PVT Argentine : le témoignage de Stéphanie installée à Buenos Aires

Julie

Stéphanie, graphiste de 26 ans, a passé un an à Buenos Aires, en PVT Argentine. Et elle a tellement adoré y vivre qu’elle y est restée un an et demi après la fin de son PVT… Témoignage d’une voyageuse qui est venue se chercher dans la capitale argentine, et qui y a trouvé sa voie !

J’ai rencontré Stéphanie à Buenos Aires. Elle arrive au café Federal, à San Telmo – notre quartier de cœur à toutes les deux – avec un grand sourire énergique.

Soyons honnêtes, en interview, Stéphanie est incadrable : elle déborde de passion et m’emporte sans cesse dans ses questionnements existentiels, ses projets artistiques, son amour de la calligraphie porteña — de préférence peinte sur les murs — ses amis à Buenos Aires, sa famille à La Réunion, le voyage, la débrouille, le tango, et bien sûr, sujet incontournable quand on vit en Argentine, le cours du peso.

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A Buenos Aires, Stéphanie a découvert une passion : la lettre peinte.

Stéphanie, Réunionnaise de 26 ans, est partie en voyage pour se chercher. Et elle s’est trouvée : après deux ans et demi en Argentine, elle rentre à la Réunion avec une idée assez claire de ses futurs projets professionnels et artistiques, mais aussi, tout simplement, de qui elle est. Son parcours en PVT Argentine puis comme expatriée est à l’image de sa propriétaire : chaotique, imaginatif, débordant d’énergie.

Récit : Stéphanie, en PVT à Buenos Aires

Il y a autant de PVT Argentine qu’il y a de pvtistes. Chez Stéphanie, pas de volontariats improbables dans la pampa ni de traversée des Andes en backpack, mais plutôt un PVT sédentaire dans la belle Buenos Aires.

Le départ : pourquoi un PVT Argentine ?

Pourquoi un PVT Argentine ? Mais pour ne pas avoir froid au Canada, pardi ! Toute l’histoire commence par un hasard. En 2016, alors en fin d’études de graphisme à Paris, Stéphanie a envie de s’installer quelque temps à l’étranger : elle a donc demandé puis obtenu son PVT Canada. Elle est prête à partir.

J’avais envie de savoir comment tu vis ailleurs, comment tu vois les choses hors de la France. Quelle est la vision des gens sur le travail, le couple, l’éducation, la famille… ?

Stéphanie, en PVT Argentine

Mais quelques semaines avant son départ de Paris, elle se retrouve dans un projet de fresque avec des Argentins… Qui finissent par lui proposer un stage de graphisme à Buenos Aires. Il ne lui faut pas longtemps pour changer de plan : « Je viens de l’île de La Réunion, alors pour moi, l’Amérique du Sud c’était super loin, exotique… Ça faisait rêver ! J’imaginais des climats du sud, avec des gens tranquilles, qui ont un peu cette chaleur… » Elle annule donc son projet Canada et met le cap sur l’Argentine — sans regrets, même deux ans après : « De toute façon, je suis réunionnaise, j’aime pas le froid ! ».

Ça fait un peu film américain de dire « Je suis venue en Amérique du Sud pour me chercher un but dans la vie… » Mais si je suis partie, c’est parce qu’il y avait quelque chose qui me manquait à Paris, mais je ne savais pas quoi.

Stéphanie, en PVT Argentine

Ses premiers pas à Buenos Aires

Qui dit départ sur un coup de tête, dit arrivée perturbante : elle n’échappe pas à ce que les pvtistes connaissent tous, à savoir le syndrome de « et-merde-qu’est-ce-que-je-fais-là ». Passé ce moment d’égarement, ses premiers mois sont finalement assez doux : elle a déjà un stage, un logement dans le quartier de San Telmo (une chambre trouvée par ses tuteurs de stage), et pas mal d’économies : 3000 €, qui lui permettent de vivre tranquillement sans avoir de salaire pour les six mois à venir. Entre son travail et la découverte de la ville, elle s’y plait : à l’issue de son stage, elle trouve un boulot en agence de graphiste.

Vivre à Buenos Aires, combien ça coûte ?

3000 € d’économies ont permis à Stéphanie de vivre six mois à Buenos Aires sans gagner d’argent. Ça correspond à ce que nous avons calculé dans notre article sur le coût de la vie dans les pays du PVT, puisque nous avons estimé qu’il fallait 447 € mensuels pour vivre en Argentine.

Pourquoi elle est restée à Buenos Aires

Quand son travail se termine, Stéphanie est en Argentine depuis neuf mois. Elle a déjà un billet d’avion pour rentrer. Le problème… C’est qu’elle n’a pas, mais alors pas du tout envie de rentrer : elle s’est installée, s’est fait des amis, adore Buenos Aires. Donc, elle décide de rester – quitte à perdre son billet d’avion.

Quand elle raconte son PVT, on a l’impression que c’est un peu là qu’elle a commencé son voyage. Car c’est le moment où elle réfléchit sans aucune contrainte à ce qu’elle veut : « Qu’est ce que je fais là ? Parce que si c’est pour aller à l’autre bout du monde et ne rien faire, autant rentrer »… Alors elle redouble d’énergie : elle trouve un petit boulot de boulangère pour renflouer son compte en banque, s’inscrit dans un parcours de graphisme à l’Université de Buenos Aires (UBA), et s’inscrit à tous les cours qui lui tombent sous la main : cours de tango, cours de dessin, et surtout, de fileteado.

Le fileteado : la lettre peinte typiquement portègne, que vous verrez partout à Buenos Aires…

Avant de partir, je n’avais plus vraiment envie d’apprendre des choses, d’aller hors de ma zone de confort. Mais le fait d’y être obligée, notamment en apprenant une nouvelle langue, ça m’a encore plus donné envie d’apprendre !

Stéphanie, en PVT Argentine

Le fileteado, la grande découverte de son PVT Argentine

L’une des grandes découvertes de Stéphanie en Argentine est sans conteste le fileteado, cette calligraphie colorée peinte à la main. Spécialité de Buenos Aires, le fileteado est autant une esthétique qu’une technique – d’ailleurs patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Après quelques cours, Stéphanie se prend vite de passion pour « la lettre peinte »… Et à envie d’en faire partout !

Alors quand, on détour d’une page Facebook, elle trouve une annonce pour être « peintre de lettres » pour une devanture, elle saute sur l’occasion. Ça marche bien, et de contrat en contrat, Stéphanie et son acolyte du collectif Kiri créé pour l’occasion fait de la lettre peinte une partie de son gagne-pain. De PVTiste, elle devient en 2017 expat-boulangère-étudiante-peintre-en-lettres à Buenos Aires.

https://www.youtube.com/watch?v=ovCDYHabo64&feature=youtu.be
Stéphanie et son acolyte en pleine réalisation d’une fresque.

Bilan d’un PVT Argentine

Quand je parle à Stéphanie, quelques jours avant son retour à La Réunion, elle est à l’heure du bilan. Elle estime qu’elle a découvert en Argentine une culture et une manière d’être qu’elle adore !

Ce que tu peux trouver ici, c’est des gens hyper sensibles à la manière dont tu parles, l’énergie que tu dégages… Les relations humaines sont très différentes !

Stéphanie, en PVT Argentine

Pour décrire la culture argentine, elle me cite en vrac la débrouille et l’entraide : « Ici, même quand tu as plus d’argent, il y a toujours quelqu’un qui t’appelle pour te dire « tu veux venir manger à la maison ? » ». Elle me parle de l’amour de la nature et de la spiritualité qu’elle sent chez les gens ici… Même si, au début, se fondre dans cette culture de l’échange ne se fait pas sans mal : « Ici, tout marche beaucoup par relation avec les gens, donc c’est un gros travail à faire sur soi : aller vers les gens, discuter avec eux… » C’est tout un apprentissage, d’avoir la tchatche – le chamuyo – comme un porteño !

Buenos Aires, c’est très particulier : ici, j’ai l’impression que chaque personne a une grande histoire à raconter…

Stéphanie, en PVT Argentine

Une voie professionnelle et artistique à explorer

Elle a trouvé ce qu’elle cherchait dans son PVT Argentine : une voie professionnelle et artistique à explorer (la calligraphie peinte), une nouvelle envie d’apprendre, d’entreprendre et de transmettre, et elle s’est trouvée elle, à cet âge charnière où, soyons honnêtes, on ne sait pas trop où on va : « Je repars d’ici avec une vraie conscience de ma place dans le monde : ‘je suis telle personne, j’avance dans ma vie de telle manière’ »…

Après trois années à Buenos Aires, elle est sur le départ, avec de nouvelles idées : développer des projets d’éducation artistique à La Réunion, représenter son île à un festival de lettre peinte au Japon

Stéphanie, grande amatrice de questionnements philosophiques et existentiels, était partie en PVT Argentine pour se chercher, et elle s’est trouvée. C’est la magie de Buenos Aires et de la chaleur des Argentins qui a opéré…

Vivre à Buenos Aires : les bons plans de Stéphanie

Travailler à Buenos Aires

  • Pour elle, trouver un travail se fait surtout au « coup de bol » ! Pour être sûr que le coup de bol vous tombe dessus, elle conseille de faire une tournée de CV en priorité dans votre quartier d’habitation, dans des lieux que vous fréquentez régulièrement – ainsi vous serez aux premières loges si une place se libère quelque part.
  • Elle avait déjà de l’expérience en service et vente : ça peut aider !
  • Pour info, le travail non déclaré (trabajo en negro, un classique de Buenos Aires !) est de moins en moins courant.
  • En janvier 2019, les salaires sont autour de $100 de l’heure (soit 2,30 € au taux de change de janvier 2019).

Comment trouver un appartement à Buenos Aires ?

  • Là encore, pour elle, tout s’est passé par le bouche à oreille : appartement d’amis qui se libère, voire gardiennage de maison…
  • Si vous avez des amis argentins, elle conseille de passer par eux : car les prix « pour les touristes » sont plus élevés, mais surtout, l’honnêteté des propriétaires est loin d’être toujours garantie…
  • En janvier 2019, les prix vont de $5000 à $8000 par mois (de 120 à 190 €) pour une chambre en colocation.

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Lieux où sortir à Buenos Aires

  • Elle conseille de s’initier au tango à La Catedral. Pour ceux qui veulent s’obstiner un peu et prendre plusieurs cours, elle conseille un prof surnommé El Indio, avec qui elle a pris plusieurs mois de cours.
  • Pour elle, il faut absolument tester une soirée électro – une scène assez dynamique à Buenos Aires ! Elle conseille d’aller à Cocoliche, ou aux soirées organisées par À bruit Secret dans l’espace culturel Mi Casa, ou encore à La Confitería.
  • Pour une sortie diurne, elle conseille d’aller à une feria : ces marchés, souvent le dimanche, qui mélangent articles de seconde main, artisanat et créateurs, repas, musique, danse… Les plus connues sont celles du dimanche : San Telmo, Mataderos… Mais certaines, plus confidentielles, valent le détour, comme la feria Juntas ou celles régulièrement organisées au Centro Cultural Recoleta.

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Iruya, sa ville préférée en Argentine

Elle a adoré la province de Jujuy, dans le nord, et notamment la ville d’Iruya : « C’est une ville dans une cuvette entourée de montagne. Les paysages sont incroyables… » Les activités à y faire sont aussi basiques qu’agréables : « marcher, randonner, aller voir le rio, et manger » !

Pour elle, l’isolement d’Iruya fait tout son charme : « Tu dois avoir 2 000 habitants. Pour y accéder, il y a une seule route goudronnée, c’est celle que prend le bus depuis San Salvador de Jujuy (il y a à peu près 3h de bus). Un bus part le matin, un autre revient le soir, et rien entre les deux… Du coup, c’est encore hyper préservé. Les gens sont hyper accueillants ».

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Ses plats argentins préférés

  • La milanesa (viande ou aubergine panée) : « Je pourrais manger que ça toute la journée ! ». Elle adore acheter et dévorer un sandwich de milanesa à la boulangerie du coin…
  • La pizza argentine, à la pâte épaisse, dégoulinante de fromage : elle adore.
  • Les empanadas, petits chaussons farcis d’Amérique latine.

Sa boisson préférée

Le maté, boisson amère typiquement argentine. Stéphanie l’adore, encore plus quand il est accompagné de galletitas (« petits gâteaux »), et encore plus quand ces galletitas sont celles de la marque 9 de Oro — je ne peux que la rejoindre dans ce choix.

Elle est légèrement excessive dans son addiction : « La seule raison pour laquelle je vais jamais partir d’Argentine c’est pour les galletitas ».

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Son conseil : partez en PVT Argentine !

« Pour moi, le PVT Argentine a été comme le voyage d’une vie – ou en tous cas une étape super importante entre ma fin d’adolescence et mon début de vie adulte. Je conseille à tout le monde d’en profiter ! »

Julie

En m'approchant (dangereusement) de la trentaine, j'ai eu envie de prendre un peu d’air frais pour cette décennie qui commence. Après un premier bain de pieds en Turquie en 2015, c'est le grand plongeon début janvier 2017, avec un PVT Argentine, cette fois en compagnie de mon amoureux de presque toujours, Romain. Notre devise de voyage : curiosité, improvisation et contemplation !

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