Comment j’en suis arrivée là ? Isolée dans la pampa yukonnaise avec pour seuls voisins des écureuils, des grizzlis et des chiens de traîneau ? J’ai posé mes pieds sur le sol canadien au mois de septembre dernier, après avoir donné un grand coup de pied dans ma vie rangée de citadine parisienne. Le but : me « perdre » dans la nature !

Le Yukon, une évidence !

Tout commence en 2009, l’année où je découvre le Canada, et surtout le Québec ! À Montréal, je vis un semestre d’études, entre rencontres, voyages et grandes découvertes : de l’immensité des espaces, et de la complicité possible avec des chiens de traîneau.

Avant cela, il y avait eu le Burkina Faso avec un beau projet humanitaire et ma plus grande claque culturelle, et aussi le 4L Trophy dans le désert marocain et un stage dans le très british Norfolk ; après cela, il y a eu la traversée de la Corse à pied entre potes, l’exploration de l’Islande, et l’île de la Réunion en rando solo.

mes passages en Islande et au Maroc avant le PVT Canada

Maroc VS Islande ©Kelly Tabuteau

J’apprends énormément au cours de chacun de mes voyages, sur les gens (leur intelligence, leurs forces, mais aussi leurs bêtises), mais surtout sur moi-même. D’ailleurs, la dernière certitude que j’ai acquise, c’est que je veux vivre au milieu de nulle part ! Quel meilleur choix, alors, que le Yukon, ce territoire oublié du Canada ?

Mon Permis Vacances Travail obtenu, je m’envole, à peine trois mois et demi plus tard, pour cette province méconnue du grand public (quoi que je n’en sois plus si sûre, après la diffusion de Faut pas rêver et d’Échappées Belles…). Le Yukon me promettait un sentiment de liberté, peu importe l’endroit où je m’aventurerais… que ce soit sur les traces des pionniers des ruées vers l’or ou au sein d’une meute de chiens de traîneau !

vue de Whitehorse depuis mon vol

Première vision de Whitehorse depuis mon vol ©Kelly Tabuteau

Changer de vie, c’est possible

Territoire presque aussi grand que la France, il n’en possède pourtant que 0,05 % de sa population. On dit donc qu’ici, tous les rêves peuvent se réaliser. Il suffit d’y croire et de s’investir. Avant, j’étais ingénieur génie civil et urbain. Maintenant, je suis pigiste pour le journal français du coin et comptable ! Deux jobs (complètement opposés soit dit en passant), à temps partiel, me laissant plein de temps pour continuer à crapahuter dans les montagnes environnantes, et surtout pour commencer les démarches d’ouverture de ma propre compagnie de guide. Décidez qui vous voulez être et agissez ! Profitez des opportunités yukonnaises ! Puis, si vous n’avez aucune idée de ce que vous voulez faire, testez ! Apprenti bucheron, handler, intendant de maison, fermier… ce ne sont pas les offres de volontariat qui manquent ! Car il y a vraiment beaucoup de choses à faire ici !!! Préférez Workaway à HelpX… Allez savoir pourquoi l’un est plus utilisé que l’autre !

decouverte du metier de handler au Yukon

Le dur métier de handler… sur les hauts de Fish Lake ©Kelly Tabuteau

Défier l’hiver, c’est rude !

Alors oui, il n’y a que deux pas à faire, depuis le centre-ville de Whitehorse, pour se retrouver face à des paysages à couper le souffle, dans une nature vierge et sauvage, mais cela a un prix ! Même si moi je l’adore, l’hiver est long (mais vraiment long…) et vigoureux (« Quoi ? C’est le Printemps ? T’es sûr ??? Y’a encore de la neige partout et -15° au réveil !). Et ce n’est pas qu’une question de froid… Il y a aussi la noirceur omniprésente (à peine 6 h de lumière en décembre…) qui met à rude épreuve le moral, même celui des plus aguerris !

selfie dans le grand froid du Yukon

Le givre s’immisce partout par -38° ©Aurélie Delisle

Tomber en amour avec le Yukon

Ce n’est pas l’hiver canadien, pour ma part, qui a défié mon moral… plutôt une mauvaise expérience de bénévolat… Mais après tout, c’est aussi ça l’aventure : essayer, se perdre, échouer, pour mieux se retrouver et en apprendre davantage sur soi-même… Et puis, si un jour vous débarquez ici, vous entendrez les Yukonnais vous dire : « Le Yukon, tu l’aimes et tu y restes, ou alors, tu le quittes de suite ! » J’ai fait mon choix… Et pour vous, ça sera quoi ?

Vue sur Vista Summit

Vers Vista Summit ©Kelly Tabuteau

Conseils et bons plans spécial Yukon

 Quand partir ?

  • Une période idéale pour découvrir le Yukon, ou débuter comme moi votre PVT Canada ? Je vous conseille un débarquement entre juin et mi-septembre ! Outre les enchantements du soleil de Minuit, vous profiterez de la faune qui revit et des couleurs de l’automne.

 Billet d’avion au meilleur prix

  • Pour rejoindre mon coin de paradis, privilégiez un passage par l’Allemagne. Condor, une compagnie low-cost allemande, offre des directs depuis Francfort tous les dimanches ! Ne soyez pas surpris par contre si l’agent des douanes vous demande de revenir le lendemain de votre arrivée pour obtenir votre permis de travail… C’est dimanche, c’est Whitehorse, c’est Yukon Time !

 Trouver un job sur place

  • Parler français, c’est bien. Parler anglais, c’est mieux ! Même s’il y a une grande communauté francophone au Yukon, si vous souhaitez trouver un travail dans votre domaine d’expertise, être bilingue est (vraiment) une très grande force. Et si vous souhaitez vous améliorer, vous pourrez toujours assister gratuitement au cours du Centre Multiculturel.

 Santé

  • Si vous avez élu domicile dans le Yukon depuis plus de trois mois, il est possible de bénéficier du régime d’Assurance maladie de cette province sous certaines conditions. Attention, cela ne vous dispense pas de votre assurance voyage qui reste obligatoire dans le cadre d’un PVT au Canada et qui offre davantage de garanties.

Pour conclure

On ne choisit généralement pas le Yukon, comme destination pour un voyage éphémère ou pour une plus grande durée, sur un coup de tête. C’est souvent un rêve de gamin de se retrouver sur les terres de Jack London (enfin, c’était mon cas), et peu de personnes y arrivent par hasard. Passé l’appréhension de l’hiver, c’est un environnement à couper le souffle qui vous attend, et j’ai hâte de vous en parler davantage !