + logement insalubre + nourriture payante = mauvais plan.

Volontariat à Ñorquinco, en Patagonie Argentine

La mission de Romain pendant notre volontariat à l’éco-Camping de Ñorquinco, en Patagonie Argentine : arracher TOUS les bambous morts de la forêt !

Comment trouver un volontariat ? Workaway, Helpx ou Wwoofing ?

  • Par Internet : c’est de loin le moyen le plus facile ! Il existe plusieurs sites sur lesquels s’inscrivent les hôtes : wwoofinternational (pour des volontariats dans l’agriculture), Workaway (très prisé, avec une inscription à 32 € pour un an). Et bien sûr, notre préféré : HelpX !
  • Le bouche-à-oreille : une autre manière de trouver des volontariats, c’est de regarder les annonces dans les auberges de jeunesse, parler aux autres voyageurs qui ont fait du volontariat… Vous verrez qu’on peut vite vous donner le bon plan du siècle — c’est comme ça qu’on s’est retrouvés deux mois à Valparaiso… Mais ceci est une autre histoire, qu’on vous racontera bientôt. Les blogs sont le pendant numérique du bouche-à-oreille, de nombreux voyageurs racontent leur expérience de volontariat en détail — photos à l’appui — et peuvent vous aider à dénicher la perle rare tout comme vous éviter un traquenard.
  • Le porte-à-porte dans les auberges de jeunesse : dérivé du bouche-à-oreille, le porte-à-porte consiste à vous balader dans une ville, si possible CV à la main et armé de votre plus beau sourire, pour démarcher toutes les auberges de jeunesse du coin. Cette technique marche plutôt dans les grandes villes : vous devriez trouver un volontariat en moins d’une journée ! Par contre, inutile de vous dire que cette technique risque de ne pas être très efficace dans la pampa argentine et ses maisons tous les quatre kilomètres…
lion de mer au Chili, près de Puerto Montt

Une balade en bateau à l’entrée de l’Océan pacifique pour nous remercier de deux semaines volontariat…

Faire du gardiennage : home sitting et pet sitting

Ces étranges mots en ing signifient tout simplement que vous devenez non pas gardien de bébé (baby-sitter), mais gardien de maison (home sitter) et/ou d’animal (pet sitter). En gros : pendant plusieurs semaines, on vous laisse une maison ou un appartement pour vous tout seul, gratuitement, à condition de faire le ménage, d’arroser les fleurs et de promener le chien. Autant dire que si vous aimez vous occuper d’un lieu et que vous avez un peu de temps devant vous, c’est un très bon plan logement en voyage !

Par contre, les home sitting ne sont pas toujours faciles à trouver : il y a beaucoup de concurrence et les propriétaires sont sélectifs (normal, ils laissent leur maison à un parfait un connu pendant plusieurs semaines)… C’est à tenter, mais rien n’est garanti !

Comment trouver un home sitting ?

  • Il existe plusieurs plateformes : Nomador (gratuit jusqu’à trois demandes), Trusted House Sitters (89 € par an) et House Carrers (environ 40 € par an) sont les plus connues.
  • Votre profil est essentiel : c’est par ce biais que vous pourrez convaincre un propriétaire de vous laisser entretenir son logement. Alors, soignez-le !

Faire du couchsurfing

On ne vous fera pas l’affront de vous présenter le couchsurfing (littéralement, le « surf sur canapé ») : dormir chez quelqu’un gratuitement, en échange de joie et de bonne humeur. L’avantage : rencontrer des gens, faire des choses que vous n’auriez jamais pensé faire (petite pensée pour ma copine Charlotte qui s’est retrouvée à tenir une boutique de bricolage avec son hôte en Argentine)… Inconvénients : confort pas toujours garanti, et adaptation nécessaire aux horaires de votre hôte, ce qui peut parfois peser sur le long terme.

 Comment trouver un couchsurfing ?

  • Allez sur le site Couchsurfing et inscrivez-vous. Si vous voulez trouver des hôtes (et il me semble que c’est le but), soignez votre profil : mettez votre photo, prenez du temps pour vous décrire… Les gens vous accueillent pour vous rencontrer et passer du temps avec vous : donnez leur envie !
  • L’idéal est d’avoir vous-même déjà accueilli quelqu’un en couchsurfing, pour avoir des commentaires positifs sur votre profil.
  • S’y prendre à l’avance : en principe, vous ne trouverez pas de solution la veille pour le lendemain en couchsurfing.
  • Pour notre part, à deux, on a eu un peu de mal à trouver des hôtes… Il semble que ce soit plus simple en solo !

3 — Transports : pour voyager pas cher, voyagez lentement

Imaginez-vous en Argentine, à Buenos Aires. Vous souhaitez aller à Mendoza. À votre avis, qu’est-ce qui coûte le moins cher : un bus direct avec repas inclus et siège inclinable, ou le bus avec de multiples correspondances et des sièges qui font — banalement — juste siège ?

Voilà, vous avez compris le principe : si vous voulez économiser sur les transports en voyage, il va d’abord falloir être patients et adopter le « slow travel », soit le voyage lent. Une forme de voyage parfois vraiment pas pratique, mais vraiment pas chère non plus. Et au final, voyager de cette manière devrait vous amener à des aventures pas banales : un trajet à l’arrière d’un pick-up avec un joueur de ukulélé, 38h de bus entre deux pays, seize kilomètres à pied en Patagonie ou la traversée de la cordillère des Andes en micro-bus, compressé contre des cholitas en train de savourer leurs glaces vanille-fraise…

Pick-up dans la Valle de Cochiguaz, au Chili, Romain pensif.

Dans la Valle de Cochiguaz, au Chili. Entre deux joueurs de ukulélé, assis à l’arrière du pick-up, Romain pense.

Adopter le mode « slow travel » pour ses déplacements

Le voyageur lent doit acquérir un certain nombre de compétences pour se déplacer autrement : ne pas avoir peur des détours, des combinaisons train-marche-bus-stop, des correspondances aux horaires improbables, du confort aléatoire, des nuits divisées en quatre (petit somme dans un bus, petit somme dans le terminal de bus, petit somme dans une navette, re-petit somme dans une voiture qui vous a prise en stop)…

Si le slow travel peut vous permettre d’économiser sur vos déplacements, c’est avant tout une philosophie de voyage qui consiste à prendre son temps, à s’imprégner du lieu et de ses habitants. Et ça tombe bien, le PVT est calibré pour ça !

Comment se déplacer comme un slow traveler ?

  • Intermodalité est le maitre mot. Toujours combiner les différents modes de transport. Imaginez, inventez (c’est beau).
  • Faire du stop. C’est le seul moyen d’accéder à certains endroits. On connait surtout le stop en voiture, mais il existe des modes de stop plus improbables : par exemple, le bateau-stop, où un propriétaire de bateau vous embauche comme équipier sur une traversée !
  • Penser au covoiturage. Si tous les pays n’ont pas un site dédié au covoiturage, vous pouvez vous servir des réseaux de voyageurs sur Internet (par exemple, les groupes Facebook de Français à l’étranger) ou tout simplement parler à d’autres voyageurs à l’auberge de jeunesse : une discussion informelle au petit-déj’, et hop, vous repartez dans la voiture de votre voisin de table !
  • Toujours prendre les transports en commun : pas de taxi ni de navettes pour touristes. Cela implique que, selon le degré d’organisation du pays, il va falloir accepter de vous perdre ou de faire des détours géants. Pas de panique, le principe du transport en commun est d’être avec plein de gens prêts à répondre à vos questions !
  • Opter pour les trajets de nuit : ils sont souvent plus lents
  • Voyager à vélo. Pour les plus solides de la gambette, le vélo est une solution de slow traveling au top : liberté totale, zéro pollution, zéro dépenses. Évidement, ça demande un peu d’organisation, d’entrainement et de connaissances en mécanique : on ne traverse pas les plateaux andins en vélo parce que ça nous prend un matin. Pour être honnête, on n’a jamais voyagé en vélo ; mais on doit quand même vous confier que c’est un rêve qui nous poursuit… On attend vos récits !
  • Marcher autant que possible. Il n’y a pas de petites économies ! En ville, si vous êtes en bonne forme, prenez l’habitude de laisser tomber les transports en commun… Et marchez ! Non seulement c’est gratuit, mais en plus, vous pourrez ainsi vous composer votre propre visite de la ville : découvrir les quartiers petits à petit, comprendre les logiques d’orientation, faire un détour par un parc, vous asseoir sur un banc, repérer les petits restaus qui vous font de l’œil — vous pouvez peut-être même vous arrêter pour profiter d’une terrasse de café… Seul matériel indispensable à cette activité nomade : de bonnes chaussures, une carte de la ville (ou une application comme maps.me)… et un peu de motivation : car on vous garantit que quand vous faites 15 kilomètres à pieds dans la journée (vécu à Buenos Aires), vous dormez bien la nuit !

4 — Manger pas cher en voyage : faire comme les locaux

Si vous partez un an en PVT, il va falloir se restreindre : pas de restau tous les jours ni de glace pour le goûter (de toute façon, c’est pas bon pour la santé). Le problème, c’est que comme vous n’avez pas forcément une cuisine équipée dans votre sac à dos, il va falloir rivaliser d’imagination…

Comment manger pas cher en voyage ?

  • Observez les locaux – voire prenez-les en filature : où mangent-ils ? Selon les pays, l’habitude de manger dehors plus ou moins ancrée… Par exemple en Argentine, c’est en regardant autour de nous qu’on a découvert les comida al peso, ces traiteurs qui vendent au poids de la nourriture toute cuisinée, que l’on peut manger tranquillement dans un parc. En Bolivie, c’est aussi en observant nos contemporains qu’on a découvert que le midi, tout le monde mangeait son menu du jour dans un comedor du marché. Développez aussi votre finesse d’observation : quand vous passez devant une cantine, sachez déceler les expressions de délice (ou pas) sur le visage des gens, ou établir un diagnostic culinaire en fonction du nombre de personnes assises… Pour ceux qui auraient peur de ne pas supporter la nourriture locale, suivez les recommandations des guides… Mais prenez aussi en compte le fait que la nourriture est parfois plus fraiche dans un grand marché très fréquenté, que dans un restaurant « spécial touristes » où le plat attend son client depuis plusieurs heures – voire jours.
  • Rentabilisez le petit-déjeuner. Si vous êtes en auberge, ne manquez pas le petit-déjeuner : c’est un repas d’économisé, et c’est parfois franchement trop bon (big up pour l’Hostal Al Yaras au Chili et ses petits-déj’ gigantesques). Mais même si le petit-déjeuner n’est pas inclus, faites un vrai repas le matin : ce sera moins de frais pour manger une pizza en urgence, en pleine crise d’hypoglycémie, quand vous serez en vadrouille.
  • Tupperware et thermos : accessoires indispensables. Quand vous avez accès à une cuisine, n’hésitez pas à faire un petit stock dans votre tupperware pour le ou les repas suivants. Ça vous évitera de multiplier les repas-sandwich. Même utilisation pour le thermos : un peu d’eau chaude et hop, vous êtes autonomes niveau café… Ça a l’air bête comme ça, mais pendant notre périple en Argentine, ces deux accessoires sont devenus nos biens les plus précieux !
Consultez aussi : Manger sans se ruiner en Australie, c’est possible !

Isla del Sol en Bolivie, petit-déjeuner avec vue sur le lac Titicaca

Bon, évidemment, rien ne vous empêche de vous payer un repas de la folie de temps en temps… Par exemple ici, sur le lac Titicaca en Bolivie, où la vue vaut bien un petit-déj’ de luxe !

5 — Dénicher ou inventer des activités alternatives

Que vous soyez en Argentine, au Canada ou en Australie, c’est international : à peine l’orteil posé dans votre hôtel, vous êtes déjà inondé de flyers et d’offres d’activités plus « fun » et « exceptionnelles » les unes que les autres… Jusqu’à des parcours improbables, comme cette sortie proposée à Mendoza qui regroupait balade à cheval, barbecue, et coucher de soleil (l’histoire ne dit pas si on mange les merguez directement sur le dos cheval). Le problème, c’est que ces activités coûtent en principe les yeux de la tête… Et que le prix n’est pas forcément justifié.

Créer son propre programme de visites

Concrètement, éviter ce genre d’activités organisées ne veut pas dire ne rien visiter, mais plutôt prendre des chemins parallèles pour être plus autonome.

Comment organiser ses propres activités ?

  • Se renseigner auprès des offices du tourisme. Souvent, on vous donnera une carte et les adresses des points touristiques de la ville (où vous pouvez souvent vous rendre tout seul comme un grand). N’hésitez pas à demander s’il y a des visites guidées organisées directement par la ville : elles sont souvent beaucoup moins chères — voire gratuites — et tout aussi intéressantes !
  • Visiter les parcs et les places. Alors évidemment, comme ça, ça n’a pas l’air passionnant… Et pourtant : quand vous êtes dans un pays étranger, quoi de mieux que de s’asseoir sur un banc et regarder les passants vaquer à leurs occupations pour comprendre la culture locale ? En tout cas, nous, on est fans absolus…
  • Imaginer ses propres parcours. Un nom rigolo sur une carte ? Une grande étendue verte au milieu de la ville ? Explorez par vous même… Repérez des endroits, et cherchez ensuite les moyens de transport. Les sources d’inspiration : Internet et les blogs de voyage, vos collègues voyageurs, les cartes… En plus d’économiser, c’est aussi un bon moyen de découvrir des endroits un peu plus cachés ou un peu moins accessibles que les gros points touristiques.
  • Oublier certaines expéditions. Malgré tout, réduire son budget veut dire sacrifier certaines activités : l’ascension d’un volcan ne peut pas se faire seul, de même que la visite de la forêt amazonienne… Vous devrez donc ou les payer, ou les oublier. Sélectionnez les visites dont vous rêvez depuis toujours, et changez les autres en quelque chose de plus petit. C’est par exemple ce que nous avons fait à San Pedro de Atacama, au Chili : plutôt que de monter dans une jeep avec plein de gens pour aller à 50 kilomètres de là voir des geysers, on a loué des vélos, et on est allés à cinq kilomètres voir les Valle de la Luna et Valle de Marte. Franchement, malgré le mal de fesses, aucun regret : on était presque seuls et c’était magnifique…
Parc de Sajama, Bolivie.

Alors d’accord, ne pas monter dans la jeep, c’est un peu fatigant. Mais au moins, les geysers qui sont au bout sont mérités ! Ici, en Bolivie, à Sajama.

Sorties culturelles : la chasse aux bons plans

Tout citadin le sait, chaque ville a ses bons plans : un ciné aux prix dérisoires, des visites gratuites, un spectacle en plein air, un restaurant pas cher et délicieux planqué au fond d’une rue… Là encore, vous pouvez utiliser les groupes sur Facebook et les blogs pour les trouver, mais il y a aussi quelques petits trucs à savoir pour bien chercher.

Où trouver les sorties culturelles pas chères ?

  • Dans les villes, consultez les sites des municipalités, riches en informations.
  • Demandez aussi à votre auberge de jeunesse, aux voyageurs que vous croisez, aux gens que vous rencontrez. Au besoin, posez aussi une annonce de recherche de bons plans sur Facebook !
  • Musées : souvent, un jour de la semaine ou dans le mois est moins cher, voire gratuit.
  • Cinés : il y a presque dans toutes les villes un petit ciné qui pratique des prix dérisoires. L’été, regardez aussi si la ville organise des cinémas en plein air, souvent gratuits.
  • Théâtre : les théâtres proposent parfois des visites guidées.
  • Monuments : regardez autour de vous : il y a toujours une petite église ou un musée à visiter gratuitement… L’avantage de ne pas viser que les gros monuments, c’est de tomber sur des visites improbables : à Buenos Aires par exemple, le musée du Palais des Eaux courantes et sa collection de cuvettes de toilettes valent le détour.

6 — Voyager léger, voyager minimaliste

Quand votre activité principale dans la vie consiste à déplacer votre sac Quechua d’un endroit à un autre, vous relativisez assez vite l’utilité de chacune de vos possessions : certes, ce caillou porte-bonheur est très sympa, mais vais-je vraiment me trimballer un caillou pendant six mois ? Ai-je vraiment besoin de cette troisième paire de chaussures ? D’accord, j’ai adoré ce livre, mais est-ce que je ne peux pas le laisser à l’auberge de jeunesse pour que quelqu’un d’autre en profite ?

Consultez aussi : Préparer son sac avant un PVT / Tour du monde : l’art de voyager léger

Se séparer de ses objets est souvent crève-cœur (à l’autre bout du monde, on développe parfois un attachement surréaliste pour cette chaussette qui était à votre pied pour les 25 ans de votre meilleur ami, qui vous manque terriblement). Mais vous verrez qu’au final, se séparer du maximum d’objets est libérateur : vous cessez d’avoir envie d’acheter des choses, vous vivez avec vos trois t-shirts, vos tongs, un peu d’amour et d’eau fraiche, votre tupperware est ce que vous avez de plus précieux, et c’est le bonheur.

L’intérêt, c’est que le voyage minimaliste finira par développer chez vous une capacité d’adaptation défiant toute concurrence : Dormir par terre ? Pas de problème ! Couper les tomates avec des ciseaux ? Of course ! Se laver les cheveux au savon ? Évidemment !

La cosmétique minimale : l'huile de jojoba

On vous laissera gérer le minimalisme en termes de fringues et d'objets. Par contre, on vous livre notre secret de cosmétique minimal : exit les crèmes en tout genre, et bonjour la magique huile de jojoba, qui te répare les cheveux, t'hydrate la peau du corps en entier, et peut même te démaquiller. Par contre, elle ne fait pas la vaisselle, dommage.

Couper des tomates avec des ciseaux. Camping à Aluminé, en Argentine

Le camping version débrouille. Ça, c’est parce qu’on n’avait pas écouté les conseils de Kowala sur les basiques à mettre dans le sac de voyage…

7 — Partager son logement avec d’autres voyageurs

Désolé les amoureux… Mais si vraiment vous voulez voyager à petit budget, il va falloir faire une concession sur votre intimité…

Consultez aussi : Hébergement en voyage : nos solutions pour se loger mieux et moins cher

Dormir dans les dortoirs des auberges de jeunesse

Adopter les dortoirs en auberge de jeunesse, ça veut dire : adieu les chambres privées avec vue sur la mer, bonjour les dortoirs collectifs juste à côté des toilettes ! Voilà pour les côtés parfois négatifs du logement en collectif, mais pour l’avoir testé (pendant un an), il y a aussi tout un tas d’avantages : on rencontre des gens, on partage, on discute, on vit des expériences qu’on n’aurait peut-être pas inventées nous-mêmes. C’est l’intelligence collective du voyage…

Comment choisir une auberge de jeunesse ?

  • Pour trouver une auberge de jeunesse, rendez-vous sur Hostelworld ou même Booking. Rentrez la ville et éventuellement le quartier (selon les villes, c’est important !). Triez par prix. À chaque fois, sélectionnez la chambre avec le plus de lits — et donc la moins chère.
  • Un critère important : regardez si le petit-déjeuner est inclus, et si oui, en quoi il consiste. Car dans certaines auberges, c’est un véritable festin qu’on vous sert le matin — non seulement c’est bon, mais vous économisez ainsi un gros repas de midi !
Notre conseil : économiser, mais pas à tout prix !

Vouloir faire des économies, c'est très bien... Mais l'endroit où vous dormez est important : il faut que vous vous y sentiez bien, car en tant que voyageur, c'est votre maison. Sur les sites de réservation, lisez attentivement les commentaires : vous devriez sentir si l'endroit correspond à ce que vous aimez, ou pas.

Logement longue durée : colocation ou Airbnb !

Profitez d’un moment où vous avez envie de rester longtemps quelque part pour vous payer le luxe d’une chambre privative ou, comble du chic, d’un appartement à vous ! Si vous restez plusieurs semaines, les tarifs ne sont pas forcément beaucoup plus chers que plusieurs nuits payées à l’unité en auberge de jeunesse…

Nos conseils pour trouver un logement sur le long terme :

  • Cherchez sur Airbnb ou BedyCasa : la solution d’une chambre privative chez l’habitant est souvent pas trop chère et sympathique. Parfois, les hôtes proposent des tarifs au mois. L’avantage, c’est que vous pourrez vous installer facilement : pas de papiers, pas de caution, ça se fait en dix minutes chrono.
  • Si vous êtes en auberge de jeunesse, prenez la peine de vous renseigner sur les tarifs des chambres doubles et de voir s’ils ne font pas des réductions au mois ou à la semaine. C’est assez courant.
  • Autre possibilité : chercher une colocation. Selon les pays, les réseaux pour trouver un appartement ne sont pas les mêmes : faites votre enquête pour savoir comment les locaux trouvent un logement. Là encore, n’hésitez pas à utiliser les groupes de Français sur Facebook, qui sont d’une aide précieuse pour poster des annonces, mais aussi pour demander la marche à suivre… Et éviter les arnaques !
Passez quelques nuits en auberge pour prendre le pouls de la ville !

Dans tous les cas, nous vous conseillons de commencer par une ou deux nuits en auberge de jeunesse, pour saisir un peu la géographie de la ville et connaitre les prix moyens avant de vous engager sur du long terme.

Adopter le camping le temps d’un weekend

On est d’accord, le camping c’est sympa, mais pendant une année entière, ça risque de faire long. Gardez-le donc comme solution de pur plaisir (quand il fait beau, chaud, mais pas trop, et que la vue est splendide) ou de repli (quand les auberges de jeunesse sont à 20 € la nuit).

Il y a deux écoles : le camping méga confort avec matelas gonflable, oreiller, réchaud, petite table et chaises et déco d’intérieur, et la version plus légère, avec tente, tapis de sol et sac de couchage. Cette deuxième solution est plus adaptée à un voyage au long cours : elle vous permet d’avoir le choix de camper, sans pour autant alourdir votre sac d’un matériel qui vous servira au mieux 50% du temps (vous faisant plutôt râler les 50% du temps restant).

Camping sur la isla del sol en Bolivie

Préparation du campement à la Isla del Sol, près de Copacabana, en Bolivie. Une vue sur le lac Titicaca en se levant, c’est franchement pas horrible…

8 — Miser sur le troc pour s’équiper moins cher

Grande passion de tout backpacker qui se respecte : l’échange et la seconde main. Car oui, quand on n’a ni trop d’argent ni trop d’affaires, il faut utiliser ce qu’on a à sa disposition : le contenu de son sac, son talent, et sa bonne humeur !

Vous pouvez par exemple échanger vos savoirs en cours de langue, emprunter une tente plutôt que de l’acheter pour deux jours de camping, échanger un livre, donner un t-shirt ou des chaussures… Pour ça, soyez attentifs dans les auberges : il y a souvent des espaces consacrés aux échanges, notamment pour les échanges de livres, mais aussi pour les vêtements, voire pour vendre des objets. Mais vous pouvez aussi vous servir des communautés de voyageurs ou d’expatriés sur Facebook (par exemple, pour les échanges de langue ou le prêt de matériel).

9 — Devenir nomade : road-trip en voiture ou en van

En soi, louer ou acheter un véhicule ne fait pas vraiment partie des plans économiques… Sauf si vous décidez de dormir dedans pendant un an, comme l’ont fait Kevin et Antonin en Australie avec Kowagon (oui, au bout de quelque temps, le van fait carrément partie de la famille, on le baptise !).

L’avantage de voyager comme ça : vous dormez où vous voulez, gratuitement, vous pouvez y cuisiner, vous êtes libres comme l’air et ne vous inquiétez plus jamais de votre logement à la tombée de la nuit. Seuls inconvénients : la solitude du voyageur en van, et la quasi-impossibilité d’y dormir en ville.

10 — Ne pas essayer de tout prévoir

L’un des secrets de l’économe, c’est d’être toujours prêt à attraper le bon plan quand il se présente. Ainsi, ne soyez pas trop organisés (chose qui se fait assez naturellement chez nous, malheureusement), et laissez vous porter par les occasions et les aléas du voyage !

C’est comme ça que vous pourrez finalement faire un petit détour par un parc magnifique et gratuit conseillé par des locaux, que vous trouverez LE petit hôtel pas cher et charmant qui n’est pas sur Internet, ou encore que vous déciderez soudainement de rester un mois entier en volontariat parce que vous adorez l’auberge et la ville…

Évidemment, sachez quand même vous organiser quand c’est nécessaire : vos billets pour le Machu Picchu ne se trouvent pas sous le sabot d’un cheval une fois que vous êtes devant l’entrée, ça nécessite un peu d’anticipation… C’est comme ça !

Pour résumer : le guide pour économiser en voyage

 Bien gérer son argent :

 Se loger pas cher :

  • Pensez aux auberges de jeunesse, à réserver sur Hostelworld.
  • Trouvez une collocation, ou partagez un appartement avec Airbnb.
  • Faites du couchsurfing.
  • Faites du gardiennage de maison (home sitting) et d’animaux (pet sitting).
  • Faites du camping.
  • Faites du volontariat avec HelpX.
  • Achetez un van ou une voiture et dormez dedans.
 Se déplacer pas cher :

  • Pour prévoir vos déplacements, servez-vous de Rome2rio.
  • Utilisez les transports en commun locaux.
  • Faites du stop, voire du bateau-stop.
  • Faites du covoiturage.
  • N’hésitez pas à faire des détours pour payer vos trajets moins cher.
  • Voyagez en vélo.
  • En ville, marchez (vous pouvez télécharger maps.me pour ne pas vous perdre).
  • Voyager la nuit pour économiser sur l’hébergement.
  • Achetez une voiture ou un van.
 Manger pas cher :

  • Achetez un thermos et un tupperware.
  • Cuisinez dès que vous pouvez.
  • Suivez les locaux et mangez aux mêmes endroits qu’eux.
 Trouver des activités pas chères :

  • Créez vos propres activités. Renseignez-vous auprès des offices du tourisme locaux.
  • Ne vous organisez pas trop à l’avance. Laissez les bons plans venir à vous.
  • Cherchez les bons plans sur Internet, mais aussi en parlant aux autres voyageurs, aux locaux…
 S’équiper pas cher : 

  • Avant de partir, faites votre sac en essayant d’être paré à toute situation : chaud, froid, pluie, neige, attaque de moustiques, ou épidémie d’ampoules…
  • S’il vous manque quelque chose, faites jouer les réseaux d’échange et de seconde main.
 Notre top des objets indispensables pour économiser en voyage :

Pour devenir un vrai économe, il faut dans votre sac un minimum d’équipement, qui remplira un maximum de fonctions. Notre top des objets essentiels en voyage :

  • un équipement de camping : une tente + un sac de couchage + un tapis de sol : vous pourrez ainsi dormir n’importe où, à petits prix ! Par contre, c’est quitte ou double : parfois, vous trouverez un petit spot sauvage au bord d’un lac merveilleux, et parfois, vous camperez avec vue sur station-service… C’est le jeu.
  • Un tupperware + des couverts. Le tupperware est sans conteste notre ustensile phare en voyage. L’intérêt : vous y stockez votre nourriture, déjà cuisinée ou non. Les couverts ne sont pas un détail : un couteau peut être fort utile si vous ne souhaitez pas découper vos tomates aux ciseaux.
  • Un thermos. Même principe que le tupperware : plutôt que de vous ruiner en cafés en terrasse, adoptez le café-thermos dans un parc. Voire, un maté, si vous êtes en Argentine.
  • Pour nous les filles : le foulard et le legging. Deux essentiels vestimentaires en voyage : le foulard, qui sert à la fois de chapeau-turban quand il y a du soleil, de nappe pour pique-niquer, de sac pour les courses (en nouant les coins), de serviette de plage et d’écharpe. Le legging, lui aussi multifonction : pyjama, pantalon de sport, collant sous une jupe ou tout simplement doublure au pantalon en cas de température extrêmement froide.
Pause café au bord de la rivière, à Norquinco, en Argentine

La pause café minimale la plus parfaite de toute l’histoire des pauses café.

Article mis à jour le 9 août 2018